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22 juillet 2013

Fnac Live 2013 : Féfe, Babx & Sophie Hunger

Féfé

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fnac live 2013 Féfé 036 copie

Babx

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Camélia Jordana en duo avec Babx

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Sophie Hunger

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Fnac Live 2013 Sophie Hunger 008 copie

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22 juin 2013

Madrilène #2

Calle Duque de Alba, Madrid
L'égyptien

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23 juin 2013

Madrid #1

madrid juin 2013 363 copiePlaza Mayor

madrid juin 2013 521 copieParc du Retiro

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Plaza Mayor

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Rue Cuchilleros

madrid juin 2013 183 copie
Jardins Sabatini

madrid-juin 2013 073 copiePlaza San Andres

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Porte de Sol

28 octobre 2012

Cirque d'hiver Bouglione II

Cirque d'Hiver Bouglione, à Paris.
 Eclat, le nouveau spectacle de l'automne 2012.

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30 octobre 2012

Cirque d'hiver Bouglione IV

Cirque d'Hiver Bouglione, à Paris.
 Eclat, le nouveau spectacle de l'automne 2012.

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4 octobre 2012

Paris Fashion Week VII // Cara Delevingne

Sortie du défilé Cacharel, Paris Fashion Week, septembre 2012 // SS-2013 avec Cara Delevingne

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5 octobre 2011

Défilé John Galliano - Fashion Week

Défilé John Galliano - Musueum d'histoire naturelle, Paris.
Dimanche 02 octobre 2011

Karlie Kloss
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28 septembre 2010

Coeur de Vies 2010 #3

http://www.coeurdevies.com
D'autres photos à venir...


Les bénévoles.
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Stéphanie Fugain : http://www.laurettefugain.org/
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Laurence Lemarchal : http://www.association-gregorylemarchal.com
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26 juillet 2010

Tour de France 2010 - Paris

20e étape du Tour de France 2010, entre Longjumeau et Paris
Dimanche 25 juillet 2010

Quai de New-York
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Champs Elysées, les derniers kilomètres.
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15 mai 2010

Cracheurs de feu - Palais de Tokyo

« En mai, jongle ce qu’il te plait »
Rassemblements de cracheurs de feu de l’association Burn Crew Concept.
(http://www.burncrewconcept.net/)
Palais de Tokyo, Paris, 14 mai 2010.
Avec Claire, Henri & Cédric

La suite à venir...

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27 février 2010

Alice au Pays des Merveilles / Vitrines du Printemps Haussmann.

A l'occasion de la sortie d'Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton (le 24 mars)
le Printemps Haussmann dédie ses vitrines à ce pays étrange. Jusqu'au 13 mars 2010.

Toutes les images dans l'album n°51
(Images non libres de droit, merci)

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19 mai 2009

Quelques articles...

19 mars 2009

Quelques articles.

4 février 2009

Quelques articles ...

Critiques Littéraires :
Carole Zalberg "Et qu'on m'emporte" sur Culture&Cie
Agnès Abécassis "Chouette, une ride" sur Culture&Cie
(A suivre sur Culture&Cie, Chloé Delaume "Dans ma maison sous terre",
P. Sollers "les voyageurs du temps"
et sur le Buzz, Olivier Adam par monts et par vaux)

Critiques cinéma :
"Les Noces Rebelles" de Sam Mendes avec Kate Winslet et Leonardo Di Caprio sur Culture&Cie.

Actualité artistique :

Le France chez Artcurial sur Culture&Cie (avec une photo d'Henri)

Pour recevoir la Newsletter de Culture&Cie, laissez-moi votre adresse mail ;)

