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Through : voir le monde à travers un objectif

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16 avril 2008

Festival Chorus III. Portrait d'Alain Bashung.

IMGP0750Baigné de bleu. Trônant sur un siège haut, au devant de la scène. Guitare sèche à la main. Alain Bashung semble perdu. En déséquilibre. Prêt à tomber au moindre mouvement. Et dans le même temps, en parfait accord avec lui-même. Alain Bashung, l’ambivalence, l’insaisissable. Il s’est fait désirer, une fois le noir tombé sur la salle de spectacles de la Défense. Conscient de son rôle, de l’attente du public qui ne cesse de l’applaudir, il se glisse néanmoins dans sa peau de chanteur. Entre présence et absence, le jeu de scène en est troublant. Involontairement, peut-être. Il est ailleurs. Derrière ses inamovibles lunettes noires, sous son chapeau noir, dans un pli de son costume noir ou de sa chemise blanche négligemment ouverte, Alain Bashung se cache.
Le sexagénaire égraine cependant les chansons de son dernier album « Bleu pétrole ». Les unes après les autres. Avec nonchalance, assurément. Avec brio, indubitablement. Aux premières notes d’un nouveau morceau, une femme, au deuxième rang, se lève d’un bon. Agite ses bras en sautillant, puis consent à se rasseoir. Dans la salle, le long des rangées des sièges, se tiennent d’autres fans. Debout, souvent un verre de bière à la main, ils dansent, reprennent les refrains qu’ils connaissent déjà, à peine trois semaines après sa sortie de l’opus.
Depuis l’album « L’imprudence » (2002) Alain Bashung se faisait rare. La critique l’attendait au tournant, comme toujours. Pourtant, chacun des ses nouveaux albums fait des étincelles et ajoute à son tableau son lot de tubes. Une dizaine aujourd’hui, de « Gaby, oh Gaby », en passant part « Osez Joséphine », « Vertige de l’amour » ou encore « Ma petite entreprise ». Malgré ses quarante années de métier, il n’a pas sur le dos, qu’il expose sur sa dernière pochette de CD plutôt que son visage, l’étiquette du vétéran. En 2008 son univers musical de rockeur un rien déprimé et underground, textes et chansons font encore l’unanimité. Des textes ciselés, voire violents, désabusés et pertinents.
IMGP0800 Des mélodies entêtantes, rythmées entre pop-rock-folk et expérimentations, harmonica et violoncelle. Sa voix oscille entre plainte, cri et prière, notamment quand l’interprète termine un morceau en répétant une même courte phrase. Comme un mantra. Le chanteur lui, ne remarque rien de l’agitation à ses pieds. D’ailleurs, il ne décroche pas un mot à son public. Alain Bashung redoute la scène. Si d’infimes signes trahissent au fur et à mesure des interprétations, son plaisir de la scène, son malaise prime. Ce soir là, il n’a presque rien laissé transparaître. Un très léger sourire face à la liesse du public quand il a entamé « La nuit je mens ». Mais rien de plus. Les chansons s’enchaînent dans une course folle, comme pour conjurer le sort, en finir. Les musiciens déploient tous leurs talents dans cette ambiance bleu nuit épurée. Et Alain Bashung, entre deux couplets, tourbillonne au ralenti sur une parcelle d’estrade. Le bras gauche en l’air. L’autre solidement arrimé à son micro, il tourne. Tel un indien dansant pour invoquer un Dieu. « Comme un Légo », « Vénus » ou « Bleu pétrole » ont trouvé leur public, même sans l’aide d’une divinité.
Sa présence fantomatique entre deux projecteurs aux rayons blanchâtres rappelle celles des piliers de bras. Mais un habitué distingué, aux allures de dandy désenchanté. Un de ces hommes tapis au fond d’une salle enfumée qui prend la parole sans crier gare. Pointant un doigt vengeur ou alarmant vers le ciel avant d’aligner quelques vérités bien senties sur l’avenir du monde et l’hypocrisie humaine, d’une voix mélancolique et calme. Puis qui replonge dans un mystérieux silence, impénétrable.
Bashung, impassible sur la scène du Magic Mirror, c’est un peu cela, un sage qui ne fait pas de vague, ou qu’à l’occasion seulement. Sur un album ou une scène. Tout ce qu’Alain Bashung a à dire se trouve dans ses chansons.

