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Through : voir le monde à travers un objectif

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5 septembre 2007

Chaises volantes II.

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2 septembre 2007

I.

solitude_metroDébarquer à Paris. La capitale. Celle du tumulte. Presque jour et nuit. Même s'il est possible de la surprendre à l'aurore. En marchant sur la pointe des pieds, les matins du Jour de l'An. Paris. La grande ville que l'on regarde de loin depuis sa campagne. La ville des amoureux. De la culture. Des monuments. De l'Histoire royale. Du passé inscrit aux frontons des immeubles anciens. De la jeunesse en mouvement incessant. Du pouvoir politique. De la mode. De l'avant-garde gay. Des paradis artificiels. Des expériences et de la découverte. Des touristes et leurs appareils photo. Des flâneurs et des stars du showbiz. ... De l'étonnement perpétuel en somme. Surtout pour une petite provinciale qui brise les carcans des frontières familiales. Paris. Oui, la grande ville. A nos pieds. D'une ligne de RER à un parcours de "green bus". Presque 400 stations pour 16 lignes de métro, 5 de RER. Et 3 de tramways. Sans compter les lignes de bus et les rues comme des invitations aux voyages sans fin.
Commencer par se perdre. Une fois au moins. Sur un quai de RER. Avec 15 kilos de bagages superflus et un portable qui sonne en même temps que tombe les sacs. Une voix devenue familière. Un "Bienvenue à Paris". Qui raisonne encore. Laisse espérer. Mais pour le moment, c'était l'heure où Paris menait la danse. Bien sûr, s'il existe plusieurs arrêts pour une même destination, cela complique les choses. Après, se sera la revanche sur Fulgence Bienvenüe et sa construction de la ligne1, débutée en 1899. Lui tirer la langue en faisant des parcours entiers les yeux fermés. Reconnaître le virage annonçant Bastille et sa vue sur l'arsenal. La lente progression vers la Place des Fêtes et son ralentissement, l'odeur de Vavin, la durée entre la station Champs Elysées et Concorde, l'emplacement sur le quai du RER B, à Châtelet pour sortir droit en face des marches, les oscillations de la ligne 14 ... ... ...
Que serait Paris sans son dédale de la Ratp. Ses sous-sols percés de part en part. Ses rames de métro qui se croisent. Avec leurs 2 813, 2 millions voyageurs en 2005. Ses conduits qui se superposent. S'empilent sans jamais se toucher. Se rapprochent puis dévient à l'autre bout de l'itinéraire. Ses wagons mis bout à bout où se jouent des drames ou des morceaux de Mozart sans éveiller aucun soupçon pour les voyageurs de la voiture suivante. Tant de vies. Tant d'histoires. Côte à côte. Qui se frôlent autour d'une barre centrale. Qui se côtoient et se donnent la réplique sur des strapontins tagés. Se sourient. Parfois conversent. Lisent un Pomme d'Api en choeur. Ou s'indiquent une rue. Là-haut, sur terre. Quelques fois se disputent aussi. Se narguent. S'attaquent. Le plus souvent se calfeutrent dans un livre. Dans la contemplation méthodique de la pointe droite de leurs chaussures. Ou se murent dans le silence d'un mp3, volume au maximum. Qui noient leurs regards dans l'obscurité des tunnels.
Tant d'existences imprenables. Parfois rieuses. Parfois songeuses ou en larmes. Ces âmes effleurées. Observées du coin de l'oeil. Oubliés au détour d'un couloir de correspondances. Ces visages que l'on croise systématiquement dans le métro. Qui vivent à deux pas de chez soi, mais que jamais nous ne voyons à la lumière naturelle.
Tant de vies qui nous échappent. Pas plus qu'un frisson. Qu'une odeur, quelques fois subie en été et qui participera à la réputation du métro. Des vies les unes sur les autres, barricadées. Par la langue, les a priori, la timidité, les peurs, le manque de temps et d'envies. Des vies en transit. D'un point à l'autre. Dont on ignore tout. Ces couples, ces parents, ces jeunes hommes en costume, ces demoiselles à la sortie du lycée qui répondent aux signaux de ces damoiseaux frétillants, ces dames âgées qui ont gantées leurs mains de sac plastique, ces marginaux qui se sont habillés de couleurs criardes, demandant ou non, un ticket resto, une clope, un peu d'égard, ces hommes encravatés qui relisent le dossier à défendre au bout de la ligne, ces accidents de personnes, ces enfants qui hurlent en même temps que la sonnerie de la porte, ces rencontres le temps de quelques stations, ces crises de jalousie exposés aux usagers, ces bribes de conversation téléphoniques à sens unique dont on joue à imaginer les réponses ou la teneur, ces engueulades, ces scènes de théâtre, ces lecteurs avides qui ne lâchent pas des yeux les pages de leur roman même dans les couloir et qui croisent sans s'en rendre compte leurs auteurs dans la rame, ces bambins qui déchiffrent le parcours sur les panneaux indicateurs ... ... ...
Tant de vies englouties toutes les trois minutes dans des rames entières.
Tant de vies. Comme par enchantement apparaissent et disparaissent sans laisser de trace. Ni d'indice.