21 juin 2008

21 Juin, Paris.

Les rues des arrondissements bordant le périphérique s'animent. Bien plus qu'à l'accoutumée. Même pour un samedi soir d'été. C'est l'heure où le soleil chatouille la pierre. La dore d'une lueur si particulière que les façades sembleraient presque vivantes. Le ciel, lui, vous fait regretter d'avoir voulu sortir les mains dans les poches de votre jean. Il manque de quoi photographier. De quoi écrire. De quoi lire. De quoi prendre le temps sur un banc du parc déserté.
Eux, prêtent à sourire. A photographier, aussi, évidemment. A tous les coins de rues, ils sont de sortie. Exceptionnelle, cela va de soi ! D'ailleurs, la majorité de la petite troupe éparse paraît l'avoir compris et se démène pour profiter de cette aubaine jusqu'à la dernière minute concédée. Beaucoup sont d'ailleurs déjà en pyjama. Peut-être pour ne pas perdre de temps, tout à l'heure, quand la donne aura changé. Ils prennent place, au fond des poussettes, en farandole improvisée, ou déambulant à la queue leu leu. Sautillant malgré eux dans les bras paternels ou se déchaînant sur un coin de trottoir aux rythmes des guitares et de la batterie. Un morceau de Radiohead qu'ils n'avaient peut-être jamais entendus jusqu'à ce soir gagne toutes leurs faveurs. Plus loin ils observent, médusés, accrochés à la cuisse droite de leurs grand-mère, leurs parents se déhancher sur un air de cornemuse bretonne. Etrange spectacle qui les absorbent. ailleurs, ils courent partout ou enfouissent leurs visages apeurés dans le cou de leur mère. Ils répondent aux interjections d'un chanteur de reggae endiablé ou tirent sur la manche de leurs grandes sœurs en pleine conversation téléphoniques, ils veulent qu'elles leurs répètent les paroles de la chanson de toute à l'heure, tu sais, celle de là-bas. Et puis, quand la lumière décline, bon nombre accuse le coup. Ils sont de plus en plus nombreux, dans le dos de leurs mères, sur les épaules de leurs pères, à avoir fermé leurs paupières. Parfois même, malgré le solo électrisant d'une basse, ils rêvent déjà.
Les enfants de la musique. De la fête de la musique.

20 août 2008

Rentrée Littéraire 2008 #1

Au diable les chiffres, pour la rentrée littéraire de septembre 2008, parlons de mots.
Voilà donc quelques citations de mes coups de cœur de cette année. D'autres suivront sans doute puisque les parutions sont échelonnées ...
Tous ces livres sont très différents. Si vous cherchiez des idées de lectures .... cela vous aidera peut-être ...
 Pour une critique plus complète, rendez-vous dans les pages de Muze (septembre et octobre) et sur le Buzz Littéraire dans les semaines à venir. Et en attendant, cliquez sur les noms des auteurs pour découvrir davantage l'histoire de son roman (quand cela est possible).


Bonne lecture de la rentrée à tous.



"On a tort de penser que la vie a raison de nos rêves. Nous accomplissons ce que nous souhaitons profondément, sans nous en rendre compte. Et lorsque nous avons obtenu satisfaction, nous nous plaignons. Les rêves sont morts. Non, ils sont devenus réalité, laquelle est forcément décevante."
Stéphanie Janicot - Dans la tête de Shéhérazade.
Ed. Albin Michel. Roman

"Je tâtai le pouls de l'individu et j'eus la confirmation de ce que je savais. À quoi sait-on que quelqu'un est mort? Je ne suis pas médecin, mais chaque fois que je me suis trouvé en présence d'un mort, j'ai éprouvé une gêne très profonde, le sentiment d'une impudeur insupportable. Toujours cette envie de dire: «Voyons, monsieur, quelle tenue! Reprenez-vous! Si tout le monde se laissait aller comme vous!» Quand on connaît le défunt, c'est encore pire: «Ça ne te ressemble pas de te conduire ainsi.» Je n'évoque même pas le cas, troublant jusqu'à l'obscène, où l'on aimait le cher disparu."

Amélie Nothomb - Le fait du Prince.
Ed. Albin Michel.


"Rocca haussa les épaules. Il pensait à Anna. Il n'avait pas l'habitude de se faire planter par une fille.
Dehors la procession des chars avait repris. Il aperçut un vieux qui crachait derrière, par habitude. Les Russes avaient annoncé qu'ils avaient besoin de trente-six heures pour évacuer la ville. Tout serait bientôt terminé.
Encore quelques heures et Budapest serait libre. Il fallait juste un peu de chance."
Danièle Georget - Une passion hongroise.
Ed. Plon.


"Quand je serai grand, je garderai la couleur du silence pour me défendre".
Fadéla Hebbadj - L'arbre ébène.
Ed. Buchet Chastel. Premier roman

"Mes mots ne supportent pas la visite, j'écoute un moment, je réponds, mais je garde mes mots qu'ils ne seront pas compris."
Claire Castillon - Dessous, c'est l'enfer.
Ed. Fayard.

