Clin d'oeil.
Petit clin d'oeil... Une note que je viens de découvrir et qui me plaît bien.
Une note de Bertrand Guillot, auteur d'Hors-Jeu (aux éditions Dilletante)
et auteur des blogs secondflore et de prixdeflore2006.
Post à une jeune inconnue
- Monsieur, il y a une demoiselle dans le coin, là-bas, qui est très importunée par vos regards incessants.
- Je peux reprendre un café ? Et un verre d’eau, s’il vous plaît.
- Tout de suite. Vous voulez bien changer de table ?
- Oui, bien sûr…
- La jeune femme en sera ravie.
- Vous en êtes sûr ?
- Certain, Monsieur.
- Eh bien, c’est inespéré. Mais je n’osais pas…
- C’est moi qui vous le demande, Monsieur.
- Dans ce cas. C’est que je n’osais pas… lui demander de me joindre à sa table. Elle est avec ses amis, vous comprenez.
- …
- Vous préférez que je lui demande moi-même, si je comprends bien ?
- Je préférerais surtout que vous ne fassiez pas d’histoires.
- Aïe ! Là, vous me posez un problème. Parce que, voyez-vous, moi, je suis là pour ça.
- En ce cas, je crois que nous n’allons pas nous entendre.
- C’est possible. Vous m’apporterez tout de même mon café ?
- A condition que…
- A vos conditions. Je vais prendre une bière aussi, à la place du verre d’eau.
- A cette table ?
- A cette table.
Il repart avec son plateau. Je le suis des yeux : il discute avec son patron, derrière le bar, hoche la tête et actionne sa tireuse en me jetant un regard en coin. Je lui souris, mais il a déjà tourné la tête, de l’autre côté de la salle. Puis il revient, décidé.
- Un café et une pression. Je vais servir la table de la demoiselle. Si elle me demande de vous changer de table, je...
- Et si je vous demande de lui passer un message ?
- Je vous demanderai de rester sage.
-
N’ayez crainte ! Si vous m’apportez deux autres sous-bocks, je vous
promets qu’il n’y aura pas d’histoire. Plus ici, en tout cas.
Mademoiselle,
La première fois que je vous aie vue dans ce café, c’est la façon dont vous teniez votre cigarette qui m’a attiré.
La deuxième, c’était votre rire.
Dès
que je n’avais plus d’idée, je me tournais vers vous. Je commandais un
autre verre avant que vous ne partiez. Puis je reprenais mon stylo, et
tout revenait.
Je ne vous ai pas mise dans mes histoires, mais elles
vous doivent beaucoup. Sans vous, qui sait, elles auraient pris une
autre direction.
Aujourd’hui, vous venez de me donner la fin de ce
recueil. Je voulais que vous le sachiez, on donne souvent sans s’en
rendre compte.
Merci pour tout, et à bientôt !
Ailleurs, sans doute.
Je suis très fidèle.
X
-
Garçon ! Vous voudrez bien porter ce message à la demoiselle ? Vous
pouvez le lire, si vous avez peur… Et tenez : offrez-lui aussi mon
verre, s’il vous plaît. Je vais vous prendre une coupe de champagne.
- Vous êtes un excentrique.
- Pas tant que ça. Oh, et attendez ! Deux coupes, s’il vous plaît.
Messieurs les Dragueurs, prenez-en de la graine.
Une bonne dose !!
Miss France 2008, the show !
Miss France 2008, the show
ou le comble du ringard à la sauce contemporaine.
Et en avant pour la 26e édition...
