Quand le métro dort ...
Quelques pas. Les premières discussions embrumées du matin bousculent les deux immeubles qui jalonnent la rue. A quelques pas de là, des talons résonnent. Une course folle à pas cadencés débute. Doucement. Pour prendre le temps de surprendre Paris dans sa torpeur. La nuit et le jour sont encore unis et aucun ne veut céder sa place. Le temps n'a pas d'importance. Le tour est joué. Le point marqué. Couchée tard. Levée tôt. Avant même que ne chantonne le réveil. Pour filer plus vite encore dévorée Paris. L'œil aux aguets. La peau à fleur. Et Paris tient ses promesses.
De rues en boulevards. De quartiers en arrondissements. Si peu de bruit et tant de mélodies. Rares sont ceux qui ont passé la porte de leurs intimités. Ils se dessinent parfois à coup de silhouettes en contre jour sur des lumières tamisées. Les fenêtres s'éclairent peu à peu. De part et d'autre de l'échiquier parisien. Tout semble au ralenti. Même les monuments ont perdu leurs habits de lumière. la pénombre plane. La simplicité aussi. Le faste de Paris n'en est pas moins à son apogée.
Peu à peu les âmes s'ébrouent sur les pavés. Aux angles des rues apparaissent des hommes en costume. Des femmes en trench coat. La pluie guette. Puis tombe. Elle s'amuse à reluire le bitume. Et se moque des éclats des réverbères comme si prennent pour des étoiles. De plus en plus de phares apparaissent. De personnes aussi. A-t-on déjà vu autant de parisiens dans les rues à l'aube d'un mercredi de novembre ? peut-être pas. Mais quand le métro dort et que les agents de la Ratp somnolent au fond de leurs lits, les parisiens marchent. Et quand Paris s'éveillent et que les lampadaires cessent de diffuser leurs halos, les parisiens arrivent à bon port avec davantage de magie dans les yeux que celles des publicités dans les couloirs des métros bondés.
Si cela ne tenait qu'à moi, je supprimerais les quatre, cinq heures de sommeil qu'il reste pour épier Paris. Du crépuscule à l'aube. Pour suivre les parcours lumineux des monuments. Qui à 02h cessent de jouer les beautés parisiennes et sombrent dans l'anonymat de la pierre. Et jusqu'à ce que l'électricité se fasse la belle à quelques heures de là. J'observerai Paris respirer dans son sommeil.






















































