Miss France 2008, the show !
Miss France 2008, the show
ou le comble du ringard à la sauce contemporaine.
Et en avant pour la 26e édition...
En direct du Kursaal de Dunkerque, le Comité Miss France, TF1 et tous
leurs partenaires sont à pieds d'œuvre pour retransmettre la compétition de 36
demoiselles qui briguent la couronne de Miss France 2008. Elles rêvent
toutes, je cite, de réaliser leur désir de petite fille : devenir la princesse Miss
France. Pour cela, ce soir, il faudra ravir l'écharpe à Rachel Legrain-Taprani,
Miss 2007. Le but des unes, redonner un coup de jeune et du dynamisme à
l'ancestrale Miss France. Des autres, incarner à leur tour "l'élégance à
la française", qui c'est bien connu rime avec costume. Toutes les jeunes
femmes, entre 18 et 24 ans, sortent valser la nuit venue (tout en prenant garde
à respecter le couvre-feu fixé par Père et à embrasser Mère avant de passer la
porte), dans leurs apparats régionaux ou en maillot de bain et exècrent
le string. Of course Darling ! Tout cela est très représentatif de la jeunesse
française, vous en conviendrez. Mais soyons réaliste, le seul traitement des
images, la tournure des quelques phrases échangées par les maîtres de cérémonie
entre deux tours de piste de leurs poulains réduisent à néant le coup de
jeunesse que voudraient donner ces jeunes femmes... et l'entreprise Miss
France... Le compromis "vivre dans son temps et dans le respect des
traditions, des bonnes mœurs" ne trouve pas son équilibre. Tout cela vire
au comique. Surtout si l'on regarde l'ensemble (décor, tenue des invités, du
jury, éclairages...) Et oui Geneviève, votre chapeau noir et blanc (ou blanc et
noir, c'est selon) et votre rire ne sont plus les seuls à faire sourire les
téléspectateurs du samedi soir en manque de programme intéressant.
Cette année, Geneviève, JP & Co. ont visé très haut ! et livrent un défilé
du plus mauvais goût. Geneviève De Fontenay attaque très fort avec ses
habituelles, mais toujours aussi surprenantes et hilarantes interjections.
Patri(iiii)ck Bruel, président du jury pour cette édition 2008, aura eu bien du
mal à "déclarer ouverte" cette émission (oups, lapsus), cette
cérémonie bien entendu... Jean-Pierre Foucault, égale à lui-même dans son rôle
de pilier défraîchi du PAF n'en prend même plus note. Il se contente de réciter
ses petites fiches et de les ponctuer de sourires des plus soutenus.
En ce 08 décembre 2007, les demoiselles se voient miroiter la place de
"l'héroïne" des français. Et pour accéder à cette estrade tant
convoitée, les 36 trente six prétendantes rivalisent de ... manque
d'originalité... Et oui, malheureusement. La preuve par la vidéo... Les
concurrentes sont présentées, dans un premier temps, par vague de 12 portraits
filmés. Et là, patatra... Une redondance d'adjectifs qualificatifs agacent nos
oreilles... Et évidemment, toutes seraient parfaites pour monter en haut de
l'affiche Miss France 2008. Enfin, surtout sur les couvertures des journaux
télé des semaines à venir et des affiches municipales de la Foire au Cochon.
(Leur a-t-on dit ? Zut, j'ai gaffé. )
La palme revient au staff Miss France. Surtout en matière de choix musicaux sur
les reportages vidéos ! Des images lisses (pour ne pas dire policées), des
discours bien pensants et louables et des morceaux qui se veulent
"djeunes", dans l'air du temps, fédérateurs intergénérationnels
(d'autant que les saynètes sont un hommage à Dalida, disparus depuis 20 ans) La
petite dernière chantonnera Christophe Willem, la cadette rira d'entendre
plusieurs "tubes" de Britney Spears (dont le dernier "Give Me
More" - est-ce vraiment flatteur d'ailleurs ?) et son grand-frère un brin
anarchiste fustigera le petit écran de reprendre une fois encore Moby à des
fins commerciales. Les parents eux rythmeront ces morceaux déjà entendus dans
la cohue de leurs murs et reprendront en chœur les paroles de l'idole de leurs
folles années. Un petit coup de Feist, de Désirless remixée par le très
tendance mais pas trop DJ Abdel , du Johnny national en préretraite annoncée,
en live, s'il vous plaît, et voilà ... Tout un programme... Soit. Et qui a coup
sûr, quoique kitsch, d'un goût douteux, brabant voire soporifique, Miss France
2008 récoltera le plus fort taux d'audience de ce samedi soir face aux images
du Téléthon. Ainsi va la France, et la représentation vieillie de son élégance.
Allez, je vous laisse apprécier le maquillage bleu (les yeux), blanc (le teint)
rouge (les lèvres) de la Reine Mère Geneviève.
Miss France est morte. Vive Miss
France...
I.
Débarquer à Paris. La capitale. Celle du tumulte. Presque
jour et nuit. Même s'il est possible de la surprendre à l'aurore. En marchant
sur la pointe des pieds, les matins du Jour de l'An. Paris. La grande ville que
l'on regarde de loin depuis sa campagne. La ville des amoureux. De la culture.
Des monuments. De l'Histoire royale. Du passé inscrit aux frontons des
immeubles anciens. De la jeunesse en mouvement incessant. Du pouvoir politique.
De la mode. De l'avant-garde gay. Des paradis artificiels. Des expériences et
de la découverte. Des touristes et leurs appareils photo. Des flâneurs et des
stars du showbiz. ... De l'étonnement perpétuel en somme. Surtout pour une
petite provinciale qui brise les carcans des frontières familiales. Paris. Oui,
la grande ville. A nos pieds. D'une ligne de RER à un parcours de "green
bus". Presque 400 stations pour 16 lignes de métro, 5 de RER. Et 3 de
tramways. Sans compter les lignes de bus et les rues comme des invitations aux
voyages sans fin.
Commencer par se perdre. Une fois au moins. Sur un quai de RER. Avec 15 kilos
de bagages superflus et un portable qui sonne en même temps que tombe les sacs.
Une voix devenue familière. Un "Bienvenue à Paris". Qui
raisonne encore. Laisse espérer. Mais pour le moment, c'était l'heure où Paris
menait la danse. Bien sûr, s'il existe plusieurs arrêts pour une même
destination, cela complique les choses. Après, se sera la revanche sur Fulgence
Bienvenüe et sa construction de la ligne1, débutée en 1899. Lui tirer la langue
en faisant des parcours entiers les yeux fermés. Reconnaître le virage
annonçant Bastille et sa vue sur l'arsenal. La lente progression vers la Place
des Fêtes et son ralentissement, l'odeur de Vavin, la durée entre la station
Champs Elysées et Concorde, l'emplacement sur le quai du RER B, à Châtelet pour
sortir droit en face des marches, les oscillations de la ligne 14 ... ... ...