En direct du Kursaal de Dunkerque, le Comité Miss France, TF1 et tous
leurs partenaires sont à pieds d'œuvre pour retransmettre la compétition de 36
demoiselles qui briguent la couronne de Miss France 2008. Elles rêvent
toutes, je cite, de réaliser leur désir de petite fille : devenir la princesse Miss
France. Pour cela, ce soir, il faudra ravir l'écharpe à Rachel Legrain-Taprani,
Miss 2007. Le but des unes, redonner un coup de jeune et du dynamisme à
l'ancestrale Miss France. Des autres, incarner à leur tour "l'élégance à
la française", qui c'est bien connu rime avec costume. Toutes les jeunes
femmes, entre 18 et 24 ans, sortent valser la nuit venue (tout en prenant garde
à respecter le couvre-feu fixé par Père et à embrasser Mère avant de passer la
porte), dans leurs apparats régionaux ou en maillot de bain et exècrent
le string. Of course Darling ! Tout cela est très représentatif de la jeunesse
française, vous en conviendrez. Mais soyons réaliste, le seul traitement des
images, la tournure des quelques phrases échangées par les maîtres de cérémonie
entre deux tours de piste de leurs poulains réduisent à néant le coup de
jeunesse que voudraient donner ces jeunes femmes... et l'entreprise Miss
France... Le compromis "vivre dans son temps et dans le respect des
traditions, des bonnes mœurs" ne trouve pas son équilibre. Tout cela vire
au comique. Surtout si l'on regarde l'ensemble (décor, tenue des invités, du
jury, éclairages...) Et oui Geneviève, votre chapeau noir et blanc (ou blanc et
noir, c'est selon) et votre rire ne sont plus les seuls à faire sourire les
téléspectateurs du samedi soir en manque de programme intéressant.
Cette année, Geneviève, JP & Co. ont visé très haut ! et livrent un défilé
du plus mauvais goût. Geneviève De Fontenay attaque très fort avec ses
habituelles, mais toujours aussi surprenantes et hilarantes interjections.
Patri(iiii)ck Bruel, président du jury pour cette édition 2008, aura eu bien du
mal à "déclarer ouverte" cette émission (oups, lapsus), cette
cérémonie bien entendu... Jean-Pierre Foucault, égale à lui-même dans son rôle
de pilier défraîchi du PAF n'en prend même plus note. Il se contente de réciter
ses petites fiches et de les ponctuer de sourires des plus soutenus.
En ce 08 décembre 2007, les demoiselles se voient miroiter la place de
"l'héroïne" des français. Et pour accéder à cette estrade tant
convoitée, les 36 trente six prétendantes rivalisent de ... manque
d'originalité... Et oui, malheureusement. La preuve par la vidéo... Les
concurrentes sont présentées, dans un premier temps, par vague de 12 portraits
filmés. Et là, patatra... Une redondance d'adjectifs qualificatifs agacent nos
oreilles... Et évidemment, toutes seraient parfaites pour monter en haut de
l'affiche Miss France 2008. Enfin, surtout sur les couvertures des journaux
télé des semaines à venir et des affiches municipales de la Foire au Cochon.
(Leur a-t-on dit ? Zut, j'ai gaffé. )
La palme revient au staff Miss France. Surtout en matière de choix musicaux sur
les reportages vidéos ! Des images lisses (pour ne pas dire policées), des
discours bien pensants et louables et des morceaux qui se veulent
"djeunes", dans l'air du temps, fédérateurs intergénérationnels
(d'autant que les saynètes sont un hommage à Dalida, disparus depuis 20 ans) La
petite dernière chantonnera Christophe Willem, la cadette rira d'entendre
plusieurs "tubes" de Britney Spears (dont le dernier "Give Me
More" - est-ce vraiment flatteur d'ailleurs ?) et son grand-frère un brin
anarchiste fustigera le petit écran de reprendre une fois encore Moby à des
fins commerciales. Les parents eux rythmeront ces morceaux déjà entendus dans
la cohue de leurs murs et reprendront en chœur les paroles de l'idole de leurs
folles années. Un petit coup de Feist, de Désirless remixée par le très
tendance mais pas trop DJ Abdel , du Johnny national en préretraite annoncée,
en live, s'il vous plaît, et voilà ... Tout un programme... Soit. Et qui a coup
sûr, quoique kitsch, d'un goût douteux, brabant voire soporifique, Miss France
2008 récoltera le plus fort taux d'audience de ce samedi soir face aux images
du Téléthon. Ainsi va la France, et la représentation vieillie de son élégance.
Allez, je vous laisse apprécier le maquillage bleu (les yeux), blanc (le teint)
rouge (les lèvres) de la Reine Mère Geneviève.
Miss France est morte. Vive Miss
France...








