Canalblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Through : voir le monde à travers un objectif
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 108 089
Publicité
25 septembre 2014

Fashion Week 1

Mercredi 24 septembre 2014, Paris.

Défilé Guy Laroche

IMG_2267 BD

IMG_2329 BD

IMG_2349 BD

 

Défilé Yang Li
avec Anastasia Ivanova (photo 2)

IMG_2519 BD

IMG_2532 BD

IMG_2557 BD



Défilé Dries van Noten
avec Larissa Marchiori and Waleska Gorczevski (photo 1 & 2)
Sophie Touchet (photo 3)

IMG_2641 BD

IMG_2645 BD

IMG_2691 BD

IMG_2701 BD

Publicité
8 décembre 2007

Miss France 2008, the show !

deviens_miss_france_sc0Miss France 2008, the show
ou le comble du ringard à la sauce contemporaine.


Et en avant pour la 26e édition...
En direct du Kursaal de Dunkerque,  le Comité Miss France, TF1 et tous leurs partenaires sont à pieds d'œuvre pour retransmettre la compétition de 36 demoiselles qui briguent la couronne de Miss France 2008.  Elles rêvent toutes, je cite, de réaliser leur désir de petite fille : devenir la princesse Miss France. Pour cela, ce soir, il faudra ravir l'écharpe à Rachel Legrain-Taprani, Miss 2007. Le but des unes, redonner un coup de jeune et du dynamisme à l'ancestrale Miss France. Des autres, incarner à leur tour "l'élégance à la française", qui c'est bien connu rime avec costume. Toutes les jeunes femmes, entre 18 et 24 ans, sortent valser la nuit venue (tout en prenant garde à respecter le couvre-feu fixé par Père et à embrasser Mère avant de passer la porte), dans leurs apparats régionaux  ou en maillot de bain et exècrent le string. Of course Darling ! Tout cela est très représentatif de la jeunesse française, vous en conviendrez. Mais soyons réaliste, le seul traitement des images, la tournure des quelques phrases échangées par les maîtres de cérémonie entre deux tours de piste de leurs poulains réduisent à néant le coup de jeunesse que voudraient donner ces jeunes femmes... et l'entreprise Miss France... Le compromis "vivre dans son temps et dans le respect des traditions, des bonnes mœurs" ne trouve pas son équilibre. Tout cela vire au comique. Surtout si l'on regarde l'ensemble (décor, tenue des invités, du jury, éclairages...) Et oui Geneviève, votre chapeau noir et blanc (ou blanc et noir, c'est selon) et votre rire ne sont plus les seuls à faire sourire les téléspectateurs du samedi soir en manque de programme intéressant.
Cette année, Geneviève, JP & Co. ont visé très haut ! et livrent un défilé du plus mauvais goût. Geneviève De Fontenay attaque très fort avec ses habituelles, mais toujours aussi surprenantes et hilarantes interjections. Patri(iiii)ck Bruel, président du jury pour cette édition 2008, aura eu bien du mal à "déclarer ouverte" cette émission (oups, lapsus), cette cérémonie bien entendu... Jean-Pierre Foucault, égale à lui-même dans son rôle de pilier défraîchi du PAF n'en prend même plus note. Il se contente de réciter ses petites fiches et de les ponctuer de sourires des plus soutenus.
En ce 08 décembre 2007, les demoiselles se voient miroiter la place de "l'héroïne" des français.  Et pour accéder à cette estrade tant convoitée, les 36 trente six prétendantes rivalisent de ... manque d'originalité... Et oui, malheureusement. La preuve par la vidéo... Les concurrentes sont présentées, dans un premier temps, par vague de 12 portraits filmés. Et là, patatra... Une redondance d'adjectifs qualificatifs agacent nos oreilles... Et évidemment, toutes seraient parfaites pour monter en haut de l'affiche Miss France 2008. Enfin, surtout sur les couvertures des journaux télé des semaines à venir et des affiches municipales de la Foire au Cochon. (Leur a-t-on dit ? Zut, j'ai gaffé. )
La palme revient au staff Miss France. Surtout en matière de choix musicaux sur les reportages vidéos ! Des images lisses (pour ne pas dire policées), des discours bien pensants et louables et des morceaux qui se veulent "djeunes", dans l'air du temps, fédérateurs intergénérationnels (d'autant que les saynètes sont un hommage à Dalida, disparus depuis 20 ans) La petite dernière chantonnera Christophe Willem, la cadette rira d'entendre plusieurs "tubes" de Britney Spears (dont le dernier "Give Me More" - est-ce vraiment flatteur d'ailleurs ?) et son grand-frère un brin anarchiste fustigera le petit écran de reprendre une fois encore Moby à des fins commerciales. Les parents eux rythmeront ces morceaux déjà entendus dans la cohue de leurs murs et reprendront en chœur les paroles de l'idole de leurs folles années. Un petit coup de Feist, de Désirless remixée par le très tendance mais pas trop DJ Abdel , du Johnny national en préretraite annoncée, en live, s'il vous plaît, et voilà ... Tout un programme... Soit. Et qui a coup sûr, quoique kitsch, d'un goût douteux, brabant voire soporifique, Miss France 2008 récoltera le plus fort taux d'audience de ce samedi soir face aux images du Téléthon. Ainsi va la France, et la représentation vieillie de son élégance.
Allez, je vous laisse apprécier le maquillage bleu (les yeux), blanc (le teint) rouge (les lèvres) de la Reine Mère Geneviève.

Miss France est morte. Vive Miss France...

 

2 septembre 2007

I.

