17 novembre 2008
Découverte.
A Paris Photo. Un des coups de coeur. http://www.veespeers.com/
Série "The Birthday Party".
10 août 2008
Question tournante.
On m'a posé une question.
J'y réponds ... Mais en comptant sur vous pour apporter votre réponse !
Qu'elle est, dans vos images ou non,
la photographie qui parle le mieux ou le plus de vous ?
Réponse :
Et pour vous ?
08 juillet 2008
Ailleurs.
Aujourd'hui, Autoportrait de Nuit a été publié ici, sur le site de photos de Libération.
Et cela me fait bien plaisir !!
Merci !
27 juin 2008
A l'horizontal. Mini-nouvelle inédite.
( ... )
.
(texte retiré pour être retravaillé)
08 mai 2008
Chronique du Métro. XIV.
L'attente
avait été courte, finalement. Elle a pris le premier train entré en
scène. Les écrans bleus avaient viré à l'orange, suite au feu Gare du
Nord. Paralysie du trafic en début de soirée, avant reprise progressive
et partielle des routines de la Ratp. Tous les RER B ce soir n'auront
qu'un terminus.
Une porte lui faisait face. Mais elle a préféré la
précédente. Quelques pas. Elle a remonté le quai et a pressé le bouton
vert, déclencheur de magie mécanique. alors que le train prenait place,
ralentissait, elle avait repéré une place. A l'écart. Avec pour
interlocuteur, un mur. C'est celle-là qu'elle convoitait. Elle n'a pas
hésité à tourner le dos au reste de la rame qui serait la sienne pour
trois stations. Quelques têtes par ici ou par là. Pas de couple ni
d'amis de fac éméchés chantant à tue-tête, comme souvent, au départ de
Port Royal. D'ailleurs, il n'y avait pas foule. Et un seul coup d'oeil
circulaire en franchissant le seuil du RER avait suffit pour constater
que chacun vivotait dans sa bulle.
Elle s'est calée contre le fer
recouvert de Vénilia jaune. Un peu défraîchi. Passablement éraflé.
L'épaule comme point d'ancrage. Le talon de sa botte sur le décroché
d'acier, sous la fenêtre. Elle a ouvert le livre qu'elle peine à finir,
faute de temps. Elle en avait aimé le titre. Titillée par le
qualificatif affublé. Quelques pages. Quelques pages seulement avant de
le refermer, de lui trouver une place sur ses étagères bondées. Dans
ses oreilles le dernier né du chanteur à l'accent du Lot et Garonne,
aux répliques doucereuses et assassines décortiquées dans l'enfance
lointaine. Des roses et des orties, à l'image d'un soir.
Le
RER se moque bien des émois littéraires. Il ne demande l'avis de
personne. Un de ces trains qui foncent toujours plus vite, droit
devant. emportant dans ses valises ceux qui avaient élus domicile sur
le bord de la route. Pas de destination. Un terminus collectif. Un seul
but : accomplir le trajet, vaille que vaille et tant pis pour le reste.
De force, droit devant. Un peu comme l'inéluctable marche des jours et
son lot quotidien de listes "à faire" que l'on raye, rature,
complète, érige pour le lendemain, le soir venu, dans son lit, quand le
sommeil tarde à venir. Elle n'avait eu qu'un seul regard pour
l'obscurité du premier tunnel vaincu. Furtif. Par la petite lucarne
qu'elle s'était aménagée dans la grande fenêtre. La vision de ce monde
souterrain ne lui aspirait rien de bon. Et puis, elle a du se résoudre.
Confesser. Se rétracter. Elle a lâché le chemin des lignes, noir sur
blanc. Elle n'y était pas. Ou peut-être trop, déjà, à l'horizontal.
Dans une seconde d'angoisse, happée par le vide des prises de
conscience distillées, elle s'est rattrapée aux mots de l'humaniste en
costume de poète guitariste. Puis ces mots murmurés se sont aussi
envolés, creusant des sillons dont elle n'a pas vraiment senti la
piqûre de la plaie sur le moment. Elle n'était plus vraiment là.
Arrêt
Luxembourg, ses yeux se fixent sur une immense affiche, designée et
graphique. Séduisante. La deuxième campagne du genre dans les lieux.