Que serait Paris sans son dédale de la Ratp. Ses sous-sols percés de part en
part. Ses rames de métro qui se croisent. Avec leurs 2 813, 2 millions
voyageurs en 2005. Ses conduits qui se superposent. S'empilent sans jamais se
toucher. Se rapprochent puis dévient à l'autre bout de l'itinéraire. Ses wagons
mis bout à bout où se jouent des drames ou des morceaux de Mozart sans éveiller
aucun soupçon pour les voyageurs de la voiture suivante. Tant de vies. Tant
d'histoires. Côte à côte. Qui se frôlent autour d'une barre centrale. Qui se
côtoient et se donnent la réplique sur des strapontins tagés. Se sourient.
Parfois conversent. Lisent un Pomme d'Api en choeur. Ou s'indiquent une rue.
Là-haut, sur terre. Quelques fois se disputent aussi. Se narguent. S'attaquent.
Le plus souvent se calfeutrent dans un livre. Dans la contemplation méthodique
de la pointe droite de leurs chaussures. Ou se murent dans le silence d'un mp3,
volume au maximum. Qui noient leurs regards dans l'obscurité des tunnels.
Tant d'existences imprenables. Parfois rieuses. Parfois songeuses ou en larmes.
Ces âmes effleurées. Observées du coin de l'oeil. Oubliés au détour d'un
couloir de correspondances. Ces visages que l'on croise systématiquement dans
le métro. Qui vivent à deux pas de chez soi, mais que jamais nous ne voyons à
la lumière naturelle.
Tant de vies qui nous échappent. Pas plus qu'un frisson. Qu'une odeur, quelques
fois subie en été et qui participera à la réputation du métro. Des vies les
unes sur les autres, barricadées. Par la langue, les a priori, la timidité, les
peurs, le manque de temps et d'envies. Des vies en transit. D'un point à
l'autre. Dont on ignore tout. Ces couples, ces parents, ces jeunes hommes en
costume, ces demoiselles à la sortie du lycée qui répondent aux signaux de ces damoiseaux
frétillants, ces dames âgées qui ont gantées leurs mains de sac plastique, ces
marginaux qui se sont habillés de couleurs criardes, demandant ou non, un
ticket resto, une clope, un peu d'égard, ces hommes encravatés qui relisent le
dossier à défendre au bout de la ligne, ces accidents de personnes, ces enfants
qui hurlent en même temps que la sonnerie de la porte, ces rencontres le temps
de quelques stations, ces crises de jalousie exposés aux usagers, ces bribes de
conversation téléphoniques à sens unique dont on joue à imaginer les réponses
ou la teneur, ces engueulades, ces scènes de théâtre, ces lecteurs avides qui
ne lâchent pas des yeux les pages de leur roman même dans les couloir et qui
croisent sans s'en rendre compte leurs auteurs dans la rame, ces bambins qui
déchiffrent le parcours sur les panneaux indicateurs ... ... ...
Tant de vies englouties toutes les trois minutes dans des rames entières.
Tant de vies. Comme par enchantement apparaissent et disparaissent sans laisser
de trace. Ni d'indice.
Embarquez Mesdames et Messieurs.
Attention, fermeture des portes.
Prenez garde à la fermeture des portes.
Prochain arrêt dans trois minutes.
Rentrée littéraire, encore.
Un roman dont je vous recommande vigoureusement la lecture :
"Jan Karski" de Yannick Haenel.
"Ce que je sais de Vera Candida" de Véronique Ovaldé
Plusieurs petites chroniques sur les romans d'Alma Brami, Minh Tran Huy,
André Bucher, Samuel Benchetrit, Laurent Fialaix, Delphine de Vigan
et la rentrée littéraire en poche.
Et toujours,
"Le voyage d'hiver" : Amélie Nothomb sur les arrêtes tranchantes de l'amour fou.
Rencontre avec Amélie Nothomb autour de son roman "Le voyage d'hiver"
Marie Ndiaye et "Trois femmes puissantes", portrait de la force féminine.
Au coeur des turpitudes de l'Inde moderne avec Abha Dawesar
Frédéric Beigbeder et son "roman français",
et tant d'autres chroniques littéraires sur http://culturecie.com
Sur le buzz littéraire : un article sur Jack Kerouac.
Salon du Livre 2009 #2
Portraits d'écrivains.
Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2009

David Foenkinos
Salim Bachi
Olivier Adam
Daniel Cohn-Bendit
Jacques Salomé.
André Comte-Sponville
Philippe Delerm
Philippe Jaenada
Jean Rouaud
Bernard Pivot
Jean-Maire Laclavetine
Douglas Kennedy
Ariel Kenig
Didier Van Cawelaert
Andrei Makine
Patrick Poivre d'Arvor
Cabu
Harlan Coben
Guillaume Musso
Raymond Depardon
Prix Lilas, première !
Dans les coulisses du Prix Lilas.
Toutes les images dans l'album "Prix Lilas 2009" (clic)
Première sélection du Prix Lilas.
1.Frédérique Clemencon, Traques, L’Olivier
2.Mercedes Deambrosis, Juste pour le plaisir, Buchet-Chastel
3.Frédérique Deghelt, La grand-mère de Jade, Actes Sud
4.Chloé Delaume, Dans ma maison sous terre, Seuil
5.Marie Delos, L’immédiat, Seuil
6.Simonetta Greggio, Les mains nues, Stock
7.Sibille Grimbert , Toute une affaire, Léo Scheer
8.Stéphanie Hochet, Combat de l’amour et de la faim, Fayard
9.Juliette Jourdan, Le Choix de Juliette, Le Dilettante.
10.Leslie Kaplan, Mon Amérique commence en Pologne, POL
11.Rouja Lazarova, Mausolée, Flammarion
12.Tania de Montaigne, Les caractères sexuels secondaires, Flammarion
13.Virginie Mouzat, Une femme sans qualités, Albin Michel
14.Cypora Petitjean-Cerf, Le film, Stock
15.Isabelle Sorrente, Transformations d’une femme, Grasset
16.Carole Zalberg, Et qu’on m’emporte, Albin Michel
La deuxième sélection aura lieu le 3 mars 2009.
Le Prix Lilas sera remis le Mercredi 25 mars 2009 à la Closerie des Lilas.
Dans les rangs du jury tournant de 2009, Arielle Dombasle, Amélie Nothomb, Elsa Zylberstein, Laure Adler, Josyane Savigneau, Olivia Elkaïm. Nathalie Rheims et Brigitte Kernel ont resigné pour l'aventure. Du côté du jury permanent, répondent toujours à l'appel, Stéphanie Janicot, Jessica Nelson, Tatiana de Rosnay et Emmanuelle de Boysson.
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Paris s'endort.