"La vie n'est qu'une somme de hasards, pour ceux qui n'ont pas la chance de croire en un dieu, même simple horloger.
les coïncidences sont toutefois signifiantes.
On dit aussi qu'elles sont troublantes.
Naître et grandir dans le Quartier latin ne prédispose pas forcément à consacrer sa vie aux langues anciennes, mais constitue un terreau fertile. "
Teodoro Gilbert - Les pages roses.
Ed. Buchet Chastel. Premier roman


"Un pas devant l'autre. Quoi de plus simple. On pose un pied, le talon d'abord, le déroule, l'autre pied se soulève alors, l'alternance est naturelle, et la mécanique du corps, parfaitement rodée. Aucune commande nerveuse complexe et aucun effort de notre volonté ne sont nécessaires afin de nous porter en avant. C'est heureux : il existe des buts que l'on n'a pas envie d'atteindre, et des chemins que l'on ne veut pas parcourir."
Jean Mattern - Les bains de Kiraly.
Ed. Sabine Wespieser.
Premier roman

"A partir d'aujourd'hui, je vais voir le visage qu'il aurait eu s'il lui avait été donné de vieillir. Je porte mon père en moi. Ce matin, aux aurores, je l'ai senti monter sur mes épaules comme un enfant. Il compte sur moi dorénavant. Tout va avoir lieu aujourd'hui. J'y travaille depuis si longtemps.Je bois doucement le café qui fume encore. Je n'ai pas peur. Je reviens des Enfers. Qu'y a-t-il à craindre de plus que cela? La seule chose qui puisse venir à bout de moi, ce sont mes propres cauchemars. La nuit, tout se peuple à nouveau de cris de goules et de bruissements d'agonie. Je sens l'odeur nauséeuse du soufre. La forêt des âmes m'encercle. La nuit, je redeviens un enfant et je supplie le monde de ne pas m'avaler. La nuit, je tremble de tout mon corps et j'en appelle à mon père. Je crie, je renifle, je pleure. Les autres appellent cela cauchemar, mais je sais, moi, qu'il n'en est rien. Je n'aurais rien à craindre de rêves ou de visions. Je sais que tout cela est vrai. Je viens de là. Il n'y a pas de peur autre que celle-là en moi. Tant que je ne dors pas, je ne redoute rien."
Laurent Gaudé - La porte des Enfers.
Ed. Actes Sud.


"Muni de son sac, Eric, s'approcha de son camarade l'œil inquiet. Il obliqua silencieusement vers la sortie de peur que Melle Colinot n'amalgamât le comportement des compères, et ferma la porte le regard bas, délicatement, emprisonnant à contrecoeur celui qui ne ressemblait à personne, celui dont la différence tranchait sur l'ennui, celui dont il ne souhait que du bien."
Ariel Kenig et Gaël Morel -New Wawe.
Ed. Flammarion.


"Il n'eut pas le temps de résoudre ces difficiles questions qu'un fourgon, de la taille d'une berline, sans chevaux pour le déplacer, vint s'arrêter à sa hauteur. Une stridence, répétée sur trois notes aiguës, s'arrêta sèchement quand le grondement du véhicule cessa. Une lanterne bicolore, posée sur le toit, continuait de tourner sur elle-même telle une girouette, alternant blanc et bleu. Sur le caisson - on ne sait quel terme employer pour désigner un tel attelage -, les mots "samu social" s'étalaient. Candide connaissait le terme "social" dont l'utilisation devenait un peu plus ffréquente depuis les travaux de l'encyclopédie.
Mais "samu" ? Est-ce du roumain ? s'interrogea-t-il.
Paul Melki - Au paradis de Candide.
Ed. Calmann-Lévy.


Et encore ...
Nicolas Texier - Pôle Sud. Ed Gallimard.
Colombe Schneck - Val de Grâce. Ed. Stock

A suivre, peut-être ...
Tous droits réservés aux auteurs cités.

12 septembre 2007

Première sélection de l'Académie Goncourt.

En lice pour le prix Goncourt... L'attribution aura lieu le lundi 5 novembre.