Stationnée devant la neige et les arbres nus. Elle aussi avait le cœur
en hiver. Impuissante. Désemparée. Triste. Et, ce goût de jamais plus qui lui envahissait la bouche, lui serrait le coeur. Bien sûr, il y avait des parfums d'ailleurs, d'autrement. Une touche de sel et de raisin sur la pointe de sa langue. Oui, mais... Jamais plus.
Le
train est reparti. Déclinant avec les murs plastifié le printemps et
l'été. A quelques roulements de là, seulement. Tout semble si simple
parfois. D'une saison à l'autre. D'une moue à un sourire. Mais elle
avait du rater la marche. Prise dans la neige. Les discussions des
nouveaux passagers devaient animer le wagon. Là, juste derrière elle.
Elle sentait des vibrations, des mouvements. Mais rien ne l'atteignait
vraiment. Dans sa bulle de musique et de larmes contenues. Elle
n'entendait rien de la vie qui s'ébroue aux heures indues. Pas plus
qu'elle ne prenait la mesure des sombres tunnels qui défilaient. Sa
bulle s'était réimperméabilisée.
28 avril 2008
Un dimanche soir à Mogador.
Vous
ne pouvez plus reculer. Il est trop tard. Dans les 6300 m2 du
théâtre Mogador la lumière s’est tamisée jusqu’au noir et le volume sonore des désagréables
commentaires de votre voisine a considérablement diminué, pour le moment ...
Vous voilà pris au piège ! Hisser les voiles est illusoire. D’ailleurs, les
larges portes grenat sont closes depuis quelques minutes. Et déjà, alors que la
scène s’égayait à peine des chants du sage singe Rafiki, éléphant et
éléphanteau, oiseaux, antilopes et autres animaux de la savane envahissent les
allées de la salle, puis les 260 m2 de la scène. De toute façon,
vous êtes déjà conquis ... La comédie musicale « Le Roi Lion »
a pris ses aises dans le décor doré de Mogador votre sourire aussi. Le ton est
donné d’emblée. Les frissons se font sentir dès les premières minutes des 2h40
de représentation. Il est en ainsi, à Paris, en version française, depuis le 04
octobre 2007, et à travers le monde, depuis plus de dix ans.
Voilà
plus de deux cent fois que Simba, le lionceau héros de ce conte tremble dans
les bras de Rafiki, les pieds dans le vide du haut du Rocher aux Lions sortit
de la scène. Il y découvre son futur royaume et ses sujets à quatre pattes.
Malgré les huit représentations hebdomadaires, dont deux le week-end, l’expression
peinte sur le visage de ce lionceau de papier mâché trahit le malaise. A ses
pieds se prosterne une vingtaine d’espèce animale, dont les impressionnantes
girafes de 7,90 mètres. C’était sans compter le millier de spectateurs,
éparpillés sur trois étages. Depuis mars 2008, plus de 300 000 français, tout âges confondus, ont assisté à
cette comédie musicale made in Broadway. Dans la pure tradition du musical
américain, la troupe n’assure aucune tournée en France, à l’instar de ces
passages australien, allemand, japonais ou anglais. Mais devant l’engouement
des français pour cette adaptation théâtrale du dessin animé éponyme de Dinsey
sortit en 1994, l’exploitant de cette œuvre théâtre contemporaine a prolongé
les représentations jusqu’au 03 août au 25, rue Mogador.
Julie Taymor, metteur en
scène et entre autre costumière, a gagné son pari. Depuis plus de dix ans, 45
millions de paires d’yeux ébahis ont déjà assisté aux représentations du « Roi
Lion », dans neuf mégalopoles et en cinq langues différentes. Un
phénomène ! Récompensé six fois par des Tony Awards, nominé trois fois à la
22e cérémonie des Molières (résultat ce lundi 28 avril), à l’affiche
du Théâtre Minskoff, à New York depuis fin 1997, cette mise en scène osée se
cesse de faire parler d’elle. 400 costumes, 200 masques, 100 instruments, 100
marionnettes, des dizaines de tableaux et de décors … A chaque représentation
115 personnes, dont 40 artistes, 17 musiciens, 50 techniciens et 8 membres du
personnels administratif s’activent sur la scène ou en coulisses.