Doucement, Paris glisse sur les feuilles brunies que les platanes abandonnent depuis quelques jours. Des poètes urbains leur dédicacent des tirades à la bombe blanche. Une oraison sur un coin de bitume. Aux fenêtres des tableaux de saison. Orange, rouge, parfois d'une clarté plus franche et quelques ombres. Des lumières chaudes tamisées par les rideaux plus épais que ceux qui volaient au vent, il y a quelques semaines encore, animent les façades des immeubles, le long des boulevards. La tour Montparnasse, avec l'accord tacite des employés, envoie des signaux à la tour Eiffel, en une combinaison de lumières savamment orchestrée le long des étages. Ils n'en finissent plus de vouloir atteindre le ciel. Pourtant ils se perdent dans la nuit. La dame de fer, en guise de réponse, balaie le ciel d'un faisceau ravageur et à heure fixe d'une pluie d'éclats scintillants. Elle invite à la fête des Parisiens qui n'y sont plus. Quelques uns s'aventurent sur leurs balcons. Seul le plus souvent. Une lueur rouge au bout d'une main. Un convive aux bras, parfois. D'autres, plus nombreux, observent la vie de la rue derrière leurs carreaux. A leurs pieds, sur les trottoirs, les amants marchent serrés l'un contre l'autre. Les SDF ont commencé à se rapprocher des bouches d'aération de la ligne 4 pour pallier à l'usure de leurs manteaux. Ils traînent dans leurs sillages, radio de fortune et sacs plastiques déglingués contenant, tant bien que mal, leurs trésors. Certains campent à côté d'une baraque à crêpes qui se moque des saisons. Des odeurs, mais aussi de la chaleur et des néons tapageurs, pour chasser les démons du froid, qui de nuit en nuit recouvrent Paris.
La Coupole semble bien vide. Les tables s'alignent à perte de vue. Les éclats beiges et verdâtres de la maison n'attirent pas ce soir. Pas plus que le spectre de Sartre et De Beauvoir. Alors que les lumières tamisées, les boiseries acajou et les rangées de conifères de la Closerie des Lilas cachent et ravissent ceux qui cherchaient la chaleur de l'intimité. Paris est une fête, y clamait Hemingway. Ce soir, la Closerie est un refuge. Le Rostand fait pâle figure en attendant un hypothétique client. Ses lueurs dorées ne font recette. Le Panthéon aussi, dans son habit vert de gris, n'est pas des plus gais. Les jeunes l'ont fuit ce soir. Ses marches sont désertes. Le Jardin du Luxembourg a abandonné ses apparats. Il ne cherche même plus à se faire beau. Des cagettes s'entassent à deux pas des grilles d'entrée. Le silence résonne. Même les petits groupes d'amis massés sous les projecteurs de l'exposition "Terres de pôles" accrochée aux grilles du parc ne parviennent pas à animer ce petit coin de rêverie. La neige des extrêmes tombera-t-elle sur Paris ?
Les rues sont vides. Si calmes. Les rares personnes qui s'y promènent encore ont sorti les chapeaux, les longs manteaux et les bérets, les collants. Ils marchent doucement, tentant de voler à l'atmosphère la douceur qui y flotte encore, ça et là. Mais la nuit avançant, le vent balaie les rues. Les rideaux de fer des commerces grincent ici. Claquent là. La Sorbonne s'est retranchée derrière les barrières des travaux sensés la rendre plus belle. Elle ne veut rien savoir de ce qui se trame sur ses pavés.
Les rangs des danseurs de la place St Michel se sont éclaircis. Les troupes qui se défiaient cet été sous le regard du Saint et de son dragon ont battu en retraite. Quelques uns, sous les auvents de la librairie Gilbert, s'affrontent encore, au son d'une musique plus hurlante que jamais. Il faut repousser l'hiver. Une poignée de badauds se réchauffent, les uns contre les autres, en tapant des mains. La rue de la Huchette baille. En terrasse, les bars font danser les flammes bleues de leurs chauffages d'appoint. La Seine s'épuise, s'étire avec peine autour des îles parisiennes. Il n'y a guère plus qu'une jeune fille mélancolique pour siéger sur les marches du quai de Notre Dame. Et plus loin, deux amoureux en quête de pénombre. Les bateaux mouches n'offrent plus de spectacles, seulement quelques chandelles pour un dîner. Les futurs mariés n'enterrent plus leurs vies de célibataires sur les berges de la Seine en saluant les promeneurs. Notre-Dame peine à se détacher du ciel. Fade, terne, ses pierres semblent veilles ce soir. Le ciel refuse de s'habiller du noir franc de l'été. Des traces de bleu le taquinent encore et ôtent à la cathédrale sa splendeur estivale. Le saxophoniste du pont de la Corse a déserté. Sans laissé la moindre trace, le moindre indice. Les phares des automobiles ne dessinent plus les contours des berges, ne sont plus des chapelet lumineux. Au compte-goutte, quelques voitures éclairent l'asphalte que le sable célébrait il y a quelques mois, encore. Sur le parvis de l'Hôtel de ville, des tentes blanches, comme des igloos de plastique, invitent au groupement silencieux.
Dans les rues de moins en moins de monde. Rivoli s'ennuie. Les néons des commerces grésillent dans le vent. Les Arts et Métiers sont bien trop calmes. Rien ne dépasse. Les petites filles des propriétaires des restaurants asiatiques ont délaissé leurs cordes à sauter. Depuis longtemps, déjà, elles rêvent dans le secret de leurs chambres.
Paris s'habille de mélancolie, de langueur et d'automne. Paris s'endort.
Paris - entre le 09.10.2008 et le 10.10.2008.
© A-Laure Bovéron.
Le Clézio - Prix Nobel de Littérature.
C'est officiel,
l'œuvre de l'auteur Jean-Marie Gustave Le Clézio
vient d'être récompensée par le Prix Nobel de Littérature.
Dernière parution de l'auteur.
'La ritournelle de la faim' éd. Gallimard
En librairie depuis le 02 octobre.
--------------------------
| J. M. G. Le Clézio
© www.gallimard.fr 2008 | |||||||
Prix "Brillante Weblog 2008".

Merci à Laeti, qui a retenu mon blog dans son top.
Règlement.
1) Une fois primé, vous pouvez le faire savoir sur votre blog en affichant l'image.
2) Linkez la personne qui vous a élu.
3) Décernez le prix "Brillante Weblog 2008" à 4 blogueurs et mettez en lien leurs blogs.
4) N'oubliez pas de prévenir les heureux lauréats !
Et mes chouchous sont :
Le Granit Rose.
Pour ses critiques de livres que j'attends toujours avec impatience et que j'aime beaucoup lire à chaque fois. Des avis d'une lectrice avertie, sincères et pointues, variées dans ses choix de lecture, libres et sensibles, qui nous plongent toujours dans des univers extras. Encore, encore, encore des critiques :)
Du côté des photographes, trois regards très différents, mais que j'aime tous.
Libellule.
Beveziers.
Un jour à Paris.