solitude_metroDébarquer à Paris. La capitale. Celle du tumulte. Presque jour et nuit. Même s'il est possible de la surprendre à l'aurore. En marchant sur la pointe des pieds, les matins du Jour de l'An. Paris. La grande ville que l'on regarde de loin depuis sa campagne. La ville des amoureux. De la culture. Des monuments. De l'Histoire royale. Du passé inscrit aux frontons des immeubles anciens. De la jeunesse en mouvement incessant. Du pouvoir politique. De la mode. De l'avant-garde gay. Des paradis artificiels. Des expériences et de la découverte. Des touristes et leurs appareils photo. Des flâneurs et des stars du showbiz. ... De l'étonnement perpétuel en somme. Surtout pour une petite provinciale qui brise les carcans des frontières familiales. Paris. Oui, la grande ville. A nos pieds. D'une ligne de RER à un parcours de "green bus". Presque 400 stations pour 16 lignes de métro, 5 de RER. Et 3 de tramways. Sans compter les lignes de bus et les rues comme des invitations aux voyages sans fin.
Commencer par se perdre. Une fois au moins. Sur un quai de RER. Avec 15 kilos de bagages superflus et un portable qui sonne en même temps que tombe les sacs. Une voix devenue familière. Un "Bienvenue à Paris". Qui raisonne encore. Laisse espérer. Mais pour le moment, c'était l'heure où Paris menait la danse. Bien sûr, s'il existe plusieurs arrêts pour une même destination, cela complique les choses. Après, se sera la revanche sur Fulgence Bienvenüe et sa construction de la ligne1, débutée en 1899. Lui tirer la langue en faisant des parcours entiers les yeux fermés. Reconnaître le virage annonçant Bastille et sa vue sur l'arsenal. La lente progression vers la Place des Fêtes et son ralentissement, l'odeur de Vavin, la durée entre la station Champs Elysées et Concorde, l'emplacement sur le quai du RER B, à Châtelet pour sortir droit en face des marches, les oscillations de la ligne 14 ... ... ...
Que serait Paris sans son dédale de la Ratp. Ses sous-sols percés de part en part. Ses rames de métro qui se croisent. Avec leurs 2 813, 2 millions voyageurs en 2005. Ses conduits qui se superposent. S'empilent sans jamais se toucher. Se rapprochent puis dévient à l'autre bout de l'itinéraire. Ses wagons mis bout à bout où se jouent des drames ou des morceaux de Mozart sans éveiller aucun soupçon pour les voyageurs de la voiture suivante. Tant de vies. Tant d'histoires. Côte à côte. Qui se frôlent autour d'une barre centrale. Qui se côtoient et se donnent la réplique sur des strapontins tagés. Se sourient. Parfois conversent. Lisent un Pomme d'Api en choeur. Ou s'indiquent une rue. Là-haut, sur terre. Quelques fois se disputent aussi. Se narguent. S'attaquent. Le plus souvent se calfeutrent dans un livre. Dans la contemplation méthodique de la pointe droite de leurs chaussures. Ou se murent dans le silence d'un mp3, volume au maximum. Qui noient leurs regards dans l'obscurité des tunnels.
Tant d'existences imprenables. Parfois rieuses. Parfois songeuses ou en larmes. Ces âmes effleurées. Observées du coin de l'oeil. Oubliés au détour d'un couloir de correspondances. Ces visages que l'on croise systématiquement dans le métro. Qui vivent à deux pas de chez soi, mais que jamais nous ne voyons à la lumière naturelle.
Tant de vies qui nous échappent. Pas plus qu'un frisson. Qu'une odeur, quelques fois subie en été et qui participera à la réputation du métro. Des vies les unes sur les autres, barricadées. Par la langue, les a priori, la timidité, les peurs, le manque de temps et d'envies. Des vies en transit. D'un point à l'autre. Dont on ignore tout. Ces couples, ces parents, ces jeunes hommes en costume, ces demoiselles à la sortie du lycée qui répondent aux signaux de ces damoiseaux frétillants, ces dames âgées qui ont gantées leurs mains de sac plastique, ces marginaux qui se sont habillés de couleurs criardes, demandant ou non, un ticket resto, une clope, un peu d'égard, ces hommes encravatés qui relisent le dossier à défendre au bout de la ligne, ces accidents de personnes, ces enfants qui hurlent en même temps que la sonnerie de la porte, ces rencontres le temps de quelques stations, ces crises de jalousie exposés aux usagers, ces bribes de conversation téléphoniques à sens unique dont on joue à imaginer les réponses ou la teneur, ces engueulades, ces scènes de théâtre, ces lecteurs avides qui ne lâchent pas des yeux les pages de leur roman même dans les couloir et qui croisent sans s'en rendre compte leurs auteurs dans la rame, ces bambins qui déchiffrent le parcours sur les panneaux indicateurs ... ... ...
Tant de vies englouties toutes les trois minutes dans des rames entières.
Tant de vies. Comme par enchantement apparaissent et disparaissent sans laisser de trace. Ni d'indice.

Embarquez Mesdames et Messieurs.
Attention, fermeture des portes.
Prenez garde à la fermeture des portes.
Prochain arrêt dans trois minutes.

19 août 2014

En route pour le col des Aravis

IMG_8832

IMG_8842

IMG_8843

IMG_8854

IMG_8856

IMG_8859

IMG_8880

IMG_8888

IMG_8889

IMG_8914

IMG_8928

IMG_8936

IMG_9007

IMG_8945

IMG_8949

IMG_8975

IMG_8979

IMG_8990

IMG_9002

IMG_9022

IMG_9025

IMG_9026

7 septembre 2009

Rentrée littéraire, encore.

Publicité
28 mars 2009

Salon du Livre 2009 #2

Portraits d'écrivains.

Atiq_Rahimi_2
Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2009

Atiq_Rahimi_4

David_Foenkinos
David Foenkinos


Salim_Bachi
Salim Bachi


olivier_adam_2
Olivier Adam


Cohn_Bendit
Daniel Cohn-Bendit


Jacques_Salome
Jacques Salomé.


dimanche_15___Comte_Sponville
André Comte-Sponville


dimanche_15___PH_Delerm
Philippe Delerm

dimanche_15___jaenada
Philippe Jaenada


dimanche_15___Jean_Rouaud
Jean Rouaud

dimanche_15___Bernard_Pivot
Bernard Pivot

dimanche_15___laclavetine
Jean-Maire Laclavetine

dimanche_15___Douglas_Kennedy_2
Douglas Kennedy

Ariel_Kenig
Ariel Kenig

Didier_Van_Cawelaert
Didier Van Cawelaert

Andrei_Makine
Andrei Makine

poivre_d_arvor_1
Patrick Poivre d'Arvor

cabu_2
Cabu

Harlan_Coben
Harlan Coben

guillaume_musso
Guillaume Musso

dimanche_15___depardon
Raymond Depardon

21 janvier 2009

Prix Lilas, première !

 Dans les coulisses du Prix Lilas.

Ladies_Lilas_139_copie

Ladies_Lilas_0001_copie

Ladies_Lilas_19_copie

Ladies_Lilas_056_copie

Ladies_Lilas_133_copie

Ladies_Lilas_138_copie


Ladies_Lilas_130_copie

Ladies_Lilas_032_copie

Ladies_Lilas_112_copie

Ladies_Lilas_131_copie


Toutes les images dans l'album "Prix Lilas 2009" (clic)


Première sélection du Prix Lilas.
1.Frédérique Clemencon, Traques, L’Olivier
  2.Mercedes Deambrosis, Juste pour le plaisir, Buchet-Chastel
  3.Frédérique Deghelt, La grand-mère de Jade, Actes Sud
  4.Chloé Delaume, Dans ma maison sous terre, Seuil
  5.Marie Delos, L’immédiat, Seuil
  6.Simonetta Greggio, Les mains nues, Stock
  7.Sibille Grimbert , Toute une affaire, Léo Scheer
  8.Stéphanie Hochet, Combat de l’amour et de la faim, Fayard
  9.Juliette Jourdan, Le Choix de Juliette, Le Dilettante.
  10.Leslie Kaplan, Mon Amérique commence en Pologne, POL
  11.Rouja Lazarova, Mausolée, Flammarion
  12.Tania de Montaigne, Les caractères sexuels secondaires, Flammarion
  13.Virginie Mouzat, Une femme sans qualités, Albin Michel
  14.Cypora Petitjean-Cerf, Le film, Stock
  15.Isabelle Sorrente, Transformations d’une femme, Grasset
  16.Carole Zalberg, Et qu’on m’emporte, Albin Michel
 
  La deuxième sélection aura lieu le 3 mars 2009.
  Le Prix Lilas sera remis le Mercredi 25 mars 2009 à la Closerie des Lilas.

Dans les rangs du jury tournant de 2009, Arielle Dombasle, Amélie Nothomb, Elsa Zylberstein, Laure Adler, Josyane Savigneau, Olivia Elkaïm. Nathalie Rheims et Brigitte Kernel ont resigné pour l'aventure. Du côté du jury permanent, répondent toujours à l'appel, Stéphanie Janicot, Jessica Nelson, Tatiana de Rosnay et Emmanuelle de Boysson. 


Retrouvez le Prix Lilas sur :
Blog
Facebook
Myspace

Et pour mémoire, le Prix Lilas c'est ... cliquer là ...