 

Olivier Adam : "A l'abri de rien" (L'Olivier)
Pierre Assouline : "Le portrait" (Gallimard)
Philippe Claudel : "Le rapport de Brodeck" (Stock)
Marie Darrieussecq : "Tom est mort" (P.O.L.)
Vincent Delecroix : "La chaussure sur le toit" (Gallimard)
Delphine De Vigan : "No et moi" (J.C. Lattès)
Michèle Lesbre : "Le canapé rouge" (Sabine Wespieser)
Clara Dupont-Monod : "La passion selon Juette" (Grasset)
Yannick Haenel : "Cercle" (Gallimard)
Gilles Leroy : "Alabama Song" (Mercure de France)
Amélie Nothomb : "Ni d'Eve ni d'Adam" (Albin Michel)
Olivier et Patrick Poivre d'Arvor : "J'ai tant rêvé de toi" (Albin Michel)
Grégoire Polet : "Leurs vies éclatantes" (Gallimard)
Lydie Salvayre : "Portrait de l'écrivain en animal domestique" (Seuil)
Olivia Rosenthal : "On n'est pas là pour disparaître" (Verticales)

Alors ? A votre avis, qui remportera le Goncourt ?

3 octobre 2007

VI.

Soudain. La foule se fait plus oppressante. Le monsieur à gauche recule sur les pieds des autres usagers. Et se penche vers le bas. Un râle et une remontrance se mêlent à l'incompréhension à travers les souffles des voyageurs sommés de s'écarter alors que manque la place. A deux pas de là, d'autres ne s'aperçoivent pas de ce mouvement. Et de nouveau. Tous s'agitent vivement. Un homme tombe. Ils l'interpellent. Le questionnent. Le tiennent en éveil. Ses yeux tournent vers le haut. Sa main glisse sur la rambarde centrale. Ses genoux plient. Dans sa main, le cartable ne bouge pas. Comme une bouée, il s'accroche au cuir. Malaise.  Et ses yeux épient sans cesse les visages de ceux qui lui parlent. Quelques uns se précipitent pendant que d'autres reculent. De l'attention et de l'air. Soutenu, l'homme laisse les dernières forces le fuir. Un autre homme, en costume, cravate et serviette le maintient tant bien que mal. Ses bras sous les aisselles du fragile inconnu. Et les secouristes improvisés assoient le chétif voyageur. Il ne dit rien. Sauf, "la tête". "Ma tête", souffle-t-il encore une fois avant que des passagers ne le hissent sur le quai pour qu'il attrape au vol un courant d'air. Debout, il ne s'enhardit à aucun mouvement. Son regard, une fois encore, se tourne vers le métro qui démarre dans un indifférent élan mécanique. Appréhension et soulagement tintent ses yeux d'une lueur particulière que je ne sais abandonner. La rame plonge dans l'obscurité d'un tunnel...

20 septembre 2007

IV.

