Madrid #1
Cirque d'hiver Bouglione II
Cirque d'hiver Bouglione IV
Paris Fashion Week VII // Cara Delevingne
Coeur de Vies 2010 #3
http://www.coeurdevies.com
D'autres photos à venir...
Les bénévoles.

Stéphanie Fugain : http://www.laurettefugain.org/
Laurence Lemarchal : http://www.association-gregorylemarchal.com
Tour de France 2010 - Paris
Cracheurs de feu - Palais de Tokyo
« En mai, jongle ce qu’il te plait »
Rassemblements de cracheurs de feu de l’association Burn Crew Concept.
(http://www.burncrewconcept.net/)
Palais de Tokyo, Paris, 14 mai 2010.
Avec Claire, Henri & Cédric
La suite à venir...
Alice au Pays des Merveilles / Vitrines du Printemps Haussmann.
A l'occasion de la sortie d'Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton (le 24 mars)
le Printemps Haussmann dédie ses vitrines à ce pays étrange. Jusqu'au 13 mars 2010.
Toutes les images dans l'album n°51
(Images non libres de droit, merci)











Quelques articles...
LITTERATURE :
"Quitter le monde", le dernier roman doux-amer de Douglas Kennedy. (coup de coeur)
"Je le ferai pour toi" de Thierry Cohen
Le Prix de l'inaperçu s'annonce pour fin mai.
Demandez le programme : les vingt ans d'Etonnants voyageurs.
Festival du roman noir de Frontignan
THEATRE :
"Le jour de l'Italienne ou les vraies confidences" : l'amour du jeu et du hasard
Quelques articles.
MUSIQUE :
Clarika, remède anti-crise avec son dernier album : "Moi en mieux"
LITTERATURE :
Salon du livre : Dans les travées du salon du livre de Paris
Salon du livre : En avant la littérature : 29ème édition du salon du livre de Paris
Et des photos ....
L'express.fr : Choses vues au salon du livres.
http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/
Quelques articles ...
Critiques Littéraires :
Carole Zalberg "Et qu'on m'emporte" sur Culture&Cie
Agnès Abécassis "Chouette, une ride" sur Culture&Cie
(A suivre sur Culture&Cie, Chloé Delaume "Dans ma maison sous terre",
P. Sollers "les voyageurs du temps"
et sur le Buzz, Olivier Adam par monts et par vaux)
Critiques cinéma :
"Les Noces Rebelles" de Sam Mendes avec Kate Winslet et Leonardo Di Caprio sur Culture&Cie.
Actualité artistique :
Le France chez Artcurial sur Culture&Cie (avec une photo d'Henri)
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21 Juin, Paris.
Les rues des arrondissements bordant le périphérique s'animent. Bien
plus qu'à l'accoutumée. Même pour un samedi soir d'été. C'est l'heure
où le soleil chatouille la pierre. La dore d'une lueur si particulière
que les façades sembleraient presque vivantes. Le ciel, lui, vous fait
regretter d'avoir voulu sortir les mains dans les poches de votre jean.
Il manque de quoi photographier. De quoi écrire. De quoi lire. De quoi
prendre le temps sur un banc du parc déserté.
Eux, prêtent à sourire. A photographier, aussi, évidemment. A tous les
coins de rues, ils sont de sortie. Exceptionnelle, cela va de soi !
D'ailleurs, la majorité de la petite troupe éparse paraît l'avoir
compris et se démène pour profiter de cette aubaine jusqu'à la dernière
minute concédée. Beaucoup sont d'ailleurs déjà en pyjama. Peut-être
pour ne pas perdre de temps, tout à l'heure, quand la donne aura
changé. Ils prennent place, au fond des poussettes, en farandole improvisée, ou déambulant
à la queue leu leu. Sautillant malgré eux dans les bras paternels ou se
déchaînant sur un coin de trottoir aux rythmes des guitares et de la
batterie. Un morceau de Radiohead qu'ils n'avaient peut-être jamais
entendus jusqu'à ce soir gagne toutes leurs faveurs. Plus loin ils
observent, médusés, accrochés à la cuisse droite de leurs grand-mère,
leurs parents se déhancher sur un air de cornemuse bretonne. Etrange
spectacle qui les absorbent. ailleurs, ils courent partout ou
enfouissent leurs visages apeurés dans le cou de leur mère. Ils
répondent aux interjections d'un chanteur de reggae endiablé ou tirent
sur la manche de leurs grandes sœurs en pleine conversation
téléphoniques, ils veulent qu'elles leurs répètent les paroles de la
chanson de toute à l'heure, tu sais, celle de là-bas.