Mais
ce dimanche soir, de cette fourmilière, le public ne saisit que les fresques
hautes en couleur, le timbre vibrant des rôles principaux, l’humour des choix
chorégraphiques, de la mise en scène d’herbe ou de marionnettes ou des
subtilités contemporaines des dialogues. De siège en siège interprétations et
exclamations vont bon train. Certains chantonnent aussi les reprises de titre
du dessin animé et s’enthousiasment de la liesse, parfois un peu gauche, des
deux jeunes interprètes de Simba et Nala. Grâce à la taille humaine du théâtre,
chaque auditeur devient partie prenante du show. Proximité et implication
mènent la danse. Les comédiens jouent avec tout l’espace, se moque des
délimitations de la scène. Et même les percussions ont pris place au balcon. Tout
Mogador rugit. Après chaque tableau important, les applaudissements
retentissent. Dans un zénith ou une plus grande salle parisienne, cette contiguïté
et cette complicité de l’audience n’auraient pas été possibles. Le spectacle
est donné pour le public, qui le reçoit de plus fouet et ne manque pas de
manifester son contentement. Un réel dialogue, où lorsque le babouin, Rafiki
interprété par Zama Magudulela, rit, le public s’esclaffe.
La
première partie, qui retrace l’enfance fougueuse de Simba semble séduire
davantage les spectateurs que la seconde, où une certaine philosophie du
courage, le sens du devoir s’imposent au futur roi de la jungle. Les scènes
sont moins mouvementées, peut-être moins colorées également, les tirades plus subtiles
malgré les boutades de Timon et Pumbaa toujours prêt à lancer leur
incontournable « Hakuna Matata ».
Le
mariage entre innovations technologiques (comme les mises au point de masques
amovibles pour les protagonistes) et recours aux traditions et à l’artisanat
africain (comme les marionnettes), entre spectacle grandiose et petite salle
chaleureuse, entre mise en scène d’un parcours initiatique universel et
anecdotes ou références contemporaines françaises, interpellation directe du
public, donne un ensemble des plus complets. Certains personnages de chair et
d’os disparaissent au profit des animaux qu’ils incarnent. Immersion garantie. Ce
musical traîne dans son sillage la magie des chants et contes africains, des
histoires qui font rêver et qui pourtant sont faites de trois fois rien, de
bric et de broc, de vie, et la grandeur des super productions américaines. Le
public parisien de ce dimanche soir ne s’y est pas trompé. Il a fini debout, applaudissant
à tout rompre, acclamant la troupe au complet. 
Le Roi Lion,
mise en scène
par Julie Taymor.
Site web du spectacle : http://www.leroilion.fr/
Jusqu’au 03 août 2008 au
Théâtre Mogador. Paris.
Site web du théâtre : http://www.mogador.net/
Distribution :
Rafiki : Zama Magudulela
Mufasa : Jee-L
Scar : Olivier Breitman
Simba (adulte) : Jérémy
Fontanet
Nala (adulte) : Léah
Vincent
Zazu : David Eguren
Timon : Christian Abart
Pumbaa : Fabrice de la
Villehervé
Shenzi : Céline
Languedoc
Et les 40 autres
comédiens, danseurs, chanteurs …
Michael Curry, co-création des masques et marionnettes.
Garth Fagan, chorégraphie.
Richard Hudson, décors.
Elthon John et Mark
Mancina, musique.
Time Rice, paroles.
Stéphane Laporte,
adaptation du livret et des paroles pour la version française.
Michael Ward, création des coiffures et des maquillages.
Crédit photos :
Théâtre Mogador / Roi Lion
Merci Seb ;)
16 avril 2008
Festival Chorus III. Portrait d'Alain Bashung.
Baigné de bleu. Trônant
sur un siège haut, au devant de la scène. Guitare sèche à la main. Alain
Bashung semble perdu. En déséquilibre. Prêt à tomber au moindre mouvement. Et
dans le même temps, en parfait accord avec lui-même. Alain Bashung,
l’ambivalence, l’insaisissable. Il s’est fait désirer, une fois le noir tombé
sur la salle de spectacles de la Défense. Conscient de son rôle, de l’attente
du public qui ne cesse de l’applaudir, il se glisse néanmoins dans sa peau de
chanteur. Entre présence et absence, le jeu de scène en est troublant. Involontairement,
peut-être. Il est ailleurs. Derrière ses inamovibles lunettes noires, sous son
chapeau noir, dans un pli de son costume noir ou de sa chemise blanche négligemment
ouverte, Alain Bashung se cache.