Assis sur les strapontins, il regarde les gens monter et descendre dans  la rame. Il a ce regard particulier. Une vision déformée à travers une bulle. De temps en temps, son regard s'arrête sur trois minettes fardées, sur une mère de famille empêtrée avec la poussette et le bébé, sur l'homme aux cheveux blancs et à la peau noire dont il ne semble pas saisir les propos. Il détaille le visage, les mouvements. Il ne voit presque rien d'autre que ce qui se glisse en face de lui. Mais lui ne bouge pas. A peine. Ses lèvres quelques fois, mais sans rompre le silence. Avec trop peu d'articulation pour saisir les mots prononcés. Il demeure mystère. Et ses cils marquent des pauses trop longues pour une simple accommodation. Il suit quelque chose ou quelqu'un peut-être. Son monde pris dans le monde qui court de rame en correspondance.
Présent. Mais extérieur. Comme protégé. Mis hors de portée. Le métro freine. Un homme lui écrase les pieds. Et rien ne traverse ses yeux. Seule sa main se lève pour conjurer les excuses du voyageur piétineur. Il tangue. Petit. Il ne dépasse pas le flot des voyageurs. Sans pouvoir se tenir. Il se maintient. Ses jambes se raidissent. Ses doigts de pieds se crispent. Quand le conducteur freine. Oppressé par les autres voyageurs. Il s'imbrique dans les autres. Pièce du puzzle. Manquant. Au contour flou. Il est déjà repartit. Dans sa bulle. Loin. Au milieu pourtant.
Une autre rame. Debout, derrière une jeune fille il sourit. Elle souffle sur la fausse fourrure verte du col d'une personne âgée devant elle. Comme les blés et le vent. Les poils synthétiques se couchent. Son sourcil se fronce en apercevant un homme ivre couché par terre. Et il attrape la sac de voyage d'un couple trop encombré pour prendre garde à la fermeture des portes. Du signal, il ne perçoit qu'un grincement. Il est ici sans l'être. Paradoxal.
Si près des gens et totalement en dehors. Entre chaque station. Il ferme les yeux. Sa jambe droite oscille. Et ses lèvres se pincent. Sa tête penche légèrement, comme douloureusement vers la droite. Intensité dramatique dont personne ne saisit les ressorts.
Il n'est pas d'ici. Remarquable d'invisibilité. Comme dans une bulle.
Et. Sa bulle s'appelle musique. Dans ses oreilles, une discrète pareil d'écouteurs.
Le monde ne tourne pas de la même façon quand il marche dans son aura de gamme. Le son un peu trop fort, certes. Plus rien n'a le même sens ni la même saveur. C'est comme si les portes des sens s'ouvraient à mesure que se ferment les portes de la communication et de la sociabilité. Comme une issue sur le côté. Un monde parallèle. En alerte sensorielle et repli généralisé de la courtoisie.
La valse des utilisateurs ne faiblit pas. Métro parisien. Heure de pointe. Ils sont si proches et tellement étrangers. Extirpé des lieux communs par la partition. Retranché dans quelques souvenirs qu'évoquent inévitablement les morceaux joués en boucle. Intouchable presque. Aussi dur qu'une pseudo indifférence. Comme absent. Pourtant. Il sourit des contrôles de polices en civils. De la mine déconfite d'une grand-mère à la main leste sur le blush. Et des parades amoureuses des minots du quartier. Sa fuite n'est qu'apparente.
Une bulle musicale pour toute protection. Et pour rester connecté, un sourire. Mais plus de mot. Des filets de voix plus ou moins marqués lui parviennent. Ceux des chanteurs qui défilent dans ses oreilles. Et ceux des passagers de la rame qu'il perçoit de temps à autres. Entre chaque plages et autres éloquents silences.
Il est sorti de la ronde et de son tournis. Sensation étrange. Envoûtante. Un peu angoissante aussi. Proie et prédateur à la fois. Qu'importe. Le frisson qui le parcourt quand sa chanson favorite s'annonce, d'une tristesse marquée, est irremplaçable. Là, au milieu de la foule, son coeur s'aligne sur le rythme du morceau. Jamais il n'avait entendu sa chanson avec une telle intensité. Une jeune fille qui cherche sa place dans ce monde. Et ce monde qui littéralement court d'un point à un autre. Tout s'anamorphose. Et le transporte.

16 octobre 2007

IX.

Ils sont toujours. A toutes les stations. Dans toutes les rames. Ils se remarquent très vite. Et certains se manifestent largement. C'est toujours un peu la même rengaine. Elle lui tient la main. Ou agrippe son jean au niveau de son genou. Lui, parfois, passe son bras derrière sa nuque. Elle le tire vers elle. Elle enroule des baisers bruyants autour de son cou comme les perles d'un collier. Parfois, elle attrape sa main. Et s'esclaffe. Marque son territoire. Le lien. Elle pose ses doigts sur sa joue. L'incite à pivoter. Et le force à planter ses yeux dans les siens. Il se détourne quelques fois. Ou regarde par la vitre rayée quand elle a posé sa tête sur son épaule.
Mais eux, détonnent. Un peu. Il ne cesse de la tirer vers lui. Sa main enserre sans relâche sa hanche. Et il enfouit sa tête dans son cou. Elle. Elle ne semble pas aussi enclin que lui à la démonstration. Et à chacune de ses approches, elle renverse sa tête. Gênée ou lassée ou indifférente. Ou ... Il ne donne que très peu d'air à leurs corps. Et chacun de ses pas de côtés l'invitent à la rejoindre. Il l'a fait virveloter. Elle se prête au jeu de ce rock n' roll improvisé dans l'espace réduit de la rame. Elle ne rit pas. Se laisse faire, pantin. Elle ne proteste pas non plus. et il revient à la charge. Se contente seul. D'un baiser sans retour. Sans regard. Sans caresse. Inversion des clichés.

11 octobre 2007

VIII.

_ Papa ? C'est quoi ce mot ?
_ Lequel chérie ?
_ Mais celui-la, là.
_ Bonbon.