Et puis, quand la lumière décline, bon nombre accuse le coup. Ils sont
de plus en plus nombreux, dans le dos de leurs mères, sur les épaules
de leurs pères, à avoir fermé leurs paupières. Parfois même, malgré le
solo électrisant d'une basse, ils rêvent déjà.
Les enfants de la musique. De la fête de la musique.
Rentrée Littéraire 2008 #1
Au diable les chiffres, pour la rentrée littéraire de septembre 2008, parlons de mots.
Voilà donc quelques citations de mes coups de cœur de cette année. D'autres
suivront sans doute puisque les parutions sont échelonnées ...
Tous ces livres sont très différents. Si vous cherchiez des idées de lectures .... cela vous aidera peut-être ... Pour une critique plus complète,
rendez-vous dans les pages de Muze (septembre et octobre) et sur le
Buzz Littéraire dans les semaines à venir. Et en attendant, cliquez sur les noms des auteurs pour découvrir davantage l'histoire de son roman (quand cela est possible).
Bonne lecture de la rentrée à tous.
"On a tort de penser que la vie a raison de nos rêves. Nous
accomplissons ce que nous souhaitons profondément, sans nous en rendre
compte. Et lorsque nous avons obtenu satisfaction, nous nous plaignons.
Les rêves sont morts. Non, ils sont devenus réalité, laquelle est
forcément décevante."
Stéphanie Janicot - Dans la tête de Shéhérazade.
Ed. Albin Michel. Roman
"Je tâtai le pouls de l'individu et j'eus la confirmation de ce que je
savais. À quoi sait-on que quelqu'un est mort? Je ne suis pas médecin,
mais chaque fois que je me suis trouvé en présence d'un mort, j'ai
éprouvé une gêne très profonde, le sentiment d'une impudeur
insupportable. Toujours cette envie de dire: «Voyons, monsieur, quelle
tenue! Reprenez-vous! Si tout le monde se laissait aller comme vous!»
Quand on connaît le défunt, c'est encore pire: «Ça ne te ressemble pas
de te conduire ainsi.» Je n'évoque même pas le cas, troublant jusqu'à
l'obscène, où l'on aimait le cher disparu."
Amélie Nothomb - Le fait du Prince.
Ed. Albin Michel.
"Rocca haussa les épaules. Il pensait à Anna. Il n'avait pas l'habitude de se faire planter par une fille.
Dehors
la procession des chars avait repris. Il aperçut un vieux qui crachait
derrière, par habitude. Les Russes avaient annoncé qu'ils avaient
besoin de trente-six heures pour évacuer la ville. Tout serait bientôt
terminé.
Encore quelques heures et Budapest serait libre. Il fallait juste un peu de chance."
Danièle Georget - Une passion hongroise.
Ed. Plon.
"Quand je serai grand, je garderai la couleur du silence pour me défendre".
Fadéla Hebbadj - L'arbre ébène.
Ed. Buchet Chastel. Premier roman
"Mes mots ne supportent pas la visite, j'écoute un moment, je réponds, mais je garde mes mots qu'ils ne seront pas compris."
Claire Castillon - Dessous, c'est l'enfer.
Ed. Fayard.
"La vie n'est qu'une somme de hasards, pour ceux qui n'ont pas la chance de croire en un dieu, même simple horloger.
les coïncidences sont toutefois signifiantes.
On dit aussi qu'elles sont troublantes.
Naître
et grandir dans le Quartier latin ne prédispose pas forcément à
consacrer sa vie aux langues anciennes, mais constitue un terreau
fertile. "
Teodoro Gilbert - Les pages roses.