Le sexagénaire égraine cependant
les chansons de son dernier album « Bleu pétrole ». Les unes
après les autres. Avec nonchalance, assurément. Avec brio, indubitablement. Aux
premières notes d’un nouveau morceau, une femme, au deuxième rang, se lève d’un
bon. Agite ses bras en sautillant, puis consent à se rasseoir. Dans la salle,
le long des rangées des sièges, se tiennent d’autres fans. Debout, souvent un
verre de bière à la main, ils dansent, reprennent les refrains qu’ils
connaissent déjà, à peine trois semaines après sa sortie de l’opus.
Depuis l’album « L’imprudence »
(2002) Alain Bashung se faisait rare. La critique l’attendait au tournant,
comme toujours. Pourtant, chacun des ses nouveaux albums fait des étincelles et
ajoute à son tableau son lot de tubes. Une dizaine aujourd’hui, de « Gaby,
oh Gaby », en passant part « Osez Joséphine »,
« Vertige de l’amour » ou encore « Ma petite
entreprise ». Malgré ses quarante années de métier, il n’a pas sur le
dos, qu’il expose sur sa dernière pochette de CD plutôt que son visage,
l’étiquette du vétéran. En 2008 son univers musical de rockeur un rien déprimé
et underground, textes et chansons font encore l’unanimité. Des textes ciselés,
voire violents, désabusés et pertinents.
Des mélodies entêtantes, rythmées
entre pop-rock-folk et expérimentations, harmonica et violoncelle. Sa voix
oscille entre plainte, cri et prière, notamment quand l’interprète termine un
morceau en répétant une même courte phrase. Comme un mantra. Le chanteur lui,
ne remarque rien de l’agitation à ses pieds. D’ailleurs, il ne décroche pas un
mot à son public. Alain Bashung redoute la scène. Si d’infimes signes
trahissent au fur et à mesure des interprétations, son plaisir de la scène, son
malaise prime. Ce soir là, il n’a presque rien laissé transparaître. Un très
léger sourire face à la liesse du public quand il a entamé « La nuit je
mens ». Mais rien de plus. Les chansons s’enchaînent dans une course
folle, comme pour conjurer le sort, en finir. Les musiciens déploient tous
leurs talents dans cette ambiance bleu nuit épurée. Et Alain Bashung, entre
deux couplets, tourbillonne au ralenti sur une parcelle d’estrade. Le bras
gauche en l’air. L’autre solidement arrimé à son micro, il tourne. Tel un indien
dansant pour invoquer un Dieu. « Comme un Légo », « Vénus »
ou « Bleu pétrole » ont trouvé leur public, même sans l’aide
d’une divinité.
Sa présence fantomatique
entre deux projecteurs aux rayons blanchâtres rappelle celles des piliers de
bras. Mais un habitué distingué, aux allures de dandy désenchanté. Un de ces
hommes tapis au fond d’une salle enfumée qui prend la parole sans crier gare.
Pointant un doigt vengeur ou alarmant vers le ciel avant d’aligner quelques
vérités bien senties sur l’avenir du monde et l’hypocrisie humaine, d’une voix
mélancolique et calme. Puis qui replonge dans un mystérieux silence,
impénétrable.
Bashung, impassible sur la
scène du Magic Mirror, c’est un peu cela, un sage qui ne fait pas de vague, ou
qu’à l’occasion seulement. Sur un album ou une scène. Tout ce qu’Alain Bashung
a à dire se trouve dans ses chansons.
Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.
14 avril 2008
Festival Chorus II. Portrait de Keren Ann.
D’un pas décidé, entourée
de ses trois musiciens, Keren Ann se faufile jusqu’au devant de la scène. Prise
de possession de la scène entière, immédiate. Mais sans prétention. La musique
démarre dans la foulée, comme pour ne pas perdre une seconde, une miette d’un
seul couplet. En débardeur noir, jean et créoles scintillantes, la chanteuse pose
les premiers couplets de « The Harder Ships of the World». Le
public l’ignore encore, mais elle le convie ce soir à une échappée anglophone,
un voyage entre son dernier album « Keren Ann » et « Not
Going Anywhere » (2004). Deux entorses cependant à la langue de
Shakespeare. L’envoûtant « Que n’ai-je ? » de l’album « Nolita ».