10 octobre 2008

Paris s'endort.

paris_night_55Doucement, Paris glisse sur les feuilles brunies que les platanes abandonnent depuis quelques jours. Des poètes urbains leur dédicacent des tirades à la bombe blanche. Une oraison sur un coin de bitume. Aux fenêtres des tableaux de saison. Orange, rouge, parfois d'une clarté plus franche et quelques ombres. Des lumières chaudes tamisées par les rideaux plus épais que ceux qui volaient au vent, il y a quelques semaines encore, animent les façades des immeubles, le long des boulevards. La tour Montparnasse, avec l'accord tacite des employés, envoie des signaux à la tour Eiffel, en une combinaison de lumières savamment orchestrée le long des étages. Ils n'en finissent plus de vouloir atteindre le ciel. Pourtant ils se perdent dans la nuit. La dame de fer, en guise de réponse, balaie le ciel d'un faisceau ravageur et à heure fixe d'une pluie d'éclats scintillants. Elle invite à la fête des Parisiens qui n'y sont plus. Quelques uns s'aventurent sur leurs balcons. Seul le plus souvent. Une lueur rouge au bout d'une main. Un convive aux bras, parfois. D'autres, plus nombreux, observent la vie de la rue derrière leurs carreaux. A leurs pieds, sur les trottoirs, les amants marchent serrés l'un contre l'autre. Les SDF ont commencé à se rapprocher des bouches d'aération de la ligne 4 pour pallier à l'usure de leurs manteaux. Ils traînent dans leurs sillages, radio de fortune et sacs plastiques déglingués contenant, tant bien que mal, leurs trésors. Certains campent à côté d'une baraque à crêpes qui se moque des saisons. Des odeurs, mais aussi de la chaleur et des néons tapageurs, pour chasser les démons du froid, qui de nuit en nuit recouvrent Paris.
La Coupole semble bien vide. Les tables s'alignent à perte de vue. Les éclats beiges et verdâtres de la maison n'attirent pas ce soir. Pas plus que le spectre de Sartre et De Beauvoir. Alors que les lumières tamisées, les boiseries acajou et les rangées de conifères de la Closerie des Lilas cachent et ravissent ceux qui cherchaient la chaleur de l'intimité. Paris est une fête, y clamait Hemingway. Ce soir, la Closerie est un refuge. Le Rostand fait pâle figure en attendant un hypothétique client. Ses lueurs dorées ne font recette. Le Panthéon aussi, dans son habit vert de gris, n'est pas des plus gais. Les jeunes l'ont fuit ce soir. Ses marches sont désertes. Le Jardin du Luxembourg a abandonné ses apparats. Il ne cherche même plus à se faire beau. Des cagettes s'entassent à deux pas des grilles d'entrée. Le silence résonne. Même les petits groupes d'amis massés sous les projecteurs de l'exposition  "Terres de pôles" accrochée aux grilles du parc ne parviennent pas à animer ce petit coin de rêverie. La neige des extrêmes tombera-t-elle sur Paris ?
Les rues sont vides. Si calmes. Les rares personnes qui s'y promènent encore ont sorti les chapeaux, les longs manteaux et les bérets, les collants. Ils marchent doucement, tentant de voler à l'atmosphère la douceur qui y flotte encore, ça et là. Mais la nuit avançant, le vent balaie les rues. Les rideaux de fer des commerces grincent ici. Claquent là. La Sorbonne s'est retranchée derrière les barrières des travaux sensés la rendre plus belle. Elle ne veut rien savoir de ce qui se trame sur ses pavés.
Les rangs des danseurs de la place St Michel se sont éclaircis. Les troupes qui se défiaient cet été sous le regard du Saint et de son dragon ont battu en retraite. Quelques uns, sous les auvents de la librairie Gilbert, s'affrontent encore, au son d'une musique plus hurlante que jamais. Il faut repousser l'hiver. Une poignée de badauds se réchauffent, les uns contre les autres, en tapant des mains. La rue de la Huchette baille. En terrasse, les bars font danser les flammes bleues de leurs chauffages d'appoint. La Seine s'épuise, s'étire avec peine autour des îles parisiennes. Il n'y a guère plus qu'une jeune fille mélancolique pour siéger sur les marches du quai de Notre Dame. Et plus loin, deux amoureux en quête de pénombre. Les bateaux mouches n'offrent plus de spectacles, seulement quelques chandelles pour un dîner. Les futurs mariés n'enterrent plus leurs vies de célibataires sur les berges de la Seine en saluant les promeneurs. Notre-Dame peine à se détacher du ciel. Fade, terne, ses pierres semblent veilles ce soir. Le ciel refuse de s'habiller du noir franc de l'été. Des traces de bleu le taquinent encore et ôtent à la cathédrale sa splendeur estivale. Le saxophoniste du pont de la Corse a déserté. Sans laissé la moindre trace, le moindre indice. Les phares des automobiles ne dessinent plus les contours des berges, ne sont plus des chapelet lumineux. Au compte-goutte, quelques voitures éclairent l'asphalte que le sable célébrait il y a quelques mois, encore. Sur le parvis de l'Hôtel de ville, des tentes blanches, comme des igloos de plastique, invitent au groupement silencieux.
Dans les rues de moins en moins de monde. Rivoli s'ennuie. Les néons des commerces grésillent dans le vent. Les Arts et Métiers sont bien trop calmes. Rien ne dépasse. Les petites filles des propriétaires des restaurants asiatiques ont délaissé leurs cordes à sauter. Depuis longtemps, déjà, elles rêvent dans le secret de leurs chambres.
Paris s'habille de mélancolie, de langueur et d'automne. Paris s'endort.

Paris - entre le 09.10.2008 et le 10.10.2008.
© A-Laure Bovéron.

9 octobre 2008

Le Clézio - Prix Nobel de Littérature.

C'est officiel,
l'œuvre de l'auteur Jean-Marie Gustave Le Clézio
vient d'être récompensée par le Prix Nobel de Littérature.

Dernière parution de l'auteur.
'La ritournelle de la faim' éd. Gallimard
En librairie depuis le 02 octobre.

--------------------------

       

   

       

J. M. G. Le Clézio
          Ritournelle de la faim

                                                                    

  Ma mère, quand elle m'a raconté la première du Boléro,a dit son émotion, les cris, les bravos et les sifflets, le tumulte.Dans la même salle, quelque part, se trouvait un jeune homme qu'ellen'a jamais rencontré, Claude Lévi-Strauss. Comme lui, longtemps après,ma mère m'a confié que cette musique avait changé sa vie.
  Maintenant, je comprends pourquoi. Je sais ce que signifiait pour sagénération cette phrase répétée, serinée, imposée par le rythme et lecrescendo. Le Boléron'est pas une pièce musicale comme les autres. Il est une prophétie. Ilraconte l'histoire d'une colère, d'une faim. Quand il s'achève dans laviolence, le silence qui s'ensuit est terrible pour les survivantsétourdis.

            

  J'ai écrit cette histoire en mémoire d'une jeune   fille qui fut malgré elle une héroïne à vingt ans.

J. M. G. Le Clézio 

  CLIQUER pour lire les Bonnes Feuilles de "la ritournelle de la faim".

      

  © www.gallimard.fr       2008

1 septembre 2008

Prix "Brillante Weblog 2008".

29519721_p

Merci à Laeti, qui a retenu mon blog dans son top.


Règlement.
1) Une fois primé, vous pouvez le faire savoir sur votre blog en affichant l'image.

2) Linkez la personne qui vous a élu.
3) Décernez le prix "Brillante Weblog 2008" à 4 blogueurs et mettez en lien leurs blogs.
4) N'oubliez pas de prévenir les heureux lauréats !