 

Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.

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15 avril 2008

Station Jourdain.

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14 avril 2008

Festival Chorus II. Portrait de Keren Ann.

IMGP0672D’un pas décidé, entourée de ses trois musiciens, Keren Ann se faufile jusqu’au devant de la scène. Prise de possession de la scène entière, immédiate. Mais sans prétention. La musique démarre dans la foulée, comme pour ne pas perdre une seconde, une miette d’un seul couplet. En débardeur noir, jean et créoles scintillantes, la chanteuse pose les premiers couplets de « The Harder Ships of the World». Le public l’ignore encore, mais elle le convie ce soir à une échappée anglophone, un voyage entre son dernier album « Keren Ann » et « Not Going Anywhere » (2004). Deux entorses cependant à la langue de Shakespeare. L’envoûtant « Que n’ai-je ? » de l’album « Nolita ». Puis le mot du cœur : le titre « Jardin d’hiver » en hommage à Henri Salvador, qui devait initialement clôturer le festival le 12 avril. La jeune femme lui avait écrit cette chanson pour l’album « Chambre avec vue » qui a assuré son retour gagnant en 2001.
Keren Ann oscille entre morceaux mélancoliques, langoureux et chansons po rock, rythmées et vivifiantes. Durant la première partie du concert, le temps se suspend aux lèvres souriantes de la jeune trentenaire. Peut-être est-ce sa coupe de cheveux, plus courte, ou l’aboutissement de ses créations, toujours est-il qu’elle semble plus mûre, plus en accord avec elle-même, plus sereine. Et sa tranquillité transparaît dans sa voix, posée, claire et profonde. Sa folk mélancolique berce la salle. Bien décidée à ne pas laisser les spectateurs s’engourdir, l’interprète les harangue « Vous êtes sages… Ne soyons pas trop sages » avant d’entamer “Sailor and Widow” de l’album « Not Going Anywhere » (2004). Les arrangements musicaux très présents sur ce morceau et le flot de la voix de Keren Ann emportent le public, qui bat la mesure du pied ou de la tête. Mission accomplie !IMGP0660
Avec Keren Ann tout n’est que promenade sous un ciel irlandais, tour à tour bleu clair et gris menaçant. Elle déambule avec simplicité, aisance en embarquant dans son sillage les spectateurs. Harmonica et guitare sèche, puis électrique, délires psychédéliques du claviériste, entre les notes et les mots, langueur et nostalgie, douceur d’observer la vie, l’homme. « Not Going Anwhere » frôle avec l’acoustique.  Keren Ann et ses trois musiciens ne boudent pas leur plaisir et rivalisent de talent pour enchaîner les accords. Dans ce concert de fin de tournée la chanteuse d’origine israélienne joue de tous ses atouts avec simplicité et bienveillance. Visiblement prête à donner le meilleur d’elle-même et de son groupe, elle donne le la à une pause musicale endiablée nourrit de rock. « Allez, enlevez tous vos vêtements ! On va faire du rock !! » rit-elle. Leurs envolées musicales ne sont pas sans évoquer les morceaux d’anthologie de Pink Floyd. Une heure, un rappel et une évasion toutes en douceurs et en puissance pour les centaines de personnes saisies par le filet de voix de Keren Ann.


Photos
: Claire Berthelemy. Tout droits réservés.

14 avril 2008

Louise Bourgeois.

Dans le hall du Musée Pompidou, l'araignée de Louise.

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13 avril 2008

En passant chez le cordonnier.

A marcher trop vite dans les couloirs du métro, on se coince les talons dans les escalators.
Qu'à cela ne tienne. Un petit tour chez le cordonnier.
L'appareil à la main, j'en ai profité.

Merci à mon nouveau cordonnier pour son accord et son accueil.
Cordonnerie Botterie
161 Rue de Belleville
75019 Paris


Petit reportage impromptu.
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13 avril 2008

Festival Chorus I. Portrait Mélanie Pain.

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Vendredi 11 avril 2008, sur la scène du Magic Mirror, sous la Grande Arche de la Défense s'est tenu la clôture de la 20e édition du Festival Chorus.
Au programme, Mélanie Pain, Keren Ann et Alain Bashung.