Embarquez Mesdames et Messieurs.
Attention, fermeture des portes.
Prenez garde à la fermeture des portes.
Prochain arrêt dans trois minutes.

30 août 2007

Unamed.

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28 août 2007

Petite Canaille.

bebe_yeux

26 août 2007

Van Hove revisité.

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Création Aurélie.

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25 août 2007

L'homme aux papillons.

papillons

25 août 2007

Décoration.

deco_table_mariage

24 août 2007

Graffeur parisien II.

graf2


graf2_copie

23 août 2007

Dans la cour d'Amélie Nothomb.

nothomb_gRentrée Littéraire.
Amélie Nothomb. Ni d’Eve ni d’Adam.
Editions Albin Michel.

Dédicace et rencontre.
Virgin Megastore des Champs-Elysées. Paris. 8e.

Mercredi 22 Août 2007.

 

Chaque année, Amélie Nothomb ouvre le grand défilé de la rentrée littéraire. A compter de ce jour et dans un laps de deux mois, 727 romans – dont 493 français - vont envahir les étals des librairies. Dès la parution de son roman, l’écrivain belge prend place dans l’arène du Virgin Mégastore des Champs Elysées. Un rituel bien huilé qu’aucun fan qui se respecte ne rate. Cette année encore, elle était au rendez-vous, coupe de champagne en main, of course ! Cela dit, elle était loin d’être seule !