Puis le mot du cœur : le titre « Jardin d’hiver » en
hommage à Henri Salvador, qui devait initialement clôturer le festival le 12
avril. La jeune femme lui avait écrit cette chanson pour l’album « Chambre
avec vue » qui a assuré son retour gagnant en 2001.
Keren Ann oscille entre
morceaux mélancoliques, langoureux et chansons po rock, rythmées et
vivifiantes. Durant la première partie du concert, le temps se suspend aux lèvres
souriantes de la jeune trentenaire. Peut-être est-ce sa coupe de cheveux, plus
courte, ou l’aboutissement de ses créations, toujours est-il qu’elle semble plus
mûre, plus en accord avec elle-même, plus sereine. Et sa tranquillité transparaît
dans sa voix, posée, claire et profonde. Sa folk mélancolique berce la salle. Bien
décidée à ne pas laisser les spectateurs s’engourdir, l’interprète les harangue
« Vous êtes sages… Ne soyons pas trop sages » avant d’entamer
“Sailor and Widow” de l’album « Not Going Anywhere »
(2004). Les arrangements musicaux très présents sur ce morceau et le flot de la
voix de Keren Ann emportent le public, qui bat la mesure du pied ou de la tête.
Mission accomplie !
Avec Keren Ann tout n’est
que promenade sous un ciel irlandais, tour à tour bleu clair et gris menaçant. Elle
déambule avec simplicité, aisance en embarquant dans son sillage les
spectateurs. Harmonica et guitare sèche, puis électrique, délires psychédéliques
du claviériste, entre les notes et les mots, langueur et nostalgie, douceur d’observer
la vie, l’homme. « Not Going Anwhere » frôle avec l’acoustique.
Keren Ann et ses trois musiciens ne
boudent pas leur plaisir et rivalisent de talent pour enchaîner les accords. Dans
ce concert de fin de tournée la chanteuse d’origine israélienne joue de tous
ses atouts avec simplicité et bienveillance. Visiblement prête à donner le
meilleur d’elle-même et de son groupe, elle donne le la à une pause musicale
endiablée nourrit de rock. « Allez, enlevez tous vos vêtements !
On va faire du rock !! » rit-elle. Leurs envolées musicales ne
sont pas sans évoquer les morceaux d’anthologie de Pink Floyd. Une heure, un
rappel et une évasion toutes en douceurs et en puissance pour les centaines de
personnes saisies par le filet de voix de Keren Ann.
Photos : Claire Berthelemy. Tout droits réservés.
13 avril 2008
Festival Chorus I. Portrait Mélanie Pain.
Vendredi 11 avril 2008, sur la scène du Magic
Mirror, sous la Grande Arche de la Défense s'est tenu la clôture de la
20e édition du Festival Chorus.
Au programme, Mélanie Pain, Keren Ann
et Alain Bashung.
Un piano.
Une guitare.
Une
batterie.
Une voix.
Elle s’avance doucement,
comme sur la pointe des pieds. Petite fille fragile et intimidée, dans sa robe
blanche aux manches bouffantes, sagement ceinturée de cuir dorée. Une large mèche
brune plonge sur son front. Elle l’a replace, sans cesse. Et parfois,
s’accroche à son micro. Comme à une bouée. Mais les notes glissent de sa bouche
avec une déconcertante impression de facilité. Les huit chansons de cette
première partie défilent, ravissantes, dans l’air du temps de la nouvelle scène
féminine française. Sur des accords folk, Mélanie Pain place ses textes un brin
désabusés. Amours déçus, perdus ou suspendus, temps qui passe et abîme autant
qu’il pousse à grandir, horizons finlandais et missives d’amoureux qui ont raté
le rendez-vous de leurs sentiments, manque, quête de soi, de l’autre…
L’interprète livre son regard sur les petits riens du quotidien, du cœur, d’une
vie nouvelle qui s’égraine. Pourtant, peut-être est-ce du aux arrangements
musicaux, tour à tour emportés ou langoureux, rythmés ou légers, aux intrusions
de maracas et autres harmonica et percussions ses compositions n’accablent pas le
public. Il se laisse d’ailleurs aller à quelques mouvements de têtes et ne
boude pas les applaudissements. Quelques formules font mouches, interpellent,
prêtent à sourire, d’autres touchent. En douceur, toujours. Mélanie elle évolue
sur scène avec aisance et simplicité, reprend sa chanson acapella, et échange
quelques mots avec ses musiciens avant de s’adresser aux spectateurs. 