Et mes chouchous sont :
Le Granit Rose.
Pour ses critiques de livres que j'attends toujours avec impatience et que j'aime beaucoup lire à chaque fois. Des avis d'une lectrice avertie, sincères et pointues, variées dans ses choix de lecture, libres et sensibles, qui nous plongent toujours dans des univers extras. Encore, encore, encore des critiques :)

Du côté des photographes, trois regards très différents, mais que j'aime tous.
Libellule.

Beveziers.
Un jour à Paris.

4 juillet 2008

Tous avec Ingrid #2

Symboliquement, Ingrid Betancourt a été invité à faire tomber son portrait. Il trônait sur la façade de l'Hôtel de ville de Paris depuis des années. Entourée de sa famille, du mère de Paris, des élus, des membres de son comité de soutien, elle a donc repris sa liberté.

(Ingrid est à gauche. Il faut la chercher un peu, malheureusement. Un tee-shirt blanc. Mais je voulais être là ...)

ingrid_drapeau_042_copie
ingrid_drapeau_043_copie
ingrid_drapeau_044_copie
ingrid_drapeau_045_copie
ingrid_drapeau_046_copie
ingrid_drapeau_047_copie


Avant cela, Ingrid avait pris le micro pour s'adresser aux Français, aux Parisiens...

ingrid_drapeau_024_copie


Une fois le portrait tombé...
ingrid_drapeau_053_copie


Quelques saluts, des fleurs ...
ingrid_drapeau_068_copie_2

ingrid_drapeau_066_copie

ingrid_drapeau_063_copie

ingrid_drapeau_064_copie


avant de s'éclipser pour un repos mérité et attendu.
ingrid_drapeau_077_copie


Le fils d'Ingrid, Lorenzo Delloye, avec son père ... et son beau-père.
ingrid_drapeau_009_copie

ingrid_drapeau_083_copie

Vue d'ensemble sur une partie des Parisiens venus saluer Ingrid.
ingrid_drapeau_081_copie

1 juillet 2008

Gay Pride 2008. #6

Pour finir sur la marche des fiertés, ma sélection d'images off.
Des images qui pourraient avoir été prise ailleurs, lors d'une autre manifestation ou presque.
Floues, bougées, portées sur le détail, une ambiance, une position ou un mouvement,
elles n'ont rien de remarquables et bien des défauts.
Mais elles me titillent. Je les partage donc ...


gay_pride_425_copie

gay_pride_511_copie

gay_pride_201_copie

gay_pride_337_copie


gay_pride_247_copie

gay_pride_015_copie

gay_pride_459_copie

gay_pride_318_copie

gay_pride_518_copie

gay_pride_323_copie

3 juillet 2008

Tous sur le parvis pour Ingrid.

A l'occasion de la libération de la franco-colombienne Ingrid Bétancourt, retenue en captivité en Colombie par les Farc, son comité de soutien avait donné rendez-vous aux Parisiens sur le parvis de l'Hôtel de Ville.
Bertrand Delanoé, maire de Paris et ses adjoints, Hervé Marro, président du comité de soutien d'Ingrid, Florence Aubenas journaliste et ancien otage, l'écrivain Marek Halter, Raphaël Mezrahi, un ancien otage colombien ... et des centaines d'anonymes, tous suivis de près par des hordes de journalistes se sont agglutinés sur devant l'Hôtel de Ville.
Comme le disait justement le maire de Paris, nous ne connaissons pas Ingrid Bétancourt, et pourtant sa libération - à l'instar de celle de Florence Aubenas, en 2005 - nous remplis d'une profonde joie. Sa liberté c'est la nôtre.

Bon, cela dit. Les photos ne sont pas géniales ... Trop loin, matériel peu adapté, difficile de circuler à cause du Jardin éphémère  qui occupe le parvis, des caméras et photographes pro qui bouchaient le vue.  Peu d'ambiance aussi, peut-être à cause de l'absence d'Ingrid à ce rendez-vous, de l'heure, du manque d'accessibilité ... Bref, peut mieux faire ...


Bienvenue Ingrid !

ingrid_198_copie


ingrid_002_copie


ingrid_061_copie

ingrid_088_copie


ingrid_084_copie


ingrid_106_copie


ingrid_083_copie


ingrid_148_copie


ingrid_167_copie


ingrid_112_copie


ingrid_120_copie
Avec un peu de recul ...


ingrid_180_copie

Florence Aubenas.

17 juillet 2008

Lire guérit. Vos témoignages ...

9782226180810Chers lecteurs, chères lectrices ...

Il y a bien, dans la pile de livres que vous constituez depuis des années de passion pour la littérature,
un roman (ou plusieurs) qui a eu l'effet d'une bombe, d'une claque, d'un révélateur, d'un pansement, d'une caresse, d'une vague d'espoir ... Bien un roman qui toujours produit sur vous son petit effet ou vous ouvre les yeux à chaque lecture ... Alors ... Pourquoi ne pas partager vos coups de cœur sur la page de l'auteur Stéphanie Janicot lire guérit !

Suite à son ouvrage "
100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner", (éditions Albin Michel), l'écrivain a ouvert Lire Guérit : un site web à votre attention, chers lecteurs. Vous avez ainsi la possibilité de témoigner sur le titre de votre choix. Un roman vous a sauvé la vie ou plus modestement vous a aidé à faire face à de délicates situations, toutes les expériences livresques sont les bienvenues ...
Il vous suffit d'envoyer un petit texte sur votre livre chouchou à l'adresse suivante :
lireguerit@albin-michel.fr
Une belle occasion à saisir, n'est-ce pas ? D'autant que la réunion des divers témoignages fera peut-être l'objet d'un second volet de "100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner". Affaire à suivre donc ...

Rendez-vous sur lireguerit.fr

 
Pour en savoir plus sur l'ouvrage de Stéphanie Janicot, lisez une de ces interviews données au Buzz Littéraire.

Et retrouvez l'écrivain à la rentrée de septembre avec "Dans la tête de Shéhérazade" (aux éditions Albin Michel. En libraire le 21 août)
 

27 mars 2008

Remise du Prix Lilas.

Hier, mercredi 28 mars 2008 a eu lieu la remise du Prix Lilas. Pour la deuxième année consécutive, un jury de femmes a récompensé l’œuvre d’une femme. Cécile Reyboz a reçu pour son premier roman "Chanson pour bestioles" cette distinction.
 
Pour lire tout mon article : c’est ici.

Le blog du Prix Lilas : http://prixlilasblog.over-blog.com/

Cécile Reyboz, lauréate.

prix_lilas_21

Ambiance...
prix_lilas_026

prix_lilas_072


Lilas de l'éditrice Héloïse D'Ormesson.
prix_lilas_116


Lilas de l'attachée de presse. Anne Procure
prix_lilas_123


Lilas des libraires Laetitia Coq et Magali Garnero
prix_lilas_125


Les membres du Jury.
prix_lilas_131


prix_lilas_168


Portraits.
Nathalie Rheims.

prix_lilas_30


Amélie Nothomb. Emmanuelle de Boysson et Céccile Reyboz.
prix_lilas_045


Bernard Werber.
prix_lilas_082


Isabelle Alonso et Gilles Cohen-Solal.
prix_lilas_060


Carole Chrétiennot et Jessica Nelson.
prix_lilas_162_copie


Eliette Abécassis, Tatiana de Rosnay et Emmanuelle de Boysson.
prix_lilas_167



5 avril 2008

Pâtisserie II.