Ed. Buchet Chastel. Premier roman
"Un
pas devant l'autre. Quoi de plus simple. On pose un pied, le talon
d'abord, le déroule, l'autre pied se soulève alors, l'alternance est
naturelle, et la mécanique du corps, parfaitement rodée. Aucune
commande nerveuse complexe et aucun effort de notre volonté ne sont
nécessaires afin de nous porter en avant. C'est heureux : il existe des
buts que l'on n'a pas envie d'atteindre, et des chemins que l'on ne
veut pas parcourir."
Jean Mattern - Les bains de Kiraly.
Ed. Sabine Wespieser. Premier roman
"A partir d'aujourd'hui, je vais voir le visage qu'il aurait eu s'il lui
avait été donné de vieillir. Je porte mon père en moi. Ce matin, aux
aurores, je l'ai senti monter sur mes épaules comme un enfant. Il
compte sur moi dorénavant. Tout va avoir lieu aujourd'hui. J'y
travaille depuis si longtemps.Je bois doucement le café qui fume encore. Je n'ai pas peur. Je reviens
des Enfers. Qu'y a-t-il à craindre de plus que cela? La seule chose qui
puisse venir à bout de moi, ce sont mes propres cauchemars. La nuit,
tout se peuple à nouveau de cris de goules et de bruissements d'agonie.
Je sens l'odeur nauséeuse du soufre. La forêt des âmes m'encercle. La
nuit, je redeviens un enfant et je supplie le monde de ne pas m'avaler.
La nuit, je tremble de tout mon corps et j'en appelle à mon père. Je
crie, je renifle, je pleure. Les autres appellent cela cauchemar, mais
je sais, moi, qu'il n'en est rien. Je n'aurais rien à craindre de rêves
ou de visions. Je sais que tout cela est vrai. Je viens de là. Il n'y a
pas de peur autre que celle-là en moi. Tant que je ne dors pas, je ne
redoute rien."
Laurent Gaudé - La porte des Enfers.
Ed. Actes Sud.
"Muni de son sac, Eric, s'approcha de son camarade l'œil inquiet.
Il obliqua silencieusement vers la sortie de peur que Melle Colinot
n'amalgamât le comportement des compères, et ferma la porte le regard
bas, délicatement, emprisonnant à contrecoeur celui qui ne ressemblait
à personne, celui dont la différence tranchait sur l'ennui, celui dont
il ne souhait que du bien."
Ariel Kenig et Gaël Morel -New Wawe.
Ed. Flammarion.
"Il
n'eut pas le temps de résoudre ces difficiles questions qu'un fourgon,
de la taille d'une berline, sans chevaux pour le déplacer, vint
s'arrêter à sa hauteur. Une stridence, répétée sur trois notes aiguës,
s'arrêta sèchement quand le grondement du véhicule cessa. Une lanterne
bicolore, posée sur le toit, continuait de tourner sur elle-même telle
une girouette, alternant blanc et bleu. Sur le caisson - on ne sait
quel terme employer pour désigner un tel attelage -, les mots "samu
social" s'étalaient. Candide connaissait le terme "social" dont
l'utilisation devenait un peu plus ffréquente depuis les travaux de
l'encyclopédie.
Mais "samu" ? Est-ce du roumain ? s'interrogea-t-il.
Paul Melki - Au paradis de Candide.
Ed. Calmann-Lévy.
Et encore ...
Nicolas Texier - Pôle Sud. Ed Gallimard.
Colombe Schneck - Val de Grâce. Ed. Stock
A suivre, peut-être ...
Tous droits réservés aux auteurs cités.
Première sélection de l'Académie Goncourt.
En lice pour le prix Goncourt... L'attribution aura lieu le lundi 5 novembre.
Olivier Adam : "A l'abri de rien" (L'Olivier)
Pierre Assouline : "Le portrait" (Gallimard)
Philippe Claudel : "Le rapport de Brodeck" (Stock)
Marie Darrieussecq : "Tom est mort" (P.O.L.)