Tous avec Ingrid #2
Symboliquement, Ingrid Betancourt a été invité à faire tomber son portrait. Il trônait sur la façade de l'Hôtel de ville de Paris depuis des années. Entourée de sa famille, du mère de Paris, des élus, des membres de son comité de soutien, elle a donc repris sa liberté.
(Ingrid est à gauche. Il faut la chercher un peu, malheureusement. Un tee-shirt blanc. Mais je voulais être là ...)





Avant cela, Ingrid avait pris le micro pour s'adresser aux Français, aux Parisiens...
Une fois le portrait tombé...
Quelques saluts, des fleurs ...



avant de s'éclipser pour un repos mérité et attendu.
Le fils d'Ingrid, Lorenzo Delloye, avec son père ... et son beau-père.

Vue d'ensemble sur une partie des Parisiens venus saluer Ingrid.
Gay Pride 2008. #6
Pour finir sur la marche des fiertés, ma sélection d'images off.
Des images qui pourraient avoir été prise ailleurs, lors d'une autre manifestation ou presque.
Floues, bougées, portées sur le détail, une ambiance, une position ou un mouvement,
elles n'ont rien de remarquables et bien des défauts.
Mais elles me titillent. Je les partage donc ...
Tous sur le parvis pour Ingrid.
A l'occasion de la libération de la franco-colombienne Ingrid Bétancourt, retenue en captivité en Colombie par les Farc, son comité de soutien avait donné rendez-vous aux Parisiens sur le parvis de l'Hôtel de Ville.
Bertrand Delanoé, maire de Paris et ses adjoints, Hervé Marro, président du comité de soutien d'Ingrid, Florence Aubenas journaliste et ancien otage, l'écrivain Marek Halter, Raphaël Mezrahi, un ancien otage colombien ... et des centaines d'anonymes, tous suivis de près par des hordes de journalistes se sont agglutinés sur devant l'Hôtel de Ville.
Comme le disait justement le maire de Paris, nous ne connaissons pas Ingrid Bétancourt, et pourtant sa libération - à l'instar de celle de Florence Aubenas, en 2005 - nous remplis d'une profonde joie. Sa liberté c'est la nôtre.
Bon, cela dit. Les photos ne sont pas géniales ... Trop loin, matériel peu adapté, difficile de circuler à cause du Jardin éphémère qui occupe le parvis, des caméras et photographes pro qui bouchaient le vue. Peu d'ambiance aussi, peut-être à cause de l'absence d'Ingrid à ce rendez-vous, de l'heure, du manque d'accessibilité ... Bref, peut mieux faire ...
Bienvenue Ingrid !
Lire guérit. Vos témoignages ...
Chers lecteurs, chères lectrices ...
Il y a bien, dans la pile de livres que vous constituez depuis des années de passion pour la littérature, un roman (ou plusieurs) qui
a eu l'effet d'une bombe, d'une claque, d'un révélateur, d'un
pansement, d'une caresse, d'une vague d'espoir ... Bien un roman qui
toujours produit sur vous son petit effet ou vous ouvre les yeux à
chaque lecture ... Alors ... Pourquoi ne pas partager vos coups de cœur
sur la page de l'auteur Stéphanie Janicot : lire guérit !
Suite à son ouvrage "100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner", (éditions Albin Michel), l'écrivain a ouvert Lire Guérit : un site web
à votre attention, chers lecteurs. Vous avez ainsi la possibilité de
témoigner sur le titre de votre choix. Un roman vous a sauvé la vie ou
plus modestement vous a aidé à faire face à de délicates situations,
toutes les expériences livresques sont les bienvenues ...
Il vous suffit d'envoyer un petit texte sur votre livre chouchou à l'adresse suivante : lireguerit@albin-michel.fr
Une
belle occasion à saisir, n'est-ce pas ? D'autant que la réunion des
divers témoignages fera peut-être l'objet d'un second volet de "100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner". Affaire à suivre donc ...
Rendez-vous sur lireguerit.fr
Pour en savoir plus sur l'ouvrage de Stéphanie Janicot, lisez une de ces interviews données au Buzz Littéraire.
Et
retrouvez l'écrivain à la rentrée de septembre avec "Dans la tête de
Shéhérazade" (aux éditions Albin Michel. En libraire le 21 août)
Remise du Prix Lilas.
Hier,
mercredi 28 mars 2008 a eu lieu la remise du Prix Lilas. Pour la
deuxième année consécutive, un jury de femmes a récompensé l’œuvre
d’une femme. Cécile Reyboz a reçu pour son premier roman "Chanson pour
bestioles" cette distinction.
Pour lire tout mon article : c’est ici.
Le blog du Prix Lilas : http://prixlilasblog.over-blog.com/
Cécile Reyboz, lauréate.

Ambiance...

Lilas de l'éditrice Héloïse D'Ormesson.
Lilas de l'attachée de presse. Anne Procure
Lilas des libraires Laetitia Coq et Magali Garnero
Les membres du Jury.

Portraits.
Nathalie Rheims.
Amélie Nothomb. Emmanuelle de Boysson et Céccile Reyboz.
Bernard Werber.
Isabelle Alonso et Gilles Cohen-Solal.
Carole Chrétiennot et Jessica Nelson.
Eliette Abécassis, Tatiana de Rosnay et Emmanuelle de Boysson.
Pâtisserie II.
La Pâtisserie de L'Eglise.
10, rue du Jourdain
75020 Paris.
01 46 36 66 08
http://www.caradou.com
Merci au chef pâtissier, M. Vergne, pour son accueil.
L'Eden.
Biscuit cuiller et bavaroise vanille. Fruit rouge mûre. Meringue
et coulis de fruit rouge menthe.
Le Passiano
Biscuit cuiller. Bavaroise passion. Gelée de mûre. Macarons mûre et groseille.



Le Nuance.
Dacquoise café
. Praliné feuilletine cacahuètes. Crème légère café
et Truffes au café fort .




Rencontre avec Clea, culino blogueuse.
Rendez-vous ICI pour lire trois papiers sur Clea,
une des culino blogueuse francophone les plus lues.
Une critique de son dernier livre "cuisiner les ingrédients japonais".
Un portrait .
Et une mini interview.
Portrait de Clea, alias Claire Chapoutot,
auteur du blog cleacuisine.fr
(Je n'ai pas trouvé le crédit de la photo)
En passant chez le cordonnier.
A marcher trop vite dans les couloirs du métro, on se coince les talons dans les escalators.
Qu'à cela ne tienne. Un petit tour chez le cordonnier.
L'appareil à la main, j'en ai profité.
Merci à mon nouveau cordonnier pour son accord et son accueil.
Cordonnerie Botterie
161 Rue de Belleville
75019 Paris
Petit reportage impromptu.









Festival Chorus I. Portrait Mélanie Pain.
Vendredi 11 avril 2008, sur la scène du Magic
Mirror, sous la Grande Arche de la Défense s'est tenu la clôture de la
20e édition du Festival Chorus.