Et un petit garçon d'une quinzaine de mois rappelle le papa à l'ordre. Difficile de conjuger le biberon. La peluche. Le livre de la grande soeur. Son attaché case. Le sac de langes. Et les stations qui défilent sans crier gare.
La petite blonde ne demande rien. Assise sagement au fond du siège, elle tient sur ses genoux. Fermement. Un fin livre. Un magazine plutôt. Elle joue avec une mèche de cheveux. Une petite pince rose avec des paillettes la retient un peu plus haut sur son front. Elle joue avec ses pieds. Et alterne le mouvement de chacun. En cadence. Son doigt parcourt lentement les quelques lignes qui parsèment chaque page. Elle retourne soudain sa revue et du bout du doigt, désigne un mot barbare. "Clown" lui dit-il. Elle la voilà repartit dans son histoire. Le petit frère lui, gazouille. Et donne du fil à retordre à son père en gesticulant d'un plaisir dont lui seul connaît la saveur et l'origine.
Elle a du sentir que je la regardais. Elle m'observe. Du coin de l'oeil. Avec méfiance et curiosité. Et finit par répondre à mon sourire. Elle reprend sa lecture. De "Pomme d'Api", bien sûr. Comme ne l'aies-je pas reconnu plutôt. Son index bute sur un mot. Il avance et recule. S'immobilise. Et ses sourcils se froncent. Sa bouche accentue la prononciation muette des syllabes. Et elle me tend son livre. "Piscine". Un "Merci madame" accompagne son sourire. Et elle voyage de nouveau en tournant une nouvelle page.

5 octobre 2007

VII.

Ils sont là. Mais ailleurs. Ils voguent entre d'autres lignes. D'autres rails. Entre dictée et imaginaire. Entre station assise et voyage intellectuel.
Le plus plaisant ? Sans exercer trop de pression. - Il ne faudrait pas les perturber ! - Les observer du coin de l'oeil. Et surtout déchiffrer le titre de l'ouvrage. L'auteur. Opérer une petite corrélation entre le type de littérature en cours et l'allure générale du lecteur RATPiste lambda de 8h30, 13h15 ou 18h45. Raccourci tentant, certes. Voire facile. Et l'Homme est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Mais tellement délicieux ce petit jeu. Léger. Sans  conséquence autre qu'un sourire intérieur, celui de la libre fabulation sans heurt.
Certains ne voient plus rien des stations qui défilent. Et se lèvent d'un bond en pestant et en fourant leurs opus dans le fond de leurs sacs. D'autres semblent lire à peine deux phrases et surveiller frénétiquement à chaque virgule. Chaque point. La progression de la rame vers leurs stations. Parfois, certains font profiter leurs lectures à leurs voisins. Ou leurs découvertes littéraires d'un éclat de rire. D'un soupir. De leurs babillements s'échappent quelques mots. Valses des lèvres que d'autres cachent derrière leurs cheveux balançant devant leurs visages. Petite bulle pour ne perdre aucune saveur des mots alignés noir sur blanc.
Le plus amusant peut-être. Deux Lecteurs côte à côte. Ou à quelques pas. Qui ne se sont pas vus, c'est plus drôle encore. Dévorant deux livres différents d'un même auteur. Voire le même, mais c'est plus rare. L'un descend aux Halles. L'autre à Saint-Germain-des-Près, sans se saluer évidemment. Aucune connivence. Aucun conseil littéraire. Mais une même absorption dans l'univers d'un seul auteur. Surprenante familiarité. Et à Vavin leur écrivain prend place dans la rame tout juste désertée par ses mots dactylographiés. Imprimés. Lus. Aimés peut-être.

24 septembre 2006

Guillaume Vigneault.

Extrait du roman  "Chercher le vent".

"J'ai pensé à Monica. Les débuts, vacances au chalet. "Pourquoi on s'arrête ? _ Pour rien." Mauvaise réponse. "Pour te regaerder." Ca passait beaucoup mieux. "T'es con, donne-moi une cigarette". Elle dissimulait su sourire fuyant derrière sa main, regardait autour, comme si elle voyait le lac pour la première fois. "Jack... Arrête de faire des photos." Je montrerais mes mains vides. Elle savait que je faisais toujours des photos, même les mains vides. "Arrête de te souvenir de moi comme ça, à l'avance. Ca me fait peur." Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire. Elle avait raison. J'ai pris beaucoup trop de photos.

Des photographies sans appareil.
En permanence. Malgré soi.
Pour se souvenir.
Des gens, des lieux, des couleurs,
d'un lieu, d'un instant, d'une émtion...
Au cas ou aussi.

....

19 juillet 2013

Fnac Live 2013 : Oxmo Puccino

Fnac Live 2013, jour 1 c'était aussi Oxmo Puccino

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20 juillet 2013

Fnac Live 2013 : Christine and the Queens & Rokia Traoré

Le Festival Fnac Live revient sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris.
Jour 3 : Christine and the Queens et Rokia Traoré

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