La Pâtisserie de L'Eglise.
10, rue du Jourdain
75020 Paris.
01 46 36 66 08

http://www.caradou.com

Merci au chef pâtissier, M. Vergne, pour son accueil.


L'Eden.
Biscuit cuiller et bavaroise vanille. Fruit rouge mûre. Meringue et coulis de fruit rouge menthe.
patisserie_eden_037_copie

patisserie_eden_048_copie

patisserie_eden_040_copie

patisserie_eden_046_copie

patisserie_eden_026_copie

patisserie_eden_018_copie

Le Passiano
Biscuit cuiller. Bavaroise passion. Gelée de mûre. Macarons mûre et groseille.
patisserie_mac_008_copie

patisserie_mac_006_copie_2

patisserie_mac_006_copie

patisserie_mac_001_copie
 

Le Nuance.
Dacquoise café . Praliné feuilletine cacahuètes. Crème légère café et Truffes au  café fort .

patisserie_nuance_083_copie

patisserie_nuance_090_copie

patisserie_nuance_054_copie

patisserie_nuance_070_copie

patisserie_nuance_081_copie

10 avril 2008

Rencontre avec Clea, culino blogueuse.

Clea



Rendez-vous ICI pour lire trois papiers sur Clea,
une des culino blogueuse francophone les plus lues.
Une critique de son dernier livre "cuisiner les ingrédients japonais".
Un portrait .
Et une mini interview.




Portrait de Clea, alias Claire Chapoutot,
auteur du blog cleacuisine.fr
(Je n'ai pas trouvé le crédit de la photo)

13 avril 2008

En passant chez le cordonnier.

A marcher trop vite dans les couloirs du métro, on se coince les talons dans les escalators.
Qu'à cela ne tienne. Un petit tour chez le cordonnier.
L'appareil à la main, j'en ai profité.

Merci à mon nouveau cordonnier pour son accord et son accueil.
Cordonnerie Botterie
161 Rue de Belleville
75019 Paris


Petit reportage impromptu.
cordonnier_4


cordonnier_6


cordonnier_3


cordonnier_2


cordonnier_7


cordonnier


cordonnier_5


cordonnier_8


cordonnier_9_copie



cordonnier_9

13 avril 2008

Festival Chorus I. Portrait Mélanie Pain.

chorus_copie

Vendredi 11 avril 2008, sur la scène du Magic Mirror, sous la Grande Arche de la Défense s'est tenu la clôture de la 20e édition du Festival Chorus.
Au programme, Mélanie Pain, Keren Ann et Alain Bashung.



IMGP0536Un piano.
Une guitare.
Une batterie.
Une voix.
Elle s’avance doucement, comme sur la pointe des pieds. Petite fille fragile et intimidée, dans sa robe blanche aux manches bouffantes, sagement ceinturée de cuir dorée. Une large mèche brune plonge sur son front. Elle l’a replace, sans cesse. Et parfois, s’accroche à son micro. Comme à une bouée. Mais les notes glissent de sa bouche avec une déconcertante impression de facilité. Les huit chansons de cette première partie défilent, ravissantes, dans l’air du temps de la nouvelle scène féminine française. Sur des accords folk, Mélanie Pain place ses textes un brin désabusés. Amours déçus, perdus ou suspendus, temps qui passe et abîme autant qu’il pousse à grandir, horizons finlandais et missives d’amoureux qui ont raté le rendez-vous de leurs sentiments, manque, quête de soi, de l’autre… L’interprète livre son regard sur les petits riens du quotidien, du cœur, d’une vie nouvelle qui s’égraine. Pourtant, peut-être est-ce du aux arrangements musicaux, tour à tour emportés ou langoureux, rythmés ou légers, aux intrusions de maracas et autres harmonica et percussions ses compositions n’accablent pas le public. Il se laisse d’ailleurs aller à quelques mouvements de têtes et ne boude pas les applaudissements. Quelques formules font mouches, interpellent, prêtent à sourire, d’autres touchent. En douceur, toujours. Mélanie elle évolue sur scène avec aisance et simplicité, reprend sa chanson acapella, et échange quelques mots avec ses musiciens avant de s’adresser aux spectateurs. IMGP0603
     Chez Mélanie Pain traînent des nuances vocales et attitudes, un grain de voix murmurée mais claire qui n’est pas sans évoquer Emilie Simon, Björk, Françoise Hardy et bien sûr, Keren Ann. Dans le fond de son timbre, par moment un rien rocailleux, une voix qui a déjà bien voyagé. Qui s’est notamment essayée aux côtés de Marc Collin et Olivier Libaux, sur leur projet de reprises Nouvelle Vague. Le concept est simple : reprendre d’anciens titres oubliés avec de nouvelles orientations et orchestrations musicales, de nouvelles voix. En 2000, timidement, elle pose sa voix sur This is not a love song et Teenage Kicks version Bossa Nova, et s’embarque sur la tournée, avec Camille, entre autres. En 2007, la jeune artiste rempile pour le second volet de cette expérience : l’album « Bande à part ». Il faisait cette année là la part belle aux morceaux new wawe des années 80. Son interprétation de Killing Moon et Blue Monday ont séduit. Bien que loin de ses études de Sciences Po, à Aix en Provence, Mélanie Pain n’est donc pas tout à fait novice dans la chanson et a déjà frôlé les planches de diverses scènes pour quelques morceaux live. Grâce à sa collaboration avec Villeneuve, elle semble avoir trouvé son style. Elle navigue entre mélancolie et sensualité, entre gravité et légèreté. Sous la grande Arche de la Défense, toute en retenue, elle danse sur scène. D’un pas lent et assuré. Elle virevolte au ralenti, et semble tirer mille bonheurs de chaque seconde. Son auditoire impromptu, patientant pour Keren Ann ou Alain Bashung, la suit sur la ballade qu’elle siffle en duo avec son pianiste. Doucement, tout doucement, dans l’ambiance feutrée des projecteurs, elle se promène en musique dans les recoins des sentiments humains.


Pour écouter Mélanie Pain
: http://www.myspace.com/melaniepain
Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.
 

14 avril 2008

Festival Chorus II. Portrait de Keren Ann.