Chez Mélanie Pain traînent
des nuances vocales et attitudes, un grain de voix murmurée mais claire qui
n’est pas sans évoquer Emilie Simon, Björk, Françoise Hardy et bien sûr, Keren
Ann. Dans le fond de son timbre, par moment un rien rocailleux, une voix qui a déjà bien
voyagé. Qui s’est notamment essayée aux côtés de Marc Collin et Olivier Libaux,
sur leur projet de reprises Nouvelle Vague. Le concept est simple :
reprendre d’anciens titres oubliés avec de nouvelles orientations et
orchestrations musicales, de nouvelles voix. En 2000, timidement, elle pose sa
voix sur This is not a love song et Teenage Kicks version Bossa
Nova, et s’embarque sur la tournée, avec Camille, entre autres. En
2007, la jeune artiste rempile pour le second volet de cette expérience :
l’album « Bande à part ». Il faisait cette année là la part belle aux
morceaux new wawe des années 80. Son interprétation de Killing Moon et Blue
Monday ont séduit. Bien que loin de ses études de Sciences Po, à Aix en
Provence, Mélanie Pain n’est donc pas tout à fait novice dans la chanson et a
déjà frôlé les planches de diverses scènes pour quelques morceaux live. Grâce à
sa collaboration avec Villeneuve, elle semble avoir trouvé son style. Elle
navigue entre mélancolie et sensualité, entre gravité et légèreté. Sous la
grande Arche de la Défense, toute en retenue, elle danse sur scène. D’un pas
lent et assuré. Elle virevolte au ralenti, et semble tirer mille bonheurs de
chaque seconde. Son auditoire impromptu, patientant pour Keren Ann ou Alain
Bashung, la suit sur la ballade qu’elle siffle en duo avec son pianiste. Doucement,
tout doucement, dans l’ambiance feutrée des projecteurs, elle se promène en
musique dans les recoins des sentiments humains.
Pour écouter Mélanie Pain : http://www.myspace.com/melaniepain
Photos : Claire Berthelemy. Tous droits réservés.
23 février 2008
Chronique du Métro XIII.
Elle n'a pas l'air forcément rassurée. Peut-être pas très à l'aise non plus. Là, au bord de son quai. Elle l'arpente sans cesse de droite à gauche. De gauche à droite. Un bonnet blanc enfoncé sur les yeux. Les mains dans les poches d'une veste en cuir beige. Elle balance ses pieds à chaque demi-tour qu'elle effectue immanquablement à l'aide d'un pas enroulé. Et puis, elle se fige, face aux quais. Et sourit, avant de lancer un "le mien arrive dans deux minutes, et le tien ? " Un jeune homme en costume. Sans cravate. Attaché case à la main lui répond "dans sept minutes". Il vient juste d'arriver sur le quai, cherche un espace libre et replace le tombé de sa veste. Ils haussent les épaules face à l'inégalité de l'attente et l'imminence de la séparation. Ils se font des signes, pour s'expliquer dans quel sens arriveront leurs RER respectifs. Et se remettent tous deux, à des rythmes différents, à sillonner leurs coins de quais. Le RER B, direction Robinson, 23h07, entre en station. Elle se retourne une dernière fois. Lui envoie un baiser déposé sur sa main puis disparaît derrière la masse du train. Il cherche à l'apercevoir dans la foule des étudiants fêtards qui s'est massée dans la rame ce soir. Une sonnerie. La fermeture des porte. Et le voilà qui baisse les yeux. Elle est partie.















