Vincent Delecroix : "La chaussure sur le toit" (Gallimard)
Delphine De Vigan : "No et moi" (J.C. Lattès)
Michèle Lesbre : "Le canapé rouge" (Sabine Wespieser)
Clara Dupont-Monod : "La passion selon Juette" (Grasset)
Yannick Haenel : "Cercle" (Gallimard)
Gilles Leroy : "Alabama Song" (Mercure de France)
Amélie Nothomb : "Ni d'Eve ni d'Adam" (Albin Michel)
Olivier et Patrick Poivre d'Arvor : "J'ai tant rêvé de toi" (Albin Michel)
Grégoire Polet : "Leurs vies éclatantes" (Gallimard)
Lydie Salvayre : "Portrait de l'écrivain en animal domestique" (Seuil)
Olivia Rosenthal : "On n'est pas là pour disparaître" (Verticales)
Alors ? A votre avis, qui remportera le Goncourt ?
VI.
Soudain. La foule se fait plus oppressante. Le monsieur à gauche recule sur les pieds des autres usagers. Et se penche vers le bas. Un râle et une remontrance se mêlent à l'incompréhension à travers les souffles des voyageurs sommés de s'écarter alors que manque la place. A deux pas de là, d'autres ne s'aperçoivent pas de ce mouvement. Et de nouveau. Tous s'agitent vivement. Un homme tombe. Ils l'interpellent. Le questionnent. Le tiennent en éveil. Ses yeux tournent vers le haut. Sa main glisse sur la rambarde centrale. Ses genoux plient. Dans sa main, le cartable ne bouge pas. Comme une bouée, il s'accroche au cuir. Malaise. Et ses yeux épient sans cesse les visages de ceux qui lui parlent. Quelques uns se précipitent pendant que d'autres reculent. De l'attention et de l'air. Soutenu, l'homme laisse les dernières forces le fuir. Un autre homme, en costume, cravate et serviette le maintient tant bien que mal. Ses bras sous les aisselles du fragile inconnu. Et les secouristes improvisés assoient le chétif voyageur. Il ne dit rien. Sauf, "la tête". "Ma tête", souffle-t-il encore une fois avant que des passagers ne le hissent sur le quai pour qu'il attrape au vol un courant d'air. Debout, il ne s'enhardit à aucun mouvement. Son regard, une fois encore, se tourne vers le métro qui démarre dans un indifférent élan mécanique. Appréhension et soulagement tintent ses yeux d'une lueur particulière que je ne sais abandonner. La rame plonge dans l'obscurité d'un tunnel...
IV.
Présent. Mais extérieur. Comme protégé. Mis hors de portée. Le métro freine. Un
homme lui écrase les pieds. Et rien ne traverse ses yeux. Seule sa main se lève
pour conjurer les excuses du voyageur piétineur. Il tangue. Petit. Il ne
dépasse pas le flot des voyageurs. Sans pouvoir se tenir. Il se maintient. Ses
jambes se raidissent. Ses doigts de pieds se crispent. Quand le conducteur
freine. Oppressé par les autres voyageurs. Il s'imbrique dans les autres. Pièce
du puzzle. Manquant. Au contour flou. Il est déjà repartit. Dans sa bulle.
Loin. Au milieu pourtant.
Une autre rame. Debout, derrière une jeune fille il sourit. Elle souffle sur la
fausse fourrure verte du col d'une personne âgée devant elle. Comme les blés et
le vent. Les poils synthétiques se couchent. Son sourcil se fronce en apercevant
un homme ivre couché par terre. Et il attrape la sac de voyage d'un couple trop
encombré pour prendre garde à la fermeture des portes. Du signal, il ne perçoit
qu'un grincement. Il est ici sans l'être. Paradoxal.
Si près des gens et totalement en dehors. Entre chaque station. Il ferme les
yeux. Sa jambe droite oscille. Et ses lèvres se pincent. Sa tête penche
légèrement, comme douloureusement vers la droite. Intensité dramatique dont
personne ne saisit les ressorts.
Il n'est pas d'ici. Remarquable d'invisibilité. Comme dans une bulle.
Et. Sa bulle s'appelle musique. Dans ses oreilles, une discrète pareil
d'écouteurs.
Le monde ne tourne pas de la même façon quand il marche dans son aura de gamme.
Le son un peu trop fort, certes. Plus rien n'a le même sens ni la même saveur.
C'est comme si les portes des sens s'ouvraient à mesure que se ferment les
portes de la communication et de la sociabilité. Comme une issue sur le côté.