            Une séance de dédicaces d’Amélie Nothomb évoque une chanson. La Mamma de Charles Aznavour.  Avec cette mythique intro « Ils sont venus. Ils sont tous là. Dès qu’ils ont entendu son cri. » … En remplaçant cri par rire… Le communicatif et franc rire de l’écrivain est souvent comparé à celui du commentateur sportif Thierry Roland. Le rapprochement s’arrête là. La romancière n’ayant rien en commun avec une mamma italienne ! Ses fans, en revanche, ont tout de la groupie,avec heureusement, différents degrés.
       Les plus acharnés patientent dès le matin pour … Bonne question ?! La file d’attente ne se mettant en place qu'aux alentours de 15h alors que leur égérie n’entre en scène qu’à 18h. A l’arrivée de la super star du cahier de brouillon et du stylo bille environ 400 personnes s’agglutinent dans les moindres recoins du supermarché de la culture. Si les demoiselles sont en nombre, les hommes ne sont pas en reste et les âges varient grandement. Dans cette foule, des amoureux des mots, des lecteurs de la première heure, certains osent une critique ou déprécier tel ou tel roman, d’autres disent amen à toutes les parutions, des pré adolescents bruyants ou tirés à quatre épingles, des retraités, des travailleurs RTTistes pour l’occasion, des banlieusards pestant contre le RER en retard qui leur a fait perdre dix places, des doublures - vestimentairement parlant-, des curieux qui passaient par là, des mères de famille, appareil photo en main et les éternels habitués présent à chaque dédicace du début à la fin. Attention, si le rideau noir estampillé Virgin bouge encore alors que les dédidaces ont pris fin, c’est qu’Amélie Nothomb est peut-être encore là. Vous êtes sûrs alors, de les voir se tordre le cou pour tenter de vérifier cette information intuitive. Ne sait-on jamais…
Cette année, nul lecteur offensé par les écrits d'Amélie Nothomb ne semble avoir pris place dans les rangs de cette masse impatiente. Peut-être dans la boîte aux lettres d'Albin Michel, comme cela arrive parfois...
   Parmi la foule quelques spécimens se détachent. Visage peint en blanc. Tenue intégralement noire. Eye-liner débordant et lèvres agrandies à coup de pinceau écarlates. Couettes éparses. Mitaines rayées rouge et noir, semblables à celles d’Amélie Nothomb sur la couverture du roman, signée par le photographe Jean-Baptiste Mondino. Et autres chapeaux et vêtements aux accents gothiques. Evidemment, quand les caméras « Des livres de la 8 » (l’émission littéraire de Direct 8 animée par François Busnel, également directeur de la rédaction du magazine Lire) et de Campus (le programme littéraire présenté par Guillaume Durant sur France2) filment ils sont les premiers à être interviewés. Mais la tenue n’influence pas le discours. Tous aiment. Non, pardon, adorent ! Stupeur et Tremblements (roman publié en 1999, récompensé du Grand Prix du roman de l’Académie Française la même année) rafle la première place de leur top. Suivent, tous chez Albin Michel, Métaphysique des tubes (2000), Hygiène de l’assassin (1992, premier roman d’Amélie Nothomb, Prix René Fallet). A noter tout de même que les romans fortement autobiographiques, comme Biographie de la Faim (2004) sont les plus cités et les plus sollicités. (Amélie Nothomb choisit volontairement de sous-titrer ses œuvres « roman » et non « autobiographie ». En bonne philologue, elle connaît l'étymologie et les multiples sens d'un nom commun. Elle regroupe sous ce terme toutes les acceptions du ce mot. Soit, un sens très large, un brin fourre-tout. ) Quant à expliquer ce qui leur plaît dans l’écriture d’Amélie Nothomb, les admirateurs adoptent le plus souvent la position de la carpe - animal honni de l’auteur - bouche ouverte sur un long « euh ? ». Exercice certes délicat que d’identifier ce qui séduit chez un auteur. Et les caméras n’arrangent rien. Incontestablement, ils finissent par s’accorder sur quelques points. Elle a un style bien à elle, ses histoires les happent et les surprennent, les sujets sont originaux  et le tout est très accessible.nothomb
         Durant les heures d’attente, certains lisent Ni d’Eve ni d’Adam. D’autres préfèrent se réserver un coin de silence et le plaisir d’interrompre leur lecture pour alimenter leur plaisir avec chaque jour quelques chapitres. Certes, les romans de l’écrivain belge ne sont pas les monuments de 900 pages de Jonathan Littell (Les bienveillantes, 2006, prix Goncourt, Grand Prix du roman de l'Académie Française). La parcimonie est de rigueur pour que dure le bonheur de plonger dans l’univers d’Amélie Nothomb ! Ceux qui étaient à l’ouverture d’une quelconque librairie tôt le matin même, se targuent de l’avoir terminé dans les transports et s’étendent abondamment sur les passages croustillants ou émouvants, en livrant le meilleur à leurs voisins ébahis ou envieux. Plus tard, se sont eux, éclairés par leur lecture préalable, qui opinent du chef pour accompagner la lecture à voix haute de l’intervieweur, pour confirmer ou infirmer ses commentaires. Tous cela se passe dans un joyeux chaos… Mais quand Amélie Nothomb – sans chapeau au grand regret de ceux qui la réduisent à cela - escalade enfin l’estrade du Virgin, tous se taisent et boivent avec ferveur ses paroles comme elle son champagne, arrosé cette année par la condensation. A la vôtre !        
      Depuis ce matin, sont en ligne sur les blogs des groupies photos, vidéos et commentaires sur cette rencontre. Les plus impudiques livrent jusqu’aux mots échangés avec celle qu’il idolâtres. Etrange ?!
Qu'ils gardent religieusement pour eux ces quelques minutes auraient été moins surprenant.
        Nul doute que tous les lecteurs d’Amélie Nothomb seront ravis cette année encore avec Ni d’Eve ni d’Adam. Elle remonte le temps jusqu’à l’époque de Stupeur et tremblements, pour livrer une autre facette de cette période et de sa personnalité. A l’honneur, des histoires de cœur. Coeur tiède pour Rinri, un jeune tokyoïte avec lequel elle vit une brève aventure. Cœur brûlant pour le Japon et son emblématique Mont Fuji.
        Ses admirateurs tenteront certainement d’analyser la femme Amélie Nothomb, et non seulement l’écrivain. La qualité littéraire étant au programme, il faut bien se nourrir de plus encore. Mais attention aux mauvaises interprétations ! La piste qui mène au cœur de la romancière est mince et les neiges du secret mi-dévoilé mi-dissimulé recouvrent rapidement les traces qu’elle a abandonnées entre les lignes. En revanche, si vous désirez connaître les six plus belles heures d’Amélie Nothomb, ruez-vous en librairie ! Vous ne le regretterez pas, c’est un excellent roman.


an

 

23 août 2007

Vive les mariés IV.

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