Au programme, Mélanie Pain, Keren Ann
et Alain Bashung.
Un piano.
Une guitare.
Une
batterie.
Une voix.
Elle s’avance doucement,
comme sur la pointe des pieds. Petite fille fragile et intimidée, dans sa robe
blanche aux manches bouffantes, sagement ceinturée de cuir dorée. Une large mèche
brune plonge sur son front. Elle l’a replace, sans cesse. Et parfois,
s’accroche à son micro. Comme à une bouée. Mais les notes glissent de sa bouche
avec une déconcertante impression de facilité. Les huit chansons de cette
première partie défilent, ravissantes, dans l’air du temps de la nouvelle scène
féminine française. Sur des accords folk, Mélanie Pain place ses textes un brin
désabusés. Amours déçus, perdus ou suspendus, temps qui passe et abîme autant
qu’il pousse à grandir, horizons finlandais et missives d’amoureux qui ont raté
le rendez-vous de leurs sentiments, manque, quête de soi, de l’autre…
L’interprète livre son regard sur les petits riens du quotidien, du cœur, d’une
vie nouvelle qui s’égraine. Pourtant, peut-être est-ce du aux arrangements
musicaux, tour à tour emportés ou langoureux, rythmés ou légers, aux intrusions
de maracas et autres harmonica et percussions ses compositions n’accablent pas le
public. Il se laisse d’ailleurs aller à quelques mouvements de têtes et ne
boude pas les applaudissements. Quelques formules font mouches, interpellent,
prêtent à sourire, d’autres touchent. En douceur, toujours. Mélanie elle évolue
sur scène avec aisance et simplicité, reprend sa chanson acapella, et échange
quelques mots avec ses musiciens avant de s’adresser aux spectateurs. 
Chez Mélanie Pain traînent
des nuances vocales et attitudes, un grain de voix murmurée mais claire qui
n’est pas sans évoquer Emilie Simon, Björk, Françoise Hardy et bien sûr, Keren
Ann. Dans le fond de son timbre, par moment un rien rocailleux, une voix qui a déjà bien
voyagé. Qui s’est notamment essayée aux côtés de Marc Collin et Olivier Libaux,
sur leur projet de reprises Nouvelle Vague. Le concept est simple :
reprendre d’anciens titres oubliés avec de nouvelles orientations et
orchestrations musicales, de nouvelles voix. En 2000, timidement, elle pose sa
voix sur This is not a love song et Teenage Kicks version Bossa
Nova, et s’embarque sur la tournée, avec Camille, entre autres. En
2007, la jeune artiste rempile pour le second volet de cette expérience :
l’album « Bande à part ». Il faisait cette année là la part belle aux
morceaux new wawe des années 80. Son interprétation de Killing Moon et Blue
Monday ont séduit. Bien que loin de ses études de Sciences Po, à Aix en
Provence, Mélanie Pain n’est donc pas tout à fait novice dans la chanson et a
déjà frôlé les planches de diverses scènes pour quelques morceaux live. Grâce à
sa collaboration avec Villeneuve, elle semble avoir trouvé son style. Elle
navigue entre mélancolie et sensualité, entre gravité et légèreté. Sous la
grande Arche de la Défense, toute en retenue, elle danse sur scène. D’un pas
lent et assuré. Elle virevolte au ralenti, et semble tirer mille bonheurs de
chaque seconde. Son auditoire impromptu, patientant pour Keren Ann ou Alain
Bashung, la suit sur la ballade qu’elle siffle en duo avec son pianiste. Doucement,
tout doucement, dans l’ambiance feutrée des projecteurs, elle se promène en
musique dans les recoins des sentiments humains.
Pour écouter Mélanie Pain : http://www.myspace.com/melaniepain
Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.
Festival Chorus II. Portrait de Keren Ann.
D’un pas décidé, entourée
de ses trois musiciens, Keren Ann se faufile jusqu’au devant de la scène. Prise
de possession de la scène entière, immédiate. Mais sans prétention. La musique
démarre dans la foulée, comme pour ne pas perdre une seconde, une miette d’un
seul couplet. En débardeur noir, jean et créoles scintillantes, la chanteuse pose
les premiers couplets de « The Harder Ships of the World». Le
public l’ignore encore, mais elle le convie ce soir à une échappée anglophone,
un voyage entre son dernier album « Keren Ann » et « Not
Going Anywhere » (2004). Deux entorses cependant à la langue de
Shakespeare. L’envoûtant « Que n’ai-je ? » de l’album « Nolita ».
Puis le mot du cœur : le titre « Jardin d’hiver » en
hommage à Henri Salvador, qui devait initialement clôturer le festival le 12
avril. La jeune femme lui avait écrit cette chanson pour l’album « Chambre
avec vue » qui a assuré son retour gagnant en 2001.
Keren Ann oscille entre
morceaux mélancoliques, langoureux et chansons po rock, rythmées et
vivifiantes. Durant la première partie du concert, le temps se suspend aux lèvres
souriantes de la jeune trentenaire. Peut-être est-ce sa coupe de cheveux, plus
courte, ou l’aboutissement de ses créations, toujours est-il qu’elle semble plus
mûre, plus en accord avec elle-même, plus sereine. Et sa tranquillité transparaît
dans sa voix, posée, claire et profonde. Sa folk mélancolique berce la salle. Bien
décidée à ne pas laisser les spectateurs s’engourdir, l’interprète les harangue
« Vous êtes sages… Ne soyons pas trop sages » avant d’entamer
“Sailor and Widow” de l’album « Not Going Anywhere »
(2004). Les arrangements musicaux très présents sur ce morceau et le flot de la
voix de Keren Ann emportent le public, qui bat la mesure du pied ou de la tête.
Mission accomplie !
Avec Keren Ann tout n’est
que promenade sous un ciel irlandais, tour à tour bleu clair et gris menaçant. Elle
déambule avec simplicité, aisance en embarquant dans son sillage les
spectateurs. Harmonica et guitare sèche, puis électrique, délires psychédéliques
du claviériste, entre les notes et les mots, langueur et nostalgie, douceur d’observer
la vie, l’homme. « Not Going Anwhere » frôle avec l’acoustique.
Keren Ann et ses trois musiciens ne
boudent pas leur plaisir et rivalisent de talent pour enchaîner les accords. Dans
ce concert de fin de tournée la chanteuse d’origine israélienne joue de tous
ses atouts avec simplicité et bienveillance. Visiblement prête à donner le
meilleur d’elle-même et de son groupe, elle donne le la à une pause musicale
endiablée nourrit de rock. « Allez, enlevez tous vos vêtements !
On va faire du rock !! » rit-elle. Leurs envolées musicales ne
sont pas sans évoquer les morceaux d’anthologie de Pink Floyd. Une heure, un
rappel et une évasion toutes en douceurs et en puissance pour les centaines de
personnes saisies par le filet de voix de Keren Ann.