Un monde parallèle. En alerte sensorielle et repli généralisé de la courtoisie.
La valse des utilisateurs ne faiblit pas. Métro parisien. Heure de pointe. Ils
sont si proches et tellement étrangers. Extirpé des lieux communs par la
partition. Retranché dans quelques souvenirs qu'évoquent inévitablement les
morceaux joués en boucle. Intouchable presque. Aussi dur qu'une pseudo
indifférence. Comme absent. Pourtant. Il sourit des contrôles de polices en
civils. De la mine déconfite d'une grand-mère à la main leste sur le blush. Et
des parades amoureuses des minots du quartier. Sa fuite n'est qu'apparente.
Une bulle musicale pour toute protection. Et pour rester connecté, un sourire.
Mais plus de mot. Des filets de voix plus ou moins marqués lui parviennent.
Ceux des chanteurs qui défilent dans ses oreilles. Et ceux des passagers de la
rame qu'il perçoit de temps à autres. Entre chaque plages et autres éloquents
silences.
Il est sorti de la ronde et de son tournis. Sensation étrange. Envoûtante. Un
peu angoissante aussi. Proie et prédateur à la fois. Qu'importe. Le frisson qui
le parcourt quand sa chanson favorite s'annonce, d'une tristesse marquée, est irremplaçable.
Là, au milieu de la foule, son coeur s'aligne sur le rythme du morceau. Jamais
il n'avait entendu sa chanson avec une telle intensité. Une jeune fille qui
cherche sa place dans ce monde. Et ce monde qui littéralement court d'un point à
un autre. Tout s'anamorphose. Et le transporte.
IX.
Ils sont toujours. A toutes les stations. Dans toutes les
rames. Ils se remarquent très vite. Et certains se manifestent largement. C'est
toujours un peu la même rengaine. Elle lui tient la main. Ou agrippe son jean
au niveau de son genou. Lui, parfois, passe son bras derrière sa nuque. Elle le
tire vers elle. Elle enroule des baisers bruyants autour de son cou comme les
perles d'un collier. Parfois, elle attrape sa main. Et s'esclaffe. Marque son
territoire. Le lien. Elle pose ses doigts sur sa joue. L'incite à pivoter. Et
le force à planter ses yeux dans les siens. Il se détourne quelques fois. Ou
regarde par la vitre rayée quand elle a posé sa tête sur son épaule.
Mais eux, détonnent. Un peu. Il ne cesse de la tirer vers lui. Sa main enserre
sans relâche sa hanche. Et il enfouit sa tête dans son cou. Elle. Elle ne
semble pas aussi enclin que lui à la démonstration. Et à chacune de ses approches,
elle renverse sa tête. Gênée ou lassée ou indifférente. Ou ... Il ne donne que
très peu d'air à leurs corps. Et chacun de ses pas de côtés l'invitent à la
rejoindre. Il l'a fait virveloter. Elle se prête au jeu de ce rock n' roll
improvisé dans l'espace réduit de la rame. Elle ne rit pas. Se laisse faire,
pantin. Elle ne proteste pas non plus. et il revient à la charge. Se contente
seul. D'un baiser sans retour. Sans regard. Sans caresse. Inversion des
clichés.
VIII.
_ Papa ? C'est
quoi ce mot ?
_ Lequel chérie ?
_ Mais celui-la, là.
_ Bonbon.
Et un petit garçon d'une quinzaine de mois rappelle le papa à l'ordre.
Difficile de conjuger le biberon. La peluche. Le livre de la grande soeur. Son
attaché case. Le sac de langes. Et les stations qui défilent sans crier gare.
La petite blonde ne demande rien. Assise sagement au fond du siège, elle tient
sur ses genoux. Fermement. Un fin livre. Un magazine plutôt. Elle joue avec une
mèche de cheveux. Une petite pince rose avec des paillettes la retient un peu
plus haut sur son front. Elle joue avec ses pieds. Et alterne le mouvement de
chacun. En cadence. Son doigt parcourt lentement les quelques lignes qui
parsèment chaque page. Elle retourne soudain sa revue et du bout du doigt,
désigne un mot barbare. "Clown" lui dit-il. Elle la voilà
repartit dans son histoire. Le petit frère lui, gazouille. Et donne du fil à
retordre à son père en gesticulant d'un plaisir dont lui seul connaît la saveur
et l'origine.