IMGP0672D’un pas décidé, entourée de ses trois musiciens, Keren Ann se faufile jusqu’au devant de la scène. Prise de possession de la scène entière, immédiate. Mais sans prétention. La musique démarre dans la foulée, comme pour ne pas perdre une seconde, une miette d’un seul couplet. En débardeur noir, jean et créoles scintillantes, la chanteuse pose les premiers couplets de « The Harder Ships of the World». Le public l’ignore encore, mais elle le convie ce soir à une échappée anglophone, un voyage entre son dernier album « Keren Ann » et « Not Going Anywhere » (2004). Deux entorses cependant à la langue de Shakespeare. L’envoûtant « Que n’ai-je ? » de l’album « Nolita ». Puis le mot du cœur : le titre « Jardin d’hiver » en hommage à Henri Salvador, qui devait initialement clôturer le festival le 12 avril. La jeune femme lui avait écrit cette chanson pour l’album « Chambre avec vue » qui a assuré son retour gagnant en 2001.
Keren Ann oscille entre morceaux mélancoliques, langoureux et chansons po rock, rythmées et vivifiantes. Durant la première partie du concert, le temps se suspend aux lèvres souriantes de la jeune trentenaire. Peut-être est-ce sa coupe de cheveux, plus courte, ou l’aboutissement de ses créations, toujours est-il qu’elle semble plus mûre, plus en accord avec elle-même, plus sereine. Et sa tranquillité transparaît dans sa voix, posée, claire et profonde. Sa folk mélancolique berce la salle. Bien décidée à ne pas laisser les spectateurs s’engourdir, l’interprète les harangue « Vous êtes sages… Ne soyons pas trop sages » avant d’entamer “Sailor and Widow” de l’album « Not Going Anywhere » (2004). Les arrangements musicaux très présents sur ce morceau et le flot de la voix de Keren Ann emportent le public, qui bat la mesure du pied ou de la tête. Mission accomplie !IMGP0660
Avec Keren Ann tout n’est que promenade sous un ciel irlandais, tour à tour bleu clair et gris menaçant. Elle déambule avec simplicité, aisance en embarquant dans son sillage les spectateurs. Harmonica et guitare sèche, puis électrique, délires psychédéliques du claviériste, entre les notes et les mots, langueur et nostalgie, douceur d’observer la vie, l’homme. « Not Going Anwhere » frôle avec l’acoustique.  Keren Ann et ses trois musiciens ne boudent pas leur plaisir et rivalisent de talent pour enchaîner les accords. Dans ce concert de fin de tournée la chanteuse d’origine israélienne joue de tous ses atouts avec simplicité et bienveillance. Visiblement prête à donner le meilleur d’elle-même et de son groupe, elle donne le la à une pause musicale endiablée nourrit de rock. « Allez, enlevez tous vos vêtements ! On va faire du rock !! » rit-elle. Leurs envolées musicales ne sont pas sans évoquer les morceaux d’anthologie de Pink Floyd. Une heure, un rappel et une évasion toutes en douceurs et en puissance pour les centaines de personnes saisies par le filet de voix de Keren Ann.


Photos
: Claire Berthelemy. Tout droits réservés.

16 avril 2008

Festival Chorus III. Portrait d'Alain Bashung.

IMGP0750Baigné de bleu. Trônant sur un siège haut, au devant de la scène. Guitare sèche à la main. Alain Bashung semble perdu. En déséquilibre. Prêt à tomber au moindre mouvement. Et dans le même temps, en parfait accord avec lui-même. Alain Bashung, l’ambivalence, l’insaisissable. Il s’est fait désirer, une fois le noir tombé sur la salle de spectacles de la Défense. Conscient de son rôle, de l’attente du public qui ne cesse de l’applaudir, il se glisse néanmoins dans sa peau de chanteur. Entre présence et absence, le jeu de scène en est troublant. Involontairement, peut-être. Il est ailleurs. Derrière ses inamovibles lunettes noires, sous son chapeau noir, dans un pli de son costume noir ou de sa chemise blanche négligemment ouverte, Alain Bashung se cache.
Le sexagénaire égraine cependant les chansons de son dernier album « Bleu pétrole ». Les unes après les autres. Avec nonchalance, assurément. Avec brio, indubitablement. Aux premières notes d’un nouveau morceau, une femme, au deuxième rang, se lève d’un bon. Agite ses bras en sautillant, puis consent à se rasseoir. Dans la salle, le long des rangées des sièges, se tiennent d’autres fans. Debout, souvent un verre de bière à la main, ils dansent, reprennent les refrains qu’ils connaissent déjà, à peine trois semaines après sa sortie de l’opus.
Depuis l’album « L’imprudence » (2002) Alain Bashung se faisait rare. La critique l’attendait au tournant, comme toujours. Pourtant, chacun des ses nouveaux albums fait des étincelles et ajoute à son tableau son lot de tubes. Une dizaine aujourd’hui, de « Gaby, oh Gaby », en passant part « Osez Joséphine », « Vertige de l’amour » ou encore « Ma petite entreprise ». Malgré ses quarante années de métier, il n’a pas sur le dos, qu’il expose sur sa dernière pochette de CD plutôt que son visage, l’étiquette du vétéran. En 2008 son univers musical de rockeur un rien déprimé et underground, textes et chansons font encore l’unanimité. Des textes ciselés, voire violents, désabusés et pertinents.
IMGP0800 Des mélodies entêtantes, rythmées entre pop-rock-folk et expérimentations, harmonica et violoncelle. Sa voix oscille entre plainte, cri et prière, notamment quand l’interprète termine un morceau en répétant une même courte phrase. Comme un mantra. Le chanteur lui, ne remarque rien de l’agitation à ses pieds. D’ailleurs, il ne décroche pas un mot à son public. Alain Bashung redoute la scène. Si d’infimes signes trahissent au fur et à mesure des interprétations, son plaisir de la scène, son malaise prime. Ce soir là, il n’a presque rien laissé transparaître. Un très léger sourire face à la liesse du public quand il a entamé « La nuit je mens ». Mais rien de plus. Les chansons s’enchaînent dans une course folle, comme pour conjurer le sort, en finir. Les musiciens déploient tous leurs talents dans cette ambiance bleu nuit épurée. Et Alain Bashung, entre deux couplets, tourbillonne au ralenti sur une parcelle d’estrade. Le bras gauche en l’air. L’autre solidement arrimé à son micro, il tourne. Tel un indien dansant pour invoquer un Dieu. « Comme un Légo », « Vénus » ou « Bleu pétrole » ont trouvé leur public, même sans l’aide d’une divinité.
Sa présence fantomatique entre deux projecteurs aux rayons blanchâtres rappelle celles des piliers de bras. Mais un habitué distingué, aux allures de dandy désenchanté. Un de ces hommes tapis au fond d’une salle enfumée qui prend la parole sans crier gare. Pointant un doigt vengeur ou alarmant vers le ciel avant d’aligner quelques vérités bien senties sur l’avenir du monde et l’hypocrisie humaine, d’une voix mélancolique et calme. Puis qui replonge dans un mystérieux silence, impénétrable.
Bashung, impassible sur la scène du Magic Mirror, c’est un peu cela, un sage qui ne fait pas de vague, ou qu’à l’occasion seulement. Sur un album ou une scène. Tout ce qu’Alain Bashung a à dire se trouve dans ses chansons.

 

Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.

28 avril 2008

Un dimanche soir à Mogador.