Photos : Claire Berthelemy. Tout droits réservés.
Festival Chorus III. Portrait d'Alain Bashung.
Baigné de bleu. Trônant
sur un siège haut, au devant de la scène. Guitare sèche à la main. Alain
Bashung semble perdu. En déséquilibre. Prêt à tomber au moindre mouvement. Et
dans le même temps, en parfait accord avec lui-même. Alain Bashung,
l’ambivalence, l’insaisissable. Il s’est fait désirer, une fois le noir tombé
sur la salle de spectacles de la Défense. Conscient de son rôle, de l’attente
du public qui ne cesse de l’applaudir, il se glisse néanmoins dans sa peau de
chanteur. Entre présence et absence, le jeu de scène en est troublant. Involontairement,
peut-être. Il est ailleurs. Derrière ses inamovibles lunettes noires, sous son
chapeau noir, dans un pli de son costume noir ou de sa chemise blanche négligemment
ouverte, Alain Bashung se cache.
Le sexagénaire égraine cependant
les chansons de son dernier album « Bleu pétrole ». Les unes
après les autres. Avec nonchalance, assurément. Avec brio, indubitablement. Aux
premières notes d’un nouveau morceau, une femme, au deuxième rang, se lève d’un
bon. Agite ses bras en sautillant, puis consent à se rasseoir. Dans la salle,
le long des rangées des sièges, se tiennent d’autres fans. Debout, souvent un
verre de bière à la main, ils dansent, reprennent les refrains qu’ils
connaissent déjà, à peine trois semaines après sa sortie de l’opus.
Depuis l’album « L’imprudence »
(2002) Alain Bashung se faisait rare. La critique l’attendait au tournant,
comme toujours. Pourtant, chacun des ses nouveaux albums fait des étincelles et
ajoute à son tableau son lot de tubes. Une dizaine aujourd’hui, de « Gaby,
oh Gaby », en passant part « Osez Joséphine »,
« Vertige de l’amour » ou encore « Ma petite
entreprise ». Malgré ses quarante années de métier, il n’a pas sur le
dos, qu’il expose sur sa dernière pochette de CD plutôt que son visage,
l’étiquette du vétéran. En 2008 son univers musical de rockeur un rien déprimé
et underground, textes et chansons font encore l’unanimité. Des textes ciselés,
voire violents, désabusés et pertinents.
Des mélodies entêtantes, rythmées
entre pop-rock-folk et expérimentations, harmonica et violoncelle. Sa voix
oscille entre plainte, cri et prière, notamment quand l’interprète termine un
morceau en répétant une même courte phrase. Comme un mantra. Le chanteur lui,
ne remarque rien de l’agitation à ses pieds. D’ailleurs, il ne décroche pas un
mot à son public. Alain Bashung redoute la scène. Si d’infimes signes
trahissent au fur et à mesure des interprétations, son plaisir de la scène, son
malaise prime. Ce soir là, il n’a presque rien laissé transparaître. Un très
léger sourire face à la liesse du public quand il a entamé « La nuit je
mens ». Mais rien de plus. Les chansons s’enchaînent dans une course
folle, comme pour conjurer le sort, en finir. Les musiciens déploient tous
leurs talents dans cette ambiance bleu nuit épurée. Et Alain Bashung, entre
deux couplets, tourbillonne au ralenti sur une parcelle d’estrade. Le bras
gauche en l’air. L’autre solidement arrimé à son micro, il tourne. Tel un indien
dansant pour invoquer un Dieu. « Comme un Légo », « Vénus »
ou « Bleu pétrole » ont trouvé leur public, même sans l’aide
d’une divinité.
Sa présence fantomatique
entre deux projecteurs aux rayons blanchâtres rappelle celles des piliers de
bras. Mais un habitué distingué, aux allures de dandy désenchanté. Un de ces
hommes tapis au fond d’une salle enfumée qui prend la parole sans crier gare.
Pointant un doigt vengeur ou alarmant vers le ciel avant d’aligner quelques
vérités bien senties sur l’avenir du monde et l’hypocrisie humaine, d’une voix
mélancolique et calme. Puis qui replonge dans un mystérieux silence,
impénétrable.
Bashung, impassible sur la
scène du Magic Mirror, c’est un peu cela, un sage qui ne fait pas de vague, ou
qu’à l’occasion seulement. Sur un album ou une scène. Tout ce qu’Alain Bashung
a à dire se trouve dans ses chansons.
Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.
Un dimanche soir à Mogador.
Vous
ne pouvez plus reculer. Il est trop tard. Dans les 6300 m2 du
théâtre Mogador la lumière s’est tamisée jusqu’au noir et le volume sonore des désagréables
commentaires de votre voisine a considérablement diminué, pour le moment ...
Vous voilà pris au piège ! Hisser les voiles est illusoire. D’ailleurs, les
larges portes grenat sont closes depuis quelques minutes. Et déjà, alors que la
scène s’égayait à peine des chants du sage singe Rafiki, éléphant et
éléphanteau, oiseaux, antilopes et autres animaux de la savane envahissent les
allées de la salle, puis les 260 m2 de la scène. De toute façon,
vous êtes déjà conquis ... La comédie musicale « Le Roi Lion »
a pris ses aises dans le décor doré de Mogador votre sourire aussi. Le ton est
donné d’emblée. Les frissons se font sentir dès les premières minutes des 2h40
de représentation. Il est en ainsi, à Paris, en version française, depuis le 04
octobre 2007, et à travers le monde, depuis plus de dix ans.
Voilà
plus de deux cent fois que Simba, le lionceau héros de ce conte tremble dans
les bras de Rafiki, les pieds dans le vide du haut du Rocher aux Lions sortit
de la scène. Il y découvre son futur royaume et ses sujets à quatre pattes.
Malgré les huit représentations hebdomadaires, dont deux le week-end, l’expression
peinte sur le visage de ce lionceau de papier mâché trahit le malaise. A ses
pieds se prosterne une vingtaine d’espèce animale, dont les impressionnantes
girafes de 7,90 mètres. C’était sans compter le millier de spectateurs,
éparpillés sur trois étages. Depuis mars 2008, plus de 300 000 français, tout âges confondus, ont assisté à
cette comédie musicale made in Broadway. Dans la pure tradition du musical
américain, la troupe n’assure aucune tournée en France, à l’instar de ces
passages australien, allemand, japonais ou anglais. Mais devant l’engouement
des français pour cette adaptation théâtrale du dessin animé éponyme de Dinsey
sortit en 1994, l’exploitant de cette œuvre théâtre contemporaine a prolongé
les représentations jusqu’au 03 août au 25, rue Mogador.