Elle a du sentir que je la regardais. Elle m'observe. Du coin de l'oeil. Avec
méfiance et curiosité. Et finit par répondre à mon sourire. Elle reprend sa
lecture. De "Pomme d'Api", bien sûr. Comme ne l'aies-je pas reconnu
plutôt. Son index bute sur un mot. Il avance et recule. S'immobilise. Et ses
sourcils se froncent. Sa bouche accentue la prononciation muette des syllabes.
Et elle me tend son livre. "Piscine". Un "Merci
madame" accompagne son sourire. Et elle voyage de nouveau en tournant
une nouvelle page.
VII.
Ils sont là. Mais ailleurs. Ils voguent entre d'autres
lignes. D'autres rails. Entre dictée et imaginaire. Entre station assise et
voyage intellectuel.
Le plus plaisant ? Sans exercer trop de pression. - Il ne faudrait pas les
perturber ! - Les observer du coin de l'oeil. Et surtout déchiffrer le titre de
l'ouvrage. L'auteur. Opérer une petite corrélation entre le type de littérature
en cours et l'allure générale du lecteur RATPiste lambda de 8h30, 13h15 ou
18h45. Raccourci tentant, certes. Voire facile. Et l'Homme est bien plus
complexe qu'il n'y paraît. Mais tellement délicieux ce petit jeu. Léger.
Sans conséquence autre qu'un sourire intérieur, celui de la libre fabulation
sans heurt.
Certains ne voient plus rien des stations qui défilent. Et se lèvent d'un bond
en pestant et en fourant leurs opus dans le fond de leurs sacs. D'autres
semblent lire à peine deux phrases et surveiller frénétiquement à chaque
virgule. Chaque point. La progression de la rame vers leurs stations. Parfois,
certains font profiter leurs lectures à leurs voisins. Ou leurs découvertes
littéraires d'un éclat de rire. D'un soupir. De leurs babillements s'échappent
quelques mots. Valses des lèvres que d'autres cachent derrière leurs cheveux balançant
devant leurs visages. Petite bulle pour ne perdre aucune saveur des mots
alignés noir sur blanc.
Le plus amusant peut-être. Deux Lecteurs côte à côte. Ou à quelques pas. Qui ne
se sont pas vus, c'est plus drôle encore. Dévorant deux livres différents d'un
même auteur. Voire le même, mais c'est plus rare. L'un descend aux Halles.
L'autre à Saint-Germain-des-Près, sans se saluer évidemment. Aucune connivence.
Aucun conseil littéraire. Mais une même absorption dans l'univers d'un seul
auteur. Surprenante familiarité. Et à Vavin leur écrivain prend place dans la
rame tout juste désertée par ses mots dactylographiés. Imprimés. Lus. Aimés
peut-être.
Guillaume Vigneault.
Extrait du roman "Chercher le vent".
"J'ai pensé à Monica. Les débuts, vacances au chalet. "Pourquoi on s'arrête ? _ Pour rien." Mauvaise réponse. "Pour te regaerder." Ca passait beaucoup mieux. "T'es con, donne-moi une cigarette". Elle dissimulait su sourire fuyant derrière sa main, regardait autour, comme si elle voyait le lac pour la première fois. "Jack... Arrête de faire des photos." Je montrerais mes mains vides. Elle savait que je faisais toujours des photos, même les mains vides. "Arrête de te souvenir de moi comme ça, à l'avance. Ca me fait peur." Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire. Elle avait raison. J'ai pris beaucoup trop de photos.
Des photographies sans appareil.
En permanence. Malgré soi.
Pour se souvenir.
Des gens, des lieux, des couleurs,
d'un lieu, d'un instant, d'une émtion...
Au cas ou aussi.
....
Fnac Live 2013 : Christine and the Queens & Rokia Traoré
Le Festival Fnac Live revient sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris.
Jour 3 : Christine and the Queens et Rokia Traoré
































