IMGP0536Un piano.
Une guitare.
Une batterie.
Une voix.
Elle s’avance doucement, comme sur la pointe des pieds. Petite fille fragile et intimidée, dans sa robe blanche aux manches bouffantes, sagement ceinturée de cuir dorée. Une large mèche brune plonge sur son front. Elle l’a replace, sans cesse. Et parfois, s’accroche à son micro. Comme à une bouée. Mais les notes glissent de sa bouche avec une déconcertante impression de facilité. Les huit chansons de cette première partie défilent, ravissantes, dans l’air du temps de la nouvelle scène féminine française. Sur des accords folk, Mélanie Pain place ses textes un brin désabusés. Amours déçus, perdus ou suspendus, temps qui passe et abîme autant qu’il pousse à grandir, horizons finlandais et missives d’amoureux qui ont raté le rendez-vous de leurs sentiments, manque, quête de soi, de l’autre… L’interprète livre son regard sur les petits riens du quotidien, du cœur, d’une vie nouvelle qui s’égraine. Pourtant, peut-être est-ce du aux arrangements musicaux, tour à tour emportés ou langoureux, rythmés ou légers, aux intrusions de maracas et autres harmonica et percussions ses compositions n’accablent pas le public. Il se laisse d’ailleurs aller à quelques mouvements de têtes et ne boude pas les applaudissements. Quelques formules font mouches, interpellent, prêtent à sourire, d’autres touchent. En douceur, toujours. Mélanie elle évolue sur scène avec aisance et simplicité, reprend sa chanson acapella, et échange quelques mots avec ses musiciens avant de s’adresser aux spectateurs. IMGP0603
     Chez Mélanie Pain traînent des nuances vocales et attitudes, un grain de voix murmurée mais claire qui n’est pas sans évoquer Emilie Simon, Björk, Françoise Hardy et bien sûr, Keren Ann. Dans le fond de son timbre, par moment un rien rocailleux, une voix qui a déjà bien voyagé. Qui s’est notamment essayée aux côtés de Marc Collin et Olivier Libaux, sur leur projet de reprises Nouvelle Vague. Le concept est simple : reprendre d’anciens titres oubliés avec de nouvelles orientations et orchestrations musicales, de nouvelles voix. En 2000, timidement, elle pose sa voix sur This is not a love song et Teenage Kicks version Bossa Nova, et s’embarque sur la tournée, avec Camille, entre autres. En 2007, la jeune artiste rempile pour le second volet de cette expérience : l’album « Bande à part ». Il faisait cette année là la part belle aux morceaux new wawe des années 80. Son interprétation de Killing Moon et Blue Monday ont séduit. Bien que loin de ses études de Sciences Po, à Aix en Provence, Mélanie Pain n’est donc pas tout à fait novice dans la chanson et a déjà frôlé les planches de diverses scènes pour quelques morceaux live. Grâce à sa collaboration avec Villeneuve, elle semble avoir trouvé son style. Elle navigue entre mélancolie et sensualité, entre gravité et légèreté. Sous la grande Arche de la Défense, toute en retenue, elle danse sur scène. D’un pas lent et assuré. Elle virevolte au ralenti, et semble tirer mille bonheurs de chaque seconde. Son auditoire impromptu, patientant pour Keren Ann ou Alain Bashung, la suit sur la ballade qu’elle siffle en duo avec son pianiste. Doucement, tout doucement, dans l’ambiance feutrée des projecteurs, elle se promène en musique dans les recoins des sentiments humains.


Pour écouter Mélanie Pain
: http://www.myspace.com/melaniepain
Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.
 

12 avril 2008

Station Rambuteau.

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11 avril 2008

Port Royal / St Jacques !

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10 avril 2008

Rencontre avec Clea, culino blogueuse.

Clea



Rendez-vous ICI pour lire trois papiers sur Clea,
une des culino blogueuse francophone les plus lues.
Une critique de son dernier livre "cuisiner les ingrédients japonais".
Un portrait .
Et une mini interview.




Portrait de Clea, alias Claire Chapoutot,
auteur du blog cleacuisine.fr
(Je n'ai pas trouvé le crédit de la photo)

9 avril 2008

Un café au Flore avec Frédéric Beigbeder.

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Retrouvez sur le Buzz Littéraire la rencontre et l'interview F. Beigbeder.
By Laurence Biava & Me.

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