Julie Taymor, metteur en
scène et entre autre costumière, a gagné son pari. Depuis plus de dix ans, 45
millions de paires d’yeux ébahis ont déjà assisté aux représentations du « Roi
Lion », dans neuf mégalopoles et en cinq langues différentes. Un
phénomène ! Récompensé six fois par des Tony Awards, nominé trois fois à la
22e cérémonie des Molières (résultat ce lundi 28 avril), à l’affiche
du Théâtre Minskoff, à New York depuis fin 1997, cette mise en scène osée se
cesse de faire parler d’elle. 400 costumes, 200 masques, 100 instruments, 100
marionnettes, des dizaines de tableaux et de décors … A chaque représentation
115 personnes, dont 40 artistes, 17 musiciens, 50 techniciens et 8 membres du
personnels administratif s’activent sur la scène ou en coulisses.
Mais
ce dimanche soir, de cette fourmilière, le public ne saisit que les fresques
hautes en couleur, le timbre vibrant des rôles principaux, l’humour des choix
chorégraphiques, de la mise en scène d’herbe ou de marionnettes ou des
subtilités contemporaines des dialogues. De siège en siège interprétations et
exclamations vont bon train. Certains chantonnent aussi les reprises de titre
du dessin animé et s’enthousiasment de la liesse, parfois un peu gauche, des
deux jeunes interprètes de Simba et Nala. Grâce à la taille humaine du théâtre,
chaque auditeur devient partie prenante du show. Proximité et implication
mènent la danse. Les comédiens jouent avec tout l’espace, se moque des
délimitations de la scène. Et même les percussions ont pris place au balcon. Tout
Mogador rugit. Après chaque tableau important, les applaudissements
retentissent. Dans un zénith ou une plus grande salle parisienne, cette contiguïté
et cette complicité de l’audience n’auraient pas été possibles. Le spectacle
est donné pour le public, qui le reçoit de plus fouet et ne manque pas de
manifester son contentement. Un réel dialogue, où lorsque le babouin, Rafiki
interprété par Zama Magudulela, rit, le public s’esclaffe.
La
première partie, qui retrace l’enfance fougueuse de Simba semble séduire
davantage les spectateurs que la seconde, où une certaine philosophie du
courage, le sens du devoir s’imposent au futur roi de la jungle. Les scènes
sont moins mouvementées, peut-être moins colorées également, les tirades plus subtiles
malgré les boutades de Timon et Pumbaa toujours prêt à lancer leur
incontournable « Hakuna Matata ».
Le
mariage entre innovations technologiques (comme les mises au point de masques
amovibles pour les protagonistes) et recours aux traditions et à l’artisanat
africain (comme les marionnettes), entre spectacle grandiose et petite salle
chaleureuse, entre mise en scène d’un parcours initiatique universel et
anecdotes ou références contemporaines françaises, interpellation directe du
public, donne un ensemble des plus complets. Certains personnages de chair et
d’os disparaissent au profit des animaux qu’ils incarnent. Immersion garantie. Ce
musical traîne dans son sillage la magie des chants et contes africains, des
histoires qui font rêver et qui pourtant sont faites de trois fois rien, de
bric et de broc, de vie, et la grandeur des super productions américaines. Le
public parisien de ce dimanche soir ne s’y est pas trompé. Il a fini debout, applaudissant
à tout rompre, acclamant la troupe au complet. 
Le Roi Lion,
mise en scène
par Julie Taymor.
Site web du spectacle : http://www.leroilion.fr/
Jusqu’au 03 août 2008 au
Théâtre Mogador. Paris.
Site web du théâtre : http://www.mogador.net/
Distribution :
Rafiki : Zama Magudulela
Mufasa : Jee-L
Scar : Olivier Breitman
Simba (adulte) : Jérémy
Fontanet
Nala (adulte) : Léah
Vincent
Zazu : David Eguren
Timon : Christian Abart
Pumbaa : Fabrice de la
Villehervé
Shenzi : Céline
Languedoc
Et les 40 autres
comédiens, danseurs, chanteurs …
Michael Curry, co-création des masques et marionnettes.
Garth Fagan, chorégraphie.
Richard Hudson, décors.
Elthon John et Mark
Mancina, musique.
Time Rice, paroles.
Stéphane Laporte,
adaptation du livret et des paroles pour la version française.
Michael Ward, création des coiffures et des maquillages.
Crédit photos :
Théâtre Mogador / Roi Lion
Merci Seb ;)
Chronique du Métro. XIV.
L'attente
avait été courte, finalement. Elle a pris le premier train entré en
scène. Les écrans bleus avaient viré à l'orange, suite au feu Gare du
Nord. Paralysie du trafic en début de soirée, avant reprise progressive
et partielle des routines de la Ratp. Tous les RER B ce soir n'auront
qu'un terminus.
Une porte lui faisait face. Mais elle a préféré la
précédente. Quelques pas. Elle a remonté le quai et a pressé le bouton
vert, déclencheur de magie mécanique. alors que le train prenait place,
ralentissait, elle avait repéré une place. A l'écart. Avec pour
interlocuteur, un mur. C'est celle-là qu'elle convoitait. Elle n'a pas
hésité à tourner le dos au reste de la rame qui serait la sienne pour
trois stations. Quelques têtes par ici ou par là. Pas de couple ni
d'amis de fac éméchés chantant à tue-tête, comme souvent, au départ de
Port Royal. D'ailleurs, il n'y avait pas foule. Et un seul coup d'oeil
circulaire en franchissant le seuil du RER avait suffit pour constater
que chacun vivotait dans sa bulle.
Elle s'est calée contre le fer
recouvert de Vénilia jaune. Un peu défraîchi. Passablement éraflé.
L'épaule comme point d'ancrage. Le talon de sa botte sur le décroché
d'acier, sous la fenêtre. Elle a ouvert le livre qu'elle peine à finir,
faute de temps. Elle en avait aimé le titre. Titillée par le
qualificatif affublé. Quelques pages. Quelques pages seulement avant de
le refermer, de lui trouver une place sur ses étagères bondées. Dans
ses oreilles le dernier né du chanteur à l'accent du Lot et Garonne,
aux répliques doucereuses et assassines décortiquées dans l'enfance
lointaine. Des roses et des orties, à l'image d'un soir.
Le
RER se moque bien des émois littéraires. Il ne demande l'avis de
personne. Un de ces trains qui foncent toujours plus vite, droit
devant. emportant dans ses valises ceux qui avaient élus domicile sur
le bord de la route. Pas de destination. Un terminus collectif. Un seul
but : accomplir le trajet, vaille que vaille et tant pis pour le reste.
De force, droit devant. Un peu comme l'inéluctable marche des jours et
son lot quotidien de listes "à faire" que l'on raye, rature,
complète, érige pour le lendemain, le soir venu, dans son lit, quand le
sommeil tarde à venir. Elle n'avait eu qu'un seul regard pour
l'obscurité du premier tunnel vaincu. Furtif. Par la petite lucarne
qu'elle s'était aménagée dans la grande fenêtre. La vision de ce monde
souterrain ne lui aspirait rien de bon. Et puis, elle a du se résoudre.