facadeVous ne pouvez plus reculer. Il est trop tard. Dans les 6300 m2 du théâtre Mogador la lumière s’est tamisée jusqu’au noir et le volume sonore des désagréables commentaires de votre voisine a considérablement diminué, pour le moment ... Vous voilà pris au piège ! Hisser les voiles est illusoire. D’ailleurs, les larges portes grenat sont closes depuis quelques minutes. Et déjà, alors que la scène s’égayait à peine des chants du sage singe Rafiki, éléphant et éléphanteau, oiseaux, antilopes et autres animaux de la savane envahissent les allées de la salle, puis les 260 m2 de la scène. De toute façon, vous êtes déjà conquis ... La comédie musicale « Le Roi Lion » a pris ses aises dans le décor doré de Mogador votre sourire aussi. Le ton est donné d’emblée. Les frissons se font sentir dès les premières minutes des 2h40 de représentation. Il est en ainsi, à Paris, en version française, depuis le 04 octobre 2007, et à travers le monde, depuis plus de dix ans.
      Voilà plus de deux cent fois que Simba, le lionceau héros de ce conte tremble dans les bras de Rafiki, les pieds dans le vide du haut du Rocher aux Lions sortit de la scène. Il y découvre son futur royaume et ses sujets à quatre pattes. Malgré les huit représentations hebdomadaires, dont deux le week-end, l’expression peinte sur le visage de ce lionceau de papier mâché trahit le malaise. A ses pieds se prosterne une vingtaine d’espèce animale, dont les impressionnantes girafes de 7,90 mètres. C’était sans compter le millier de spectateurs, éparpillés sur trois étages. Depuis mars 2008, plus de 300 000  français, tout âges confondus, ont assisté à cette comédie musicale made in Broadway. Dans la pure tradition du musical américain, la troupe n’assure aucune tournée en France, à l’instar de ces passages australien, allemand, japonais ou anglais. Mais devant l’engouement des français pour cette adaptation théâtrale du dessin animé éponyme de Dinsey sortit en 1994, l’exploitant de cette œuvre théâtre contemporaine a prolongé les représentations jusqu’au 03 août au 25, rue Mogador.h_20_1058770
     Julie Taymor, metteur en scène et entre autre costumière, a gagné son pari. Depuis plus de dix ans, 45 millions de paires d’yeux ébahis ont déjà assisté aux représentations du « Roi Lion », dans neuf mégalopoles et en cinq langues différentes. Un phénomène ! Récompensé six fois par des Tony Awards, nominé trois fois à la 22e cérémonie des Molières (résultat ce lundi 28 avril), à l’affiche du Théâtre Minskoff, à New York depuis fin 1997, cette mise en scène osée se cesse de faire parler d’elle. 400 costumes, 200 masques, 100 instruments, 100 marionnettes, des dizaines de tableaux et de décors … A chaque représentation 115 personnes, dont 40 artistes, 17 musiciens, 50 techniciens et 8 membres du personnels administratif s’activent sur la scène ou en coulisses.
       Mais ce dimanche soir, de cette fourmilière, le public ne saisit que les fresques hautes en couleur, le timbre vibrant des rôles principaux, l’humour des choix chorégraphiques, de la mise en scène d’herbe ou de marionnettes ou des subtilités contemporaines des dialogues. De siège en siège interprétations et exclamations vont bon train. Certains chantonnent aussi les reprises de titre du dessin animé et s’enthousiasment de la liesse, parfois un peu gauche, des deux jeunes interprètes de Simba et Nala. Grâce à la taille humaine du théâtre, chaque auditeur devient partie prenante du show. Proximité et implication mènent la danse. Les comédiens jouent avec tout l’espace, se moque des délimitations de la scène. Et même les percussions ont pris place au balcon. Tout Mogador rugit. Après chaque tableau important, les applaudissements retentissent. Dans un zénith ou une plus grande salle parisienne, cette contiguïté et cette complicité de l’audience n’auraient pas été possibles. Le spectacle est donné pour le public, qui le reçoit de plus fouet et ne manque pas de manifester son contentement. Un réel dialogue, où lorsque le babouin, Rafiki interprété par Zama Magudulela, rit, le public s’esclaffe.
       com_roi_lionLa première partie, qui retrace l’enfance fougueuse de Simba semble séduire davantage les spectateurs que la seconde, où une certaine philosophie du courage, le sens du devoir s’imposent au futur roi de la jungle. Les scènes sont moins mouvementées, peut-être moins colorées également, les tirades plus subtiles malgré les boutades de Timon et Pumbaa toujours prêt à lancer leur incontournable « Hakuna Matata ».
      Le mariage entre innovations technologiques (comme les mises au point de masques amovibles pour les protagonistes) et recours aux traditions et à l’artisanat africain (comme les marionnettes), entre spectacle grandiose et petite salle chaleureuse, entre mise en scène d’un parcours initiatique universel et anecdotes ou références contemporaines françaises, interpellation directe du public, donne un ensemble des plus complets. Certains personnages de chair et d’os disparaissent au profit des animaux qu’ils incarnent. Immersion garantie. Ce musical traîne dans son sillage la magie des chants et contes africains, des histoires qui font rêver et qui pourtant sont faites de trois fois rien, de bric et de broc, de vie, et la grandeur des super productions américaines. Le public parisien de ce dimanche soir ne s’y est pas trompé. Il a fini debout, applaudissant à tout rompre, acclamant la troupe au complet.


le_roi_lion_visuel_presse2
Le Roi Lion
,
mise en scène par Julie Taymor.


Site web du spectacle
: http://www.leroilion.fr/
Jusqu’au 03 août 2008 au Théâtre Mogador. Paris.

Site web du théâtre : http://www.mogador.net/





Distribution :

Rafiki
:  Zama Magudulela
Mufasa
: Jee-L
Scar
: Olivier Breitman
Simba
(adulte) : Jérémy Fontanet
Nala
(adulte) : Léah Vincent
Zazu
: David Eguren
Timon
: Christian Abart
Pumbaa
: Fabrice de la Villehervé
Shenzi
: Céline Languedoc


Et les 40 autres comédiens, danseurs, chanteurs …

Julie Taymor, costumes et co-création des masques et marionnettes, paroles et musiques aditionnelles.
Michael Curry, co-création des masques et marionnettes.
Garth Fagan, chorégraphie.
Richard Hudson, décors.
Elthon John et Mark Mancina, musique.
Time Rice, paroles.
Stéphane Laporte, adaptation du livret et des paroles pour la version française.
Michael Ward, création des coiffures et des maquillages.

Crédit photos : Théâtre Mogador / Roi Lion

Merci Seb ;)

8 mai 2008

Chronique du Métro. XIV.

DSCN2197L'attente avait été courte, finalement. Elle a pris le premier train entré en scène. Les écrans bleus avaient viré à l'orange, suite au feu Gare du Nord. Paralysie du trafic en début de soirée, avant reprise progressive et partielle des routines de la Ratp. Tous les RER B ce soir n'auront qu'un terminus.
Une porte lui faisait face. Mais elle a préféré la précédente. Quelques pas. Elle a remonté le quai et a pressé le bouton vert, déclencheur de magie mécanique. alors que le train prenait place, ralentissait, elle avait repéré une place. A l'écart. Avec pour interlocuteur, un mur. C'est celle-là qu'elle convoitait. Elle n'a pas hésité à tourner le dos au reste de la rame qui serait la sienne pour trois stations. Quelques têtes par ici ou par là. Pas de couple ni d'amis de fac éméchés chantant à tue-tête, comme souvent, au départ de Port Royal. D'ailleurs, il n'y avait pas foule. Et un seul coup d'oeil circulaire en franchissant le seuil du RER avait suffit pour constater que chacun vivotait dans sa bulle.
Elle s'est calée contre le fer recouvert de Vénilia jaune. Un peu défraîchi. Passablement éraflé. L'épaule comme point d'ancrage. Le talon de sa botte sur le décroché d'acier, sous la fenêtre. Elle a ouvert le livre qu'elle peine à finir, faute de temps. Elle en avait aimé le titre. Titillée par le qualificatif affublé. Quelques pages. Quelques pages seulement avant de le refermer, de lui trouver une place sur ses étagères bondées. Dans ses oreilles le dernier né du chanteur à l'accent du Lot et Garonne, aux répliques doucereuses et assassines décortiquées dans l'enfance lointaine. Des roses et des orties, à l'image d'un soir.
Le RER se moque bien des émois littéraires. Il ne demande l'avis de personne. Un de ces trains qui foncent toujours plus vite, droit devant. emportant dans ses valises ceux qui avaient élus domicile sur le bord de la route. Pas de destination. Un terminus collectif. Un seul but : accomplir le trajet, vaille que vaille et tant pis pour le reste. De force, droit devant. Un peu comme l'inéluctable marche des jours et son lot quotidien de listes "à faire" que l'on raye, rature, complète, érige pour le lendemain, le soir venu, dans son lit, quand le sommeil tarde à venir. Elle n'avait eu qu'un seul regard pour l'obscurité du premier tunnel vaincu. Furtif. Par la petite lucarne qu'elle s'était aménagée dans la grande fenêtre. La vision de ce monde souterrain ne lui aspirait rien de bon. Et puis, elle a du se résoudre. Confesser. Se rétracter. Elle a lâché le chemin des lignes, noir sur blanc. Elle n'y était pas. Ou peut-être trop, déjà, à l'horizontal. Dans une seconde d'angoisse, happée par le vide des prises de conscience distillées, elle s'est rattrapée aux mots de l'humaniste en costume de poète guitariste. Puis ces mots murmurés se sont aussi envolés, creusant des sillons dont elle n'a pas vraiment senti la piqûre de la plaie sur le moment. Elle n'était plus vraiment là.
Arrêt Luxembourg, ses yeux se fixent sur une immense affiche, designée et graphique. Séduisante. La deuxième campagne du genre dans les lieux. Stationnée devant la neige et les arbres nus. Elle aussi avait le cœur en hiver. Impuissante. Désemparée. Triste. Et, ce goût de jamais plus qui lui envahissait la bouche, lui serrait le coeur. Bien sûr, il y avait des parfums d'ailleurs, d'autrement. Une touche de sel et de raisin sur la pointe de sa langue. Oui, mais... Jamais plus.
Le train est reparti. Déclinant avec les murs plastifié le printemps et l'été. A quelques roulements de là, seulement. Tout semble si simple parfois. D'une saison à l'autre. D'une moue à un sourire. Mais elle avait du rater la marche. Prise dans la neige. Les discussions des nouveaux passagers devaient animer le wagon. Là, juste derrière elle. Elle sentait des vibrations, des mouvements. Mais rien ne l'atteignait vraiment. Dans sa bulle de musique et de larmes contenues. Elle n'entendait rien de la vie qui s'ébroue aux heures indues. Pas plus qu'elle ne prenait la mesure des sombres tunnels qui défilaient. Sa bulle s'était réimperméabilisée.