Confesser. Se rétracter. Elle a lâché le chemin des lignes, noir sur
blanc. Elle n'y était pas. Ou peut-être trop, déjà, à l'horizontal.
Dans une seconde d'angoisse, happée par le vide des prises de
conscience distillées, elle s'est rattrapée aux mots de l'humaniste en
costume de poète guitariste. Puis ces mots murmurés se sont aussi
envolés, creusant des sillons dont elle n'a pas vraiment senti la
piqûre de la plaie sur le moment. Elle n'était plus vraiment là.
Arrêt
Luxembourg, ses yeux se fixent sur une immense affiche, designée et
graphique. Séduisante. La deuxième campagne du genre dans les lieux.
Stationnée devant la neige et les arbres nus. Elle aussi avait le cœur
en hiver. Impuissante. Désemparée. Triste. Et, ce goût de jamais plus qui lui envahissait la bouche, lui serrait le coeur. Bien sûr, il y avait des parfums d'ailleurs, d'autrement. Une touche de sel et de raisin sur la pointe de sa langue. Oui, mais... Jamais plus.
Le
train est reparti. Déclinant avec les murs plastifié le printemps et
l'été. A quelques roulements de là, seulement. Tout semble si simple
parfois. D'une saison à l'autre. D'une moue à un sourire. Mais elle
avait du rater la marche. Prise dans la neige. Les discussions des
nouveaux passagers devaient animer le wagon. Là, juste derrière elle.
Elle sentait des vibrations, des mouvements. Mais rien ne l'atteignait
vraiment. Dans sa bulle de musique et de larmes contenues. Elle
n'entendait rien de la vie qui s'ébroue aux heures indues. Pas plus
qu'elle ne prenait la mesure des sombres tunnels qui défilaient. Sa
bulle s'était réimperméabilisée.
Savoie et Cuisine II.
CLIQUEZ SUR LES PHOTOS POUR LES AGRANDIR.
Papillotes de poisson au safran et petits légumes, avant cuisson.
Tian de légumes à la verticale / Aiguillettes de dinde aux curry sur lit de poivrons.
Muffins framboises / amandes effilées
Muffins groseilles / éclats de noisettes. 
Tatin d'abricots parsemée d'amandes effilées et quelques noisettes du jardin.
James Nachtwey, exposition "Combat pour la vie".
James
Nachtwey, photo reporter américain de renommée internationale, signe aux côtés d’Anne Goldfeld, professeur de
médecine et d’Asa Mader, cinéaste, une exposition expérimentale des plus
troublantes « Combat pour la vie ». Cette sensibilisation par la
photographie aux problèmes de traitement de la tuberculose, du paludisme et du
Sida dans les pays pauvres a naturellement envahit Le Laboratoire, un
espace parisien ouvert depuis fin 2007, consacrée à la recherche scientifique
et artistique. Ne ratez par cette exposition... elle prend fin le 19 mars 2008 !
Co-fondatrice
d’une clinique au Cambodge, le Professeur Goldfled a invité l’artiste à soutenir sa lutte. James Nachtwey, le photojournaliste le plus
récompensé depuis vingt ans, livre ici un témoigne fort. 
Sur les
murs encerclant la fresque d’anciennes photographies de Nachtwey réalisées dans
les hospices et dispensaires de Sibérie, Asie ou encore Afrique sont
également présentées. De grands tirages sobrement éclairés révèlent la douleur, la solitude, la peur, la réalité de ces maladies infectieuses mais
aussi la force, le courage des malades et des soignants pris dans ce fléau. Ces
images, imposantes tant par la finesse du grain, par la qualité des
contrastes, par les cadrages et choix de composition que par l’intensité des
sujets, ne laissent indifférentes. Certes, la détresse, l'angoisse, le renoncement sont lisibles sur les
visages des patients.Mais la dignité aussi, est palpable. Notamment
celle d’un garçonnet fermant les yeux de sa mère décédé ou celle d’une jeune maman câlinant son nourrisson chétif qui n’aura connu que la souffrance de la maladie.
Nachtwey est habitué aux reproches
adjacents à la photographie humanitaire. Il traîne toujours dans les parages
des philosophes ou sociologues soulignant les dérives de la photographie
humaniste à la photographie humanitaire. La première magnifiée par la
génération de photographes français comme Doisneau, Cartier-Bresson, Ronis,
Boubat ou encore Brassaï, entre 1945 et 1970, se veut une peinture d’un bonheur
de vivre retrouvé après la seconde guerre mondiale. Selon André Rouillé, auteur
de La Photographie (aux éditions Gallimard, 2005), « la
photographie humaniste se distingue de l’actuelle photographie humanitaire par
l’espoir d’un monde meilleur. » Faire du malheur des populations pris dans
les guerres, les conflits civils ou l’extrême pauvreté une œuvre d’art ne
serait donc pas politiquement correcte, voire pire... Mais Nachtwey n’en a que faire et il continue de
témoigner (et non de tirer profit !) de l’horreur et la misère quand d’autres préfèrent fermer les yeux. Depuis peu, la polémique tend à s'apaiser. Face au talent de ce photographe, un des chefs de file de ce mouvement, les conservateurs de musées s'inclinent. Il est exposé sur tous les continents, ses travaux photographiques garnissent les collections permanentes des plus grands musées mondiaux.
Depuis ses débuts, dans les années
1980, James Nachtwey a conservé le même leitmotiv : « que la
photographie - de guerre - ait une incidence sur un comportement humain »
(celui qui pousse les hommes à s’entretuer). Cela dit, le reporter n’est pas
dupe et concède volontiers que son espoir est « une ambition
ridiculement prétentieuse ». Toujours est-il que le photographe n’a
pas raccroché son appareil argentique et qu'il parcourt encore le monde pour rendre compte de ses conflits,
pour témoigner le quotidien de ceux qui survivent dans contrées les plus pauvres et en ramène des images toujours aussi effroyables et
paradoxalement sublimes. Sa façon à lui, peut-être, de ne pas oublier ceux qui souffrent en
silence.
Je n'aurais que deux choses à dire, en guise de pseudo conclusion :
Courrez voir cette exposition avant le 17 mars. ( Âmes sensibles et jeunes publics s'abstenir. )
Et... dans la vie j'aurais voulu être James Natchwey !
Pour
plus d’infos :
Une
interview, en anglais, de James Nachtwey au sujet de cette exposition « Combat pour la
vie »
http://www.photographie.com/?pubid=104626
Le site
officiel de James Natchwey.
http://www.jamesnachtwey.com
Infos
pratiques :
Exposition "Combat pour la vie."
Du 10 février au 19 mars 2008
Le Laboratoire
4, rue du Bouloi
75001 Paris
(derrière la Bourse)
Tél : 01 78 09 49 51
http://www.lelaboratoire.org
Email : info@lelaboratoire.org







































