21 mai 2008

Savoie et Cuisine II.

CLIQUEZ SUR LES PHOTOS POUR LES AGRANDIR.

Papillotes de poisson au safran et petits légumes, avant cuisson.
poisson

Tian de légumes à la verticale / Aiguillettes de dinde aux curry sur lit de poivrons.
tian_et_dinde

Muffins framboises / amandes effilées
Muffins groseilles / éclats de noisettes.
muffins_fruits_rouges

Tatin d'abricots parsemée d'amandes effilées et quelques noisettes du jardin.
tatin_abricot

1 mars 2008

James Nachtwey, exposition "Combat pour la vie".

nachtwey_combat_vie_1James Nachtwey, photo reporter américain de renommée internationale, signe aux côtés d’Anne Goldfeld, professeur de médecine et d’Asa Mader, cinéaste, une exposition expérimentale des plus troublantes « Combat pour la vie ». Cette sensibilisation par la photographie aux problèmes de traitement de la tuberculose, du paludisme et du Sida dans les pays pauvres a naturellement envahit Le Laboratoire, un espace parisien ouvert depuis fin 2007, consacrée à la recherche scientifique et artistique. Ne ratez par cette exposition... elle prend fin le 19 mars 2008 !


Co-fondatrice d’une clinique au Cambodge, le Professeur Goldfled a invité l’artiste à soutenir sa lutte. James Nachtwey, le photojournaliste le plus récompensé depuis vingt ans, livre ici un témoigne fort. Et le choc est rude. Une série d’images inédites réalisées à Bankgok accueille les visiteurs. Neuf mètres de photographies noir et blanc, crues, dures, directes et comme toujours portées par l’œil du photographe s’impose d’emblée aux spectateurs. Pas question ici de s’apitoyer sur le sort des malades de l’Asie du sud-Est, mais de sensibiliser les populations épargnées, les organismes humanitaires, dans l'espoir de maintenir mobilisation et recherche médicale. Nachtwey_expo2008
      Sur les murs encerclant la fresque d’anciennes photographies de Nachtwey réalisées dans les hospices et dispensaires de Sibérie, Asie ou encore Afrique sont également présentées. De grands tirages sobrement éclairés révèlent la douleur, la solitude, la peur, la réalité de ces maladies infectieuses mais aussi la force, le courage des malades et des soignants pris dans ce fléau. Ces images, imposantes tant par la finesse du grain, par la qualité des contrastes, par les cadrages et choix de composition que par l’intensité des sujets, ne laissent indifférentes. Certes, la détresse, l'angoisse, le renoncement sont lisibles sur les visages des patients.Mais la dignité aussi, est palpable. Notamment celle d’un garçonnet fermant les yeux de sa mère décédé ou celle d’une jeune maman câlinant son nourrisson chétif qui n’aura connu que la souffrance de la maladie.
      Nachtwey est habitué aux reproches adjacents à la photographie humanitaire. Il traîne toujours dans les parages des philosophes ou sociologues soulignant les dérives de la photographie humaniste à la photographie humanitaire. La première magnifiée par la génération de photographes français comme Doisneau, Cartier-Bresson, Ronis, Boubat ou encore Brassaï, entre 1945 et 1970, se veut une peinture d’un bonheur de vivre retrouvé après la seconde guerre mondiale. Selon André Rouillé, auteur de La Photographie (aux éditions Gallimard, 2005), « la photographie humaniste se distingue de l’actuelle photographie humanitaire par l’espoir d’un monde meilleur. » Faire du malheur des populations pris dans les guerres, les conflits civils ou l’extrême pauvreté une œuvre d’art ne serait donc pas politiquement correcte, voire pire... Mais Nachtwey n’en a que faire et il continue de témoigner (et non de tirer profit !) de l’horreur et la misère quand d’autres préfèrent fermer les yeux. Depuis peu, la polémique tend à s'apaiser. Face au talent de ce photographe, un des chefs de file de ce mouvement, les conservateurs de musées s'inclinent. Il est exposé sur tous les continents, ses travaux photographiques garnissent les collections permanentes des plus grands musées mondiaux.
nachtwey001Depuis ses débuts, dans les années 1980, James Nachtwey a conservé le même leitmotiv : « que la photographie - de guerre - ait une incidence sur un comportement humain » (celui qui pousse les hommes à s’entretuer). Cela dit, le reporter n’est pas dupe et concède volontiers que son espoir est « une ambition ridiculement prétentieuse ». Toujours est-il que le photographe n’a pas raccroché son appareil argentique et qu'il parcourt  encore le monde pour rendre compte de ses conflits, pour témoigner le quotidien de ceux qui survivent dans contrées les plus pauvres et en ramène des images toujours aussi effroyables et paradoxalement sublimes. Sa façon à lui, peut-être, de ne pas oublier ceux qui souffrent en silence.

 

Je n'aurais que deux choses à dire, en guise de pseudo conclusion :
Courrez voir cette exposition avant le 17 mars.  ( Âmes sensibles et jeunes publics s'abstenir. )
Et... dans la vie j'aurais voulu être James Natchwey !


Pour plus d’infos :

Une interview, en anglais, de James Nachtwey au sujet de cette exposition « Combat pour la vie »
http://www.photographie.com/?pubid=104626

Le site officiel de James Natchwey.
http://www.jamesnachtwey.com

Infos pratiques :
Exposition "Combat pour la vie."
Du 10 février au 19 mars 2008
Le Laboratoire

4, rue du Bouloi
75001 Paris
(derrière la Bourse)
Tél : 01 78 09 49 51
http://www.lelaboratoire.org
Email : info@lelaboratoire.org

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 